Petits secrets d'oiseaux

Démarré par Roland Ripoll, Janvier 15, 2026, 10:48:23

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urka

Citation de: Seb65 le Janvier 24, 2026, 11:45:27Là, on entre dans le scientifique pur et dur...avec de belles images à la clef pour illustrer toutes ces hypothèses dont le voile n'a pas encore été levé pour certaines ! 
. Un fil qui m'avait aidé jadis à expliquer à mon entourage pourquoi le Faucon crécerelle
fait ce vol dit "du Saint Esprit".
La suite viendra renforcer mes maigres connaissances sur la vie fascinante des Oiseaux ;) .
Merci Roland!
André;

Harvey

Citation de: urka le Janvier 24, 2026, 13:00:53.  mes maigres connaissances sur la vie fascinante des Oiseaux ;)


Tu sais, étant éleveur, j'me disais chaque année passant que j'en savait de moins en moins en élevage.   ;)   :D

En tout cas, merci pour ce fil très intéressant.  ;)

rdmphotos

peu de photos de c moineaux c bien vu de les mettre a l'honneur

Charly 84

Toujours de belles images, avec des explications très intéressantes  :)

robsou

De joies illustrations du Moineau domestique accompagnées d'informations éthologiques intéressantes renseignant sur les relations possibles entre une caractéristique morphologique comme la taille de la bavette chez cette espèce et son rôle de signalisation du statut reproductif et social.   
D'intéressantes informations aussi sur les débats et hypothèses concernant les relations entre caractéristiques physiques du Faisan mâle (taille de l'ergot, couleur et volume du caroncule) et attractivité sexuelle.

 Robert


Alfie

Merci Roland pour ces explications illustrées par de très belles photo !
Alain

Roland Ripoll

Merci à vous tous !

5. Les vilains petits canards...

Qui se douterait en voyant nager paisiblement des canards colverts sur un plan d'eau que, derrière ces oiseaux sympathiques et colorés, se cachent de redoutables et  « d'ignobles violeurs » ?

Il faut savoir que les canards colverts sont une des rares espèces d'oiseaux à posséder un pénis. Les autres espèces n'ont qu'un cloaque. Et ce pénis n'est pas banal, puisqu'il mesure plus de 20 cm en érection, qu'il est en forme de spirale et qu'il peut jaillir en une demi seconde !





De nombreuses observations attestent  de véritables viols de canes par plusieurs mâles. Ils semblent d'ailleurs  si fréquents que la moitié des couvées aurait des paternités multiples. Cela confirme cette vieille  stratégie évolutionniste du mâle cherchant à dispenser son sperme au maximum de femelles possibles pour que ses gènes se répandent dans un grand nombre de descendants.





On constate que ces viols ont souvent lieu au printemps, lorsque les femelles  « légitimes » sont occupées à couver, discrètement cachées, et que les mâles, totalement inutiles à l'élevage des jeunes, sont en goguette sur les plans d'eau, à la recherche d'une jeune cane ou d'une cane qui voudrait effectuer une ponte de remplacement.



Les ornithologues anglais appellent ces viols des FEPC (Forced Extra-Pair Copulations). Ils pensent que les colverts tentent d'augmenter leurs chances de se reproduire en fertilisant d'autres femelles, pendant que leurs conjointes sont occupées au nid.

Mais les femelles, réticentes et toujours soucieuses d'assurer la meilleure descendance, ont trouvé la parade pour éviter ces fécondations non désirées : elles sont dotées d'un vagin  spiralé lui-aussi, mais dans le sens contraire du pénis du mâle.  Violées certes mais pas fécondées !  Tel semble être le principe qu'elles ont adopté...



Etre simple pour être vrai

rdmphotos

toujours excellent et des attitudes variées

Roland Ripoll

Merci à vous deux !

A l'époque, Henrid (qui a quitté le forum depuis 2022) avait posté ces trois images pour illustrer le propos et bien montrer que la femlle n'est pas toujours consentante...





Etre simple pour être vrai

Seb65

Sadique le colvert je vous dis !!  ;D
Merci Roland pour ce partage du savoir !  :)

Charly 84


philou_m


Roland Ripoll

Merci !

6 .Les oiseaux infidèles ?

La monogamie et la grande fidélité des oiseaux ne seraient pas si évidentes que cela... S'il est vrai que 90% des espèces sont monogames, ce n'est peut être qu'en apparence. Même si on pense que quelques espèces comme l'oie des neiges, l'albatros, la cigogne et les cygnes seraient fidèles, elles restent toutefois des exceptions.

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De récents tests ADN ont en effet montré que, pour 70% des passereaux, l'infidélité était plus ou moins un fait établi et plutôt d'un usage courant. Conséquence: les œufs d'une même couvée ne sont pas toujours du même père...

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On a longtemps cru que le pinson des arbres était un joyeux monogame, on a eu tort. Le mâle est un coureur invétéré, et la femelle ne l'est pas moins. Elles auraient hérité ce trait de caractère de leurs pères biologiques. Ce gène de l'infidélité, transmis de père en fille, est baptisé "gène de Casanova" par les chercheurs allemands.

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Souvent infidèles, les femelles n'hésiteraient donc pas à chercher d'autres partenaires, plus forts, en meilleure santé, dotés d'un plumage plus vif et d'une plus belle voix. C'est le cas, par exemple, de la mésange charbonnière qui, si d'aventure un mâle autre que le sien chantait d'une manière assez convaincante,  ne se priverait pas d'une petite liaison de "derrière les buissons..."

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Ce comportement, en apparence volage, viserait à les prémunir contre la stérilité de certains mâles et  à assurer une meilleure survie de l'espèce. Les femelles désirant s'accoupler de préférence avec des mâles  « de qualité » pour donner plus de chances à leur progéniture.

Pas étonnant alors que 14% des jeunes moineaux ne sont pas issus du mâle « officiel » et que 18% des pontes chez le Canard colvert  sont de plusieurs mâles.

Le risque de consanguinité justifierait également l'infidélité, comme pour le chevalier guignette ou le gravelot à collier interrompu. Chez ces espèces d'oiseaux côtiers, les femelles multiplient les accouplements lorsque leur partenaire ''légitime'' est génétiquement trop proche d'elles, afin d'avoir la meilleure progéniture possible. Reste à se demander comment les oiseaux reconnaissent cette proximité génétique ?

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Chez certaines espèces d'oiseaux chanteurs, les femelles sont fréquemment infidèles. Mais le partenaire "cocufié" n'est pas dupe pour autant. Les mâles nourriraient moins bien les petits qui ne sont pas d'eux.

Des chercheurs de l'Université de Fribourg ont effectué des tests ADN sur 500 oisillons de bruant des roseaux afin de vérifier si le père était bien l'oiseau vivant en couple avec la mère. Et il s'est avéré que 39% des rejetons étaient issus d'infidélités de cette dernière.

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Les conséquences de ces infidélités sont moins bien connues. Les biologistes constatent que les bruants mâles se rendent compte de la tromperie et la sanctionnent. Lorsque la couvée comporte de nombreux rejetons qui ne sont pas d'eux, ils apportent nettement moins de nourriture au nid...

Mais on ignore totalement comment les bruants font pour savoir que certains oisillons les leurs...
Etre simple pour être vrai

Harvey

De très belles images avec de belles explications, que demander de plus ?  ;)

rdmphotos

un fil extrêmement varie et instructif bravo

robsou

Des espèces joliment illustrées et documentées dans ces deux dernières séries.

Robert

jmr80

du libertinage à tous les étages avec ces oiseaux
C'est comme quand on dit un appétit d'oiseaux, quand tu vois ce que ça s'empiffre par rapport à son propre poids  :o

Roland Ripoll

Merci !

7. Les plaques incubatrices

Chez certains oiseaux, les plaques incubatrices nous renseignent précisément sur le nombre d'œufs pondus par la femelle. Les plaques incubatrices sont des zones dénuées de plumes et de duvets sur la poitrine ou l'abdomen et qui a pour fonction de permettre une meilleure transmission de la chaleur lors de l'incubation.

Une expérience tentée au XVII° siècle a consisté à retirer à une femelle d'hirondelle les œufs au fur et à mesure qu'elle pondait. Le résultat fut qu'elle en pondit 19 au lieu des 5 habituellement.





D'autres expériences menées sur d'autres espèces ont depuis donné des résultats similaires. Un moineau domestique, par exemple,  peut ainsi pondre 50 œufs au lieu de 4 ou 5 !





On a également découvert que pour certaines espèces, comme le  vanneau huppé, le retrait des œufs ne changeait absolument rien au nombre total d'œufs habituellement pondus.





Ces expériences ont permis de démontrer que ce sont les plaques incubatrices qui règlent la ponte. Si on ôte les œufs à mesure qu'ils sont pondus, il n'y a pas de stimulation tactile de ces plaques et donc aucun message n'est envoyé au cerveau de l'oiseau pour limiter la ponte. Si les œufs restent en place, les récepteurs tactiles des plaques incubatrices décèlent leur présence et déclenchent un  processus hormonal qui ne va permettre que le développement du nombre "normal" d'œufs dans l'ovaire.

En ornithologie, on distingue donc les oiseaux en deux catégories; les pondeurs déterminés comme le vanneau huppé et les pondeurs indéterminés, comme l'hirondelle ou le moineau ou... la poule.

Tout le monde aura compris que c'est le même processus qui nous permet d'avoir des œufs au poulailler pratiquement toute l'année...
Etre simple pour être vrai

robsou

D'intéressantes informations sur la fonction de la plaque incubatrice chez les oiseaux en fonction de la ponte et des espèces, illustrées de jolies images.

Robert

Roland Ripoll

Merci Robert !

8. Les sudistes contre les nordistes...

Quand un oiseau se sent menacé, choisit-il de sauver ses plumes ou celles de sa nichée ? Tout dépend s'il est originaire du Nord ou du Sud. C'est la conclusion d'une équipe de biologistes des universités de Californie, du Montana et de Riverside aux États-Unis.

Ils ont en effet constaté que les espèces de l'hémisphère Nord (qui - phénomène encore non expliqué - vivent moins longtemps) s'exposent davantage aux prédateurs afin de les détourner. La nichée serait ainsi épargnée.

« Cette stratégie se retrouve également sous nos latitudes. Le gravelot, par exemple, feindra une blessure à l'aile et s'exposera directement à son ennemi dans le but de l'éloigner du nid », explique Philippe DUBOIS, ornithologue à la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux).







En revanche, dans l'hémisphère sud, les espèces privilégient leur survie à celle de leur nichée, préservant ainsi leur chance de procréation.

9.  La membrane nictitante

Cette membrane est souvent appelée la "troisième paupière" dans le langage populaire et palpebra tertia dans la terminologie scientifique. Contrairement aux paupières "classiques", elle est normalement translucide. Elle est cependant blanchâtre chez certaines espèces comme le cincle plongeur chez qui elle très visible quand il cligne des yeux, les protégeant  quand il est immergé.

Chez les oiseaux de proie, elle sert  à protéger les yeux des parents d'éventuels coups de leur progéniture lorsqu'ils les nourrissent ou bien lorsqu'ils s'abattent sur leurs proies.





Elle sert également au fou de Bassan lors de sa plongée dans l'eau. Pour le  grand cormoran lorsqu'il pêche, cette membrane nictitante lui sert de masque de plongée et lui confère une vision aquatique exceptionnelle.

Etre simple pour être vrai

robsou

De jolis portraits dans cette MAJ accompagnés d'informations intéressantes sur des stratégies adaptatives en fonction des latitudes ainsi que sur la fonction de la membrane nictitante des oiseaux.

Robert

Charly 84


rdmphotos


Seb65

En plus du savoir distillé, il y a de très belles images à la clef !  :)

Ludo37

Ce fil est un régal ! Bravo Roland .
Ludo