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Clique clac #121

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En termes journalistiques, Elliott Erwitt n’est pas vraiment ce qu’on appelle un bon client. Du genre taiseux, le photographe s’amuse volontiers à déjouer les attentes de son intervieweur en répondant par une pirouette et en le gratifiant d’un sourire imparable (lassitude compréhensible quand on vous demande pour la énième fois ce qu’est pour vous une bonne photo). Même Adriana Lopez Sanfeliu, sa proche collaboratrice, a dû faire face au mutisme du nonagénaire et en a fait le cœur de « Silence is good », drôle et émouvant documentaire projeté en avant-première aux dernières Rencontre d’Arles et aujourd’hui visible sur le site d’Arte. Et puisque vous êtes sur le site de la chaîne franco-allemande, profitez-en pour voir ou revoir « Robert Frank, l’Amérique dans le viseur » (dispo jusqu’au 12 novembre).


Quand la réalité ne suffit plus à satisfaire le photographe, il lui reste la possibilité de sortir son carnet de croquis pour rehausser ses images. Après, tout le monde n’a pas les talents de dessinateur de Pietro Cataudella, Ben Heine ou Tullius Heuer.


« Depuis quand la vulve est-elle obscène ? », se demandait récemment Christian-Georges Schwentzel dans un article de Slate. Cette question, Lily Rault se la pose aussi et y répond par l’image.


Jusqu’au 3 novembre, la commune de Ménigoute (Deux-Sèvres) accueille le Festival international du film ornithologique, un rendez-vous dédié avant tout aux projections documentaires mais qui réserve une bonne place à la photographie (Laurent Baheux, Émile Barbelette, Karina Delbos ou Fabrice Cahez figurent au programme de cette édition). Par ailleurs, c’est à un photographe animalier, Jean-Baptiste Dumond, qu’a été confiée la présidence du Jury. Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant le septuagénaire a derrière lui un long et beau parcours : il a dirigé le WWF France à la fin des années 1980, présidé pendant dix ans l’ASCPF et cofondé le site faunesauvage.fr où l’on retrouve un tas d’infos sur l’actu de la nature et une base de données conséquente sur la photographie animalière.


Si vous commettez un meurtre et que vous photographiez et filmez vos méfaits, évitez d’égarer la carte SD.


« Ce n’est pas à moi de décider de la parution ou non d’un sujet dans un magazine. Chacun sa place. Je ne suis que photographe… Mais bien sûr on m’a déjà refusé des photos jugées trop dures, avec parfois un sermon en prime… Même si l’ironie a voulu que ces même photos aient été récompensées par des World Press ensuite. » À l’occasion de la sortie de Et Dieu créa la guerre, le grand reporter Noël Quidu a répondu sans détour aux questions de Polka.


On peut être hermétique au rendu clinquant de ses images, mais il faut saluer le travail de Mark, « passionné de photo et de sa BMW E30 », qui en quatre billets de blog très fournis nous donne ses conseils pour photographier de rutilants bolides (composition, préparation, terrain, post-production).


À l’époque de sa mise en circulation, au début des années 1950, la photo « Child in Forest » de Wynn Bullock suscitait des questions de la part des spectateurs de la fameuse exposition itinérante « The Family of Man » où elle figurait (« L’enfant est-il endormi ou quelque chose de grave lui est-il arrivé ? », « S’est-il allongé de son propre gré ou l’a-t-on forcé ? », « Ne serait-ce pas plutôt une statue ? » ). Interrogations légitimes auxquelles répondait l’auteur par l’entremise d’Edward Steichen, alors conservateur du MoMA et grand ordonnateur de l’exposition. Autres temps, autres mœurs, aujourd’hui on préfère la censure à la pédagogie. Il suffit pourtant de quelques clics pour connaître les coulisses de ladite photo, racontées (en anglais) par Barbara Bullock-Wilson, fille du photographe et modèle d’un jour.


En vrac…
• National Geographic et Mattel lancent une Barbie photographe.
• Au Mexique, on ne rigole pas avec le jour des morts.
• Heinrich Kühn, un photographe qui avait la patate !
• Trump dans la situation room : fake or not ? Pete Souza a son avis sur la question.
• Phototrend a testé l’Ultimate Lens Hood.
• L’affaire Buguet, le photographe des fantômes (version audio de l’histoire ici).
• Le Smile Safari, seul musée où l’on ne vous reprochera pas de faire des selfies.
• L’inénarrable Mario Balotelli ajoute une frasque à son palmarès (déjà bien garni).


Afin de se donner une contenance et éviter de fondre en larmes, Pierre-Emmanuel Weck s’est agrippé à son appareil photo pour tenir à distance la mort de son père, tout en se demandant s’il avait le droit de le photographier une dernière fois. Et si oui, comment ?

« Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : Elliott Erwitt et Adriana Lopez Sanfeliu