Petits secrets de fleurs...

Démarré par Roland Ripoll, Juin 29, 2022, 10:28:01

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January

Toujours aussi instructif ce superbe fil. Bravo pour les clichés qui l'accompagnent.

Seb65

Un fil que j'apprécie particulièrement. Je connaissais le mot bulbille : y a t-il d'autres plantes qui procèdent de la sorte pour se multiplier ?  :)

Roland Ripoll

Merci !

Citation de: Seb65 le Juin 15, 2026, 16:46:08Je connaissais le mot bulbille : y a t-il d'autres plantes qui procèdent de la sorte pour se multiplier ?  :)

Je ne sais pas. Il faudrait faire des recherches...

L'Arum tacheté: 24 heures de garde à vue...

L'Arum tacheté (Arum maculatum) ne produit pas une fleur solitaire comme pourrait le laisser penser une première observation mais une inflorescence avec une feuille modifiée (la spathe) et un axe florifère en forme de massue (le spadice).



A sa base, l'axe florifère forme un renflement appelé "chambre florale" qui porte successivement: des fleurs stériles puis des fleurs femelles et enfin des fleurs mâles. A noter que les fleurs stériles se sont transformées en longs poils qui obstruent la chambre florale.



Attirés par les odeurs de matière fécale exhalées par le spadice, des insectes tombent à l'intérieur de cette chambre. Il faut dire que la spathe est enduite de substances lubrifiantes et qu'ils glissent à l'intérieur de la chambre florale comme sur un togoggan.

Parallèlement, la couronne de longs poils referme le piège pour plusieurs heures, les empêchant de ressortir.



Les fleurs femelles, à la base du spadice, s'ouvrent en premier et sont donc fécondées par les petites mouches du genre Psychoda porteuses de pollen provenant d'autres plantes.

Le deuxième jour, ce sont les fleurs mâles qui libèrent leur pollen en grande quantité, couvrant les insectes. Après quoi, l'intérieur de la spathe s'assèche, les poils se relâchent et les mouches peuvent enfin s'échapper, emportant le pollen vers d'autres plantes...

Afin que les "prisonniers" restent vivants, la chambre florale possède une paroi poreuse qui lui permet de rester aéré et de garder un taux d'humidité suffisant.

Idem pour l'Aristoloche clématite...

L'Aristoloche clématite (Aristolochia clematitis) fait un peu la même chose. Elle est pollinisée principalement par des petites mouches, attitrées par une odeur de putréfaction, capables de s'introduire dans le tube floral long d'environ 2 cm et qui, à peine entrés dans la corolle, glissent sur l'enduit cireux qui en garnit l'intérieur.



Une fois à l'intérieur, les insectes, chargés de pollen après avoir frotté les étamines, sont également pris au piège et ne peuvent ressortir à cause des poils du tube dirigés vers le bas.



Après quelque temps, la fleur flétrit, les poils se fanent et les mouches captives peuvent enfin s'échapper. L'opération permettra bien sûr de féconder une autre fleur.



Etre simple pour être vrai

ChrisC06

Super intéressant, Roland...  ;)
Merci pour tout ce que tu m'apprends !
Chris

Charly 84

C'est toujours très intéressant de passer par ici  ;)  ;)

Clic-Clac 51

Pour bien photographier un sujet, encore faut-il bien le connaître et tes fils, "Petits secrets", m'y aident bien.
Encore merci Roland de partager ton savoir
Amicalement Denis ;)

--Eric--

Merci Roland pour tes secrets dévoilés !

Roland Ripoll

Merci à vous de vous intéresser aux petits secrets des fleurs !

Les Epipactis: des fleurs enivrantes et stupéfiantes...

"L'épipactis pourpre" (Epipactis purpurata)



et "L'épipactis à larges feuilles" (Epipactis helleborine) sont des fleurs étonnantes.



En effet, elles attirent les guêpes grâce à leur nectar alcoolisé, qui provoque chez les insectes un état d'ébriété favorisant indirectement la pollinisation des fleurs.

Contrairement aux abeilles, les guêpes sont généralement considérés comme de "mauvais" pollinisateurs pour les plantes, car elles se nettoient fréquemment et de façon méticuleuse, retirant ainsi la plupart du pollen qui se dépose sur leur corps lorsqu'elles visitent les fleurs.

Pour être visitées par les insectes et être fécondées, les fleurs imitent l'odeur émise par une plante attaquée  comme par exemple les feuilles de choux dévorées par des chenilles de piéride. Cette odeur attire les guêpes sociales prédatrices qui s'en nourrissent.

Les guêpes se trouvent donc bernées puisqu'elles ne trouvent pas leurs proies. Mais, comme elles ont à disposition du nectar abondant et facile d'accès, elles ne repartent pas bredouilles pour autant...

Ce nectar - riche en éthanol (alcool) - rend les guêpes ivres, de sorte qu'elles "oublient" souvent de se nettoyer.



De manière étonnante, les guêpes participent en quelque sorte à leur propre état d'ébriété. Car ce sont elles en effet qui  apportent les micro-organismes - champignons et bactéries - qui vont former de l'éthanol à partir du sucre contenu dans le nectar.



Cette "ivresse" entraîne un relâchement dans le comportement de nettoyage habituel des guêpes, les empêchant de retirer tout le pollen de leur corps. De plus, intoxiquées par l'alcool, elles adoptent des mouvements erratiques, les poussant à visiter un plus grand nombre de fleurs...

Etre simple pour être vrai

Charly 84

Magnifique encore une fois, mais où vas-tu dégoter toutes ces dont je n'ai même jamais entendu parler !!

Clic-Clac 51

Merci Roland, c'est toujours aussi instructif
Bravo
Amicalement Denis ;)

ChrisC06

C'est... Hips ! Très intérêchant...  :D  :D
Merci Roland !
Chris

Roland Ripoll

Merci !

Quand les Silènes inventent le papier tue-mouches....

Le silène d'Italie (Silene italica) ou le bien nommé Silène visqueux (Silene viscosa)  possèdent des tiges velues qui deviennent un peu visqueuses et collantes dans leur partie supérieure. Cette viscosité est due à des poils glanduleux qui sécrètent une espèce de colle et qui sont situés près des fleurs.



Cette substance collante aide la plante à se protéger en empêchant certains petits insectes rampants de grimper le long de la tige pour atteindre les fleurs et le nectar. Les parasites sont si bien englués que les paysans du Midi autrefois utilisaient parait-il la plante comme attrape-mouches dans leur maison.



Seuls les insectes capables de voler ou adaptés peuvent approcher la fleur pour la polliniser sans se faire piéger.



Ces poils visqueux, appelés poils glanduleux, jouent plusieurs rôles essentiels pour la survie du végétal. Ils piègent ou repoussent les insectes phytophages et empêchent les insectes non-pollinisateurs, comme les fourmis, d'accéder au nectar, enfin ils réduisent la perte d'eau en créant une micro-atmosphère humide autour de la tige.






Etre simple pour être vrai

January

Toujours aussi instructif, documenté littérairement et photographiquement. Merci pour ce partage de connaissances.

Harvey

Citation de: January le Août 15, 2026, 10:12:36Toujours aussi instructif, documenté littérairement et photographiquement. Merci pour ce partage de connaissances.

Tout a fait !  ;)

Clic-Clac 51

Citation de: January le Août 15, 2026, 10:12:36Toujours aussi instructif, documenté littérairement et photographiquement. Merci pour ce partage de connaissances.
Je suis également bien de cet avis
Bravo Roland, j'apprécie chacun de mes passages
Amicalement Denis ;)

Charly 84

Clic-Clac 51
Je suis également bien de cet avis
Bravo Roland, j'apprécie chacun de mes passages
 
Moi de même, BRAVO

Harvey

Un attrape mouche gratuit.  ;D

de très belles images avec une une belle documentation, que demander de plus ? Merci pour ce bon moment passé sur ton fil.  ;)

Roland Ripoll

Merci !

Quand le coquelicot invente la salière...

On ne le savait peut être pas, mais le coquelicot sème ses graines par anémochorie (dispersion par le vent) comme le fait par exemple le pissenlit mais de façon très différente, en utilisant sa capsule comme une salière.



En effet, une  fois que les gros pétales rouges tombent et que la fleur est fécondée, le cœur de la fleur se transforme. Il sèche et durcit pour devenir une capsule rigide appelée "pyxide" en botanique. À l'intérieur, des milliers de graines minuscules et légères se développent.

En séchant, de petites ouvertures se forment au sommet de la capsule, juste en dessous de son "chapeau"  qu'on appelle le disque stigmatique. La capsule reste droite sur sa tige rigide, retenant les graines à l'intérieur tant que tout est calme.


 
Dès que le vent souffle ou qu'un animal frôle la tige, celle-ci oscille comme un ressort. Les mouvements brusques secouent la capsule, et les graines microscopiques sont éjectées par les pores du sommet. Comme les grains de sel avec une salière...



Grâce à leur légèreté, les graines peuvent être projetées à plusieurs mètres de la plante mère.




Etre simple pour être vrai

Harvey

Toujours aussi captivant et utile. Je commence a comprendre pourquoi les pavots chez moi dispersent leurs graines ainsi.  :D

Clic-Clac 51

J'ai une fois de plus appris quelque chose et je te remercie de tous ces partages
Amicalement Denis ;)