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Fête du travail ou pas, ce week-end propose son lot d’expositions et festivals en tout genre. De Paris à Montpellier, de Strasbourg à Octeville-sur-Mer, voici notre sélection de la semaine.
> PARIS
Avril, on le sait trop peu, est le mois du polaroid. Le printemps est à peine installé que déjà bourgeonnent aux quatre coins de France des événements célébrant le film instantané (jetez un œil au site www.expolaroid.com qui les recense tous). S’il ne fallait retenir qu’une exposition dans cette offre pléthorique, ce serait sans doute « Mini-Mahl Maxi-Mahl », soit une cinquantaine de photos prises dans les années 1980-1990 par l’Allemand Andreas Mahl. Cet adepte du Polaroid SX70 a élevé le pola au rang d’art majeur en le poussant dans ses retranchements, n’hésitant pas à maltraiter le support (transfert, retardement de développement, manipulation des couches sensibles, superposition, etc.) pour servir sa cause poétique. Ici comme ailleurs, qui aime bien châtie bien.

Ci-dessus – Delphine, Polaroid transfert, 1981 © Andreas Mahl. En haut de page – Série « La maison de Simy », polaroid triptyque,1981 © Andreas Mahl > Jusqu’au 18 mai. Photo12 Galerie, 14 rue des jardins Saint-Paul, 75004 Paris. Tél. 01-42-78-24-21.

> OCTEVILLE-SUR-MER
Jouons franc jeu, on sait très peu de chose sur le Festival de photo nature et animalière qui se tiendra ce week-end à Octeville-sur-Mer, si ce n’est qu’il est organisé par l’association « Spot Nature » et qu’il a pour invité d’honneur Tony Crocetta. Ce dernier point suffit à nos yeux pour en faire un immanquable de la semaine. Globe-trotter invétéré dans la première partie de sa carrière, Tony s’est depuis une petite dizaine d’années installé au Kenya, en plein cœur du Masaï Mara. Un terrain de jeu sans cesse revisité et dont il réussit à prélever les plus beaux instants sauvages, tour à tour féroces ou émouvants. En plus, son talent n’a d’égal que sa sympathie. Amis normands, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Ci-dessus – © Tony Crocetta. > Du 30 avril au 1er mai. Salle Michel Adam, 76930 Octeville-sur-Mer.

> MONTPELLIER
Dérangeant, étonnant, enthousiasmant… les qualificatifs se bousculent lorsqu’on épluche le programme des Boutographies 2016. Et si certaines intriguent plus que d’autres, aucune des 13 expositions proposées ne suscitent l’indifférence. Un bon point ou, oserais-je dire, ein guten Punkt, tant cette 16e édition a des accents germanophiles. En effet, pas moins de six photographes allemands et autrichiens figurent à l’affiche. Parmi toutes les propositions, on retiendra particulièrement la voie mélancolique qu’emprunte la Berlinoise Ina Schoenenburg pour traiter un sujet inaltérable : la famille.

Ci-dessus – Exchanging clances © Ina Schoenenburg. > Du 30 avril au 22 mai. La Panacée, Centre de culture contemporaine, 14 rue de l’École de la Pharmacie, 34000 Montpellier. De nombreuses animations sont proposées durant le week-end d’ouverture, rendez-vous sur www.boutographies.com pour en connaître le détail.

> PARIS
Dans la famille Hugo, je demande l’arrière-arrière-petit-fils. Bonne pioche ! Contrairement à son illustre aïeul, Jean-Baptiste Hugo n’a pas choisi les mots pour s’exprimer mais la photo. Exposées à Saint-Germain-des-Prés dans la galerie Houart, ses natures mortes, réunies sous l’intitulé “Natures vives”, jouent de l’accumulation décorative comme aux grandes heures de l’école flamande. Un travail sur le plein qui trouve son pendant épuré dans les œuvres à l’encre de Chine de sa sœur Marie, elles aussi exposées.

Ci-dessus – Grains © Jean-Baptiste Hugo. > Jusqu’au 28 mai. Galerie Catherine Houard, 15 rue Saint-Benoît, 75006 Paris. Tél. 09-54-20-21-49.

> STRASBOURG
« Ken Matsubara fabrique des objets investis d’un pouvoir immatériel qui influe sur notre conscience profonde. » On aurait pu s’arrêter à cette phrase prétendument zen mais un rien neuneue (zeneuneue ?) qui ouvre le dossier de presse et refermer celui-ci tout de go. Nous aurions eu tort. En ces temps stressants de bouclage, les photos et vidéos minimalistes en diable de ce Japonais de 66 ans offrent une source d’apaisement appréciable. Rien d’étonnant à cela : la série « Hou-Chou », présentée à partir de ce week-end à La Chambre, a été réalisée à l’occasion de cérémonies bouddhistes.

Ci-dessus – Hou-Chou, bird releasing, 2015 © Ken Matsubara. > Du 29 avril au 19 juin. La Chambre, 4 place d’Austerlitz, 67000 Strasbourg. Tél. 03-88-36-65-38. Vernissage le vendredi 29 avril à 18 heures, en présence de l’artiste.