accueil Vie culturelle Clique Clac #258

Clique Clac #258

826
D’Angela Merkel à Julian Assange, de Cher à Koby Bryant, de Bill Gates à Jane Goodall, tous les grands de ce monde sont passés devant l’objectif de Martin Schoeller. Les portraits de l’ex-assistant d’Annie Leibovitz sont reconnaissables à leur éclairage frontal et à leur cadrage très serré. Cette approche, ajoutée au fait que le Munichois opère en moyen-format, n’épargne pas les modèles dont on voit la moindre cerne, la moindre cicatrice. Le procédé, finalement assez vain, gagne en profondeur quand Martin Schoeller l’applique à ses portraits de survivants de l’Holocauste. Ces anonymes, nonagénaires pour la plupart, portent sur leur visage parcheminé et dans leurs yeux embrumés une histoire qui ne peut laisser insensible.

Nous vous avons parlé il y a quelques semaines de Dall-E, ce programme qui crée des images à partir d’une description textuelle mais dont l’usage, pour l’heure, est réservé à quelques personnes privilégiées. Une version basique de ce générateur, Craiyon, vous permet de mieux comprendre son principe de fonctionnement (vous pouvez taper votre descriptif en français). Les résultats, erratiques et étonnamment variables d’une minute à la suivante, laissent quand même pas mal de questions en suspens, auxquelles Boris Dayma, l’un des créateurs de Craiyon, a répondu dans l’émission de France Culture « Le Meilleur des Mondes ».


Dans le dernier numéro de Chasseur d’Images, nous vous présentons quelques-unes des images finalistes du Astronomy Photographer of the Year. Les lauréats de ce concours organisé par le Royal Observatory Greenwich viennent d’être révélés et vous pouvez revivre la cérémonie ici.
Les amateurs de concours se pencheront aussi sur les palmarès des Drone Photo Awards, Weather Photographer of the Year, Bird Photographer of the Year et du Prix UPP 2022.


Depuis un an, la Galerie Bigaignon a la bonne idée de demander à des acteurs et actrices du monde de la photo leurs préférences en matière de livres (photo ou non). Après le critique d’art Marc Lenot et la directrice de l’ENSP Marta Gili, c’est au tour de Georges Rousse de se prêter au jeu du « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es ». De la part du spécialiste des anamorphoses photographiques, on s’attendait à une sélection de titres sur les arts graphiques, l’architecture, les maîtres de la peinture abstraite, etc. Au lieu de ça, on a 28 livres (cliquez sur « Curated by Georges Rousse » à gauche) qui naviguent dans le registre de l’intime et font la part belle au texte (et même à la poésie). En cliquant sur certaines couvertures, vous pouvez lire un petit commentaire de Georges Rousse sur ledit ouvrage.


« Le visage humain fut toujours mon grand paysage », disait Colette. Kate Kirkwood pourrait reprendre la citation à son compte… en remplaçant toutefois « visage humain » par « pelage bovin ».


Si vous êtes un habitué du Festival de La Gacilly et que vous avez passé vos vacances à Baden, en Autriche, vous avez sans doute eu une impression de déjà-vu. Et pour cause : la cité thermale reprend quasiment à l’identique la programmation du rendez-vous breton avec un an de décalage. Photojournaliste régulièrement publié dans GÉO, Lois Lammerhuber a expliqué à Peta Pixel comment en 2017, à l’occasion d’un repas en tête-à-tête, il a convaincu Jacques Rocher d’exporter le concept du festival dans sa ville natale : « Je lui ai dit, Jacques, tu connais Art Basel, et il ne m’a même pas regardé. Et tu connais Art Basel Miami, il n’a pas répondu non plus. Et tu connais La Gacilly. Là, il m’a regardé comme si j’étais fou. Mais tu ne connais pas La Gacilly-Baden. Je me souviens encore qu’il avait une cuillère dans la bouche et qu’il l’a tournée cinquante fois, la rendant plus propre qu’un lave-vaisselle, pour se donner le temps de réfléchir. Finalement, il a posé la cuillère à côté de son assiette, m’a regardé, a posé ses bras sur la table et m’a dit : « Tu penses ? ». J’ai répondu : « Oui, je pense, je suis sérieux ». L’année suivante, le festival La Gacilly-Baden Photo fêtait sa première édition.


EN BREF…

• Daido Moriyama en six minutes, vous en rêviez ? Photo Synthèse l’a (bien) fait.
• Avec sa série « Glow on », Nick Fancher paie son dû à l’illustrateur et affichiste Alfons Mucha.
• « Il y a des pays qui, sans les avoir visités, impriment déjà en nous une image mentale. (…) La Guinée ne fait pas partie de ces pays.« 
• Des entraînements à la pesée, Gabriel Monnet a suivi Olivia Blanc, jeune boxeuse de 17 ans, avant son entrée sur le ring.
• Le saviez-vous ? Nelson Mandela et Aimé Césaire se sont croisés, et une photo, longtemps restée inédite, le prouve.
• Kodak se lance dans la production de batteries solides.
• Ceci n’est pas un fake (mais il faudra attendre mars 2023 pour la livraison)
• Vous avez dit « chiant » ?


La scène se passe en 2008 : alors qu’il rejoint l’hôtel londonien où il doit faire un shooting pour un magazine, Tom Broadbent voit un loup passer devant lui. Un loup pas banal puisqu’il se tient sur ses pattes arrière et fait un mètre quatre-vingt. Sans le savoir, le photographe vient d’entrer dans le monde des « furries », ces personnes qui revêtent des costumes d’animaux réels ou imaginaires (à ne pas confondre avec les adeptes du cosplay, dont les déguisements s’inspirent de personnages fictifs préexistants). Acquis à la cause sans être pratiquant, Broadbent a choisi de photographier les furries non pas dans les conventions où ils se rassemblent mais à leurs domiciles. Son dernier livre, At home with Xavier Fox, est ainsi consacré à un renard roux passionné de voitures japonaises… On aime ou pas, mais ce travail a le mérite de mettre la communauté sous les projecteurs sans la dénigrer. Un coup de « zoom » qui nous évoque inévitablement ce titre des… Super Furry Animals. 

…et si vous voulez savoir à quoi ressemblent les nuits des furries, regardez ce « Cliché » du groupe québécois Drogue.

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Visuel d’ouverture : Masha Wolfsthal, survivante de l’Holocauste © Martin Schoeller