La 15e édition du Printemps photographique de Pomerol, qui débute ce jeudi 26 mars, a tout de l’excellent cru. La programmation, attrayante tout en étant pointue, entremêle histoires et Histoire. Deux exemples : dans ses diptyques, Anne Kuhn passe au révélateur la psyché de quelques héroïnes romanesques (de Lolita à Folcoche) quand John Vink, photojournaliste passé par les agences VU’ et Magnum, sonde, du Sahel au Cambodge, les traumas de notre temps. « Aujourd’hui, tout le monde est photographe, dit-il. Ce n’est pas ça qui m’inquiète, mais le manque d’éducation à l’image. Il n’y a pas de véritable enseignement de la photographie ou de son histoire dans les lycées, et je le regrette. » Des mots qui sonnent juste en cette Semaine de la presse à l’école. L’affiche du Printemps photographique de Pomerol comporte une dizaine de noms et presque autant de projections, rencontres, ateliers et conférences. À noter que les expositions patrimoniales (« Nadar et la Farm security administration » et « Walker Evans : l’œil américain ») se poursuivent au-delà des dates du festival. La manifestation est gratuite et en accès libre.

ÊTRE ARTISTE EN TEMPS DE GUERRE

À l’occasion de l’exposition de la BnF « La photographie à tout prix », le journal d’Arte a interrogé Randa Mirza au sujet d' »Atlal », série réalisée dans les décombres de villages du Sud-Liban suite aux bombardements israéliens de 2024. Les conséquences de ces frappes sont également au cœur du travail de Ruwan Teodros, sa collègue et compatriote, qui, elle, a été interviewée par Tracks. « Photographier est un acte de résistance », dit Randa Mirza. « Je veux que la mort de chaque individu compte », renchérit Ruwan Teodros. Des propos qui entrent en résonance avec l’initiative « Photos for home » que mènent deux étudiantes de Sciences Po Paris, Noor Chahabeddine et Lama Masaad. Sous la plume de Myriam El-Hindi, L’Orient-Le jour leur a consacré un très bel article, où l’on peut lire ceci : « La résistance par l’art ne se décrète pas : elle advient après coup, dans le regard de celui qui contemple. »
DANS L’ANTRE DU PUMA
En 2022, le Grand JD avait accompagné le photographe naturaliste Neil Villard dans un petit village des Carpates où, la nuit venue, des ours bruns erraient dans les rues. Le courant est si bien passé entre le Genevois et le Neuchâtelois qu’ils ont renouvelé l’expérience. Pour leur dernière vidéo, le duo s’est aventuré en Amérique du Nord, dans les Rocheuses. Avec pour objectif de photographier le puma à l’état sauvage. Conduit comme une enquête animalière (trouver les indices de présence, pister, placer les pièges photo, affûter), Le Fantôme des Rocheuses plaira aux amateurs d’images spectaculaires. Dommage qu’il laisse peu de place au silence et à l’attente, deux données importantes dans une quête photo-naturaliste (des points sur lesquels insiste d’ailleurs Neil Villard en interview). On peut regretter aussi l’absence de mise en garde concernant la pose d’outils d’enregistrement intrusifs à l’entrée de la tanière du puma. Quand on est suivi, comme le Grand JD, par 4,16 millions d’internautes, c’est le minimum syndical pour éviter les dérives. 

pho•pho•photus

Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de 9 lettres en lien avec la photographie ?

EN BREF ET EN VRAC...

Dans l’atelier de SMITH on trouve un grand lit, outil indispensable pour les séances de méditation. Et dans sa bibliothèque ? Réponse ici.
Il y a 75 ans, Arthur Sasse prenait un instantané qui allait traverser les époques. Retour en huit points sur cette icône de la pop-culture.
Dans les musées, de plus en plus de visiteurs photographient les tableaux avant même de les observer. Faut-il s’en plaindre ou bien tourner ce geste en dérision ?
Kourtney Roy était de passage sur RFI pour évoquer « All inclusive », sa nouvelle expo.
Première femme à prendre la direction de la MEP, Julie Jones promet de faire le pont entre figures historiques de la photographie et scène émergente. L’idée d’un festival au sein de l’institution est même dans les cartons. À suivre…
Les photographes reçus par Eva Bester à « La 20e Heure » font l’objet d’une page spéciale sur le site de France Inter.
De Barbara à la BnF à la culture clubbing au Quai de la Photo, il y a quelques belles expos musicales à voir en ce moment à Paris. Une sélection à laquelle on peut ajouter « Par le mur de son. Fêtes techno » (Gentilly n’est pas si loin).
Pour célébrer une dernière fois Chuck Norris, Paris Match a sorti de ses archives un reportage « coup de poing » réalisé en 1976 par Jean-Claude Deutsch. 
Dans le cadre de la Semaine des Musées belges, museumPASSmusées lance un concours public visant à élire le « Chef d’œuvre de l’année ». La sélection est composée de pièces issues des collections des musées belges. Parmi elles, on trouve The Anniversary de Julia Margaret Cameron (proposé par le Musée de la photographie de Charleroi). Mais vous avez parfaitement le droit de voter pour Torpille, le chien empaillé.

verbatim

Derrière une façade dure se cache en réalité des hommes sensibles, vulnérables. Le hip-hop a ce côté tendre. Aux États-Unis, j’ai constaté que beaucoup d’hommes sont protecteurs, respectueux ce qui change des clichés qu’on peut en avoir ailleurs. Les hommes que j’ai photographiés m’ont toujours montré du respect, m’ont encouragée dans ce long projet. Il y avait de la solidarité, de l’entraide, un vrai sentiment communautaire.
Maï LUCAS

En Europe, il nous faut être capables de raviver notre capacité à caricaturer, notre disposition à la satire, à la moquerie, dans un monde où elles ne sont plus possibles. (…) Le charivari, ce n’est pas seulement le jeu de la liberté, celle de trop boire, trop manger, de faire ce qui nous passe par la tête. C’est aussi le moment où l’on se regarde dans la glace et l’on rit de soi. Tout ce qui nous manque en ce moment.
Charles FRÉGER

la petite musique de fin

Si on finit par le trouver en cherchant un peu, le clip officiel de « La nuit je mens » n’arrive pas en tête des requêtes quand on tape le titre dans Google. Et pour cause, un litige oppose depuis trente ans Jacques Audiard, le réalisateur dudit clip, et la photographe américaine Merry Alpern, celle-ci reprochant au cinéaste d’avoir copié sa série « Dirty windows ». On peut difficilement lui donner tort. Jacques Audiard a récemment admis le pompage (on lui avait offert le livre d’Alpern un an avant le tournage) et un accord financier a été trouvé entre les deux parties. Quand on connaît cette histoire, certains vers de la chanson de Bashung (Tes pensées, je les faisais miennes / T’accaparer, seulement t’accaparer) prennent un étrange double sens.

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