accueil L'édito de Guy Michel La Presse Assassinée

La Presse Assassinée

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Non, la Presse n’est pas de la chair à appâter
pour Canal +, SFR, Bouygues…

En distribuant la Presse gratuitement pour appâter leurs futurs abonnés, opérateurs et chaînes cryptées programment l’assassinat des marchands de journaux et de toute la Presse en général!  

La Presse assassinée

La Presse, ce n’est un secret pour personne, vit des temps difficiles et subit une profonde mutation. De nombreux titres, qui tiraient l’essentiel de leurs revenus des recettes publicitaires, galopent après des lecteurs fantômes pour tenter de maintenir une diffusion “vendable” à leurs annonceurs. D’autres, sans vrai contenu ou dont les articles ne servent qu’à boucher les espaces entre les pubs, quittent la scène. Mais il existe encore une presse magazine forte et indépendante, dont le seul souci est de voir le nombre des points de vente s’étioler, tandis que les coûts de distribution ne font qu’augmenter.

Et puis, il y a les kiosques numériques, ces applis nées en même temps que les tablettes, qui permettent de lire les journaux sur écran… quand la 4G ne croise pas les bras. Jusqu’à maintenant, leur fonctionnement était à peu près loyal et nous avions accepté de leur confier Chasseur d’Images et Nat’Images, bien que ces intermédiaires soient très gourmands, rémunèrent très peu les éditeurs et les privent de toute relation avec leurs Lecteurs. Quand vous achetez un numéro ou quand vous vous abonnez à un magazine via un kiosque numérique, vous êtes le client du kiosque et l’éditeur ne saura jamais qui vous êtes.

Mais il y a pire : une nouvelle mode est apparue, qui consiste à utiliser la Presse comme chair à appâter pour amener des abonnés à des fournisseurs internet ou à des chaînes privées ! Nous avons ainsi retrouvé nos titres, parmi des centaines d’autres, offerts en lecture gratuite aux abonnés de Canal + et, bientôt, de Bouygues, “grâce” à lekiosk.fr, qui explique sans rire que nous allons augmenter notre audience !

Voici la Presse transformée en cadeau bonus. En plus produit pour racoler des forfaits téléphone. On s’étonnera après cela qu’il y ait de moins en moins de monde chez les marchands de journaux…

De nombreux éditeurs assistent, silencieux ou indifférents au piratage de leur production, distribuée comme cadeau de bienvenue aux abonnés des chaînes de télé ou aux opérateurs de téléphonie. On leur promet une meilleure audience, facile à revendre aux annonceurs! Belle affaire, quand on sait qu’une vente numérique fait perdre 2,3 ventes papier! En offrant la Presse en pâture aux opérateurs, quelques intermédiaires s’enrichissent tout en menant les titres qui se laissent faire à une disparition rapide et inéluctable. Car qui peut croire que ces millions de personnes, abreuvées de presse gratuite qu’ils ne liront pas, retrouveront un jour le chemin des kiosques? Et qui peut croire qu’un magazine puisse survivre s’il ne lui reste plus que les maigres subsides versés par des intermédiaires toujours plus gourmands et si peu responsables?

Chasseur d’Images n’est pas de la chair à appâter. On n’a rien contre le principe d’être offerts aux abonnés de Canal+ ou de tout autre opérateur mais, dans ce cas, on veut offrir des téléphones et des abonnements aux chaînes cochonnes à nos Lecteurs! Dans l’immédiat, nous avons retiré nos titres du catalogue lekiosk.fr.

Réactualisation février 2018…

Et voilà, ça continue: le kiosque Relay met la clé sous la porte et renvoie ses abonnés vers celui qui offre la Presse en pâture aux abonnés des opérateurs de télé et d’internet! Ceux qui ont acheté des magazines via Relay ne pourront plus les lire sans souscrire un abonnement dans l’échoppe d’en face. La leçon mérite d’être retenue: si on achète ou si on s’abonne à du virtuel, on a du virtuel qui peut faire pchitt du jour au lendemain!
Mais il y a pire : les accords qui permettaient à certains clients internet ou téléphone de lire gratuitement 30 magazines par mois reposaient sur une pirouette fiscale. L’option Presse, présentée comme gratuite faisait, en réalité, partie de l’abonnement mais était facturée au taux de TVA presse, ce qui permettait une jolie marge aux opérateurs! Le tour de passe-passe a été détecté, et le fisc a réclamé son dû et retoqué la TVA à 20%. Du coup, du jour au lendemain, l’offre “Presse gratuite” a été réduite en peau de chagrin.

Entre les offres à géométrie variable, la distribution gratuite ou ridiculement basse des magazines et les différentes fermetures ou réorganisations, les kiosques numériques ne présentent aucune garantie. Non seulement ils vendent (ou offrent !) les magazines sans verser aux éditeurs une part décente, non seulement ils interdisent aux éditeurs de savoir qui est abonné, mais ils contribuent à détruire la Presse papier.
Quand un kiosque numérique ferme, quand un Lecteur ne trouve plus les magazines qu’il pensait avoir achetés, c’est vers nous qu’il se tourne, alors que nous ne le connaissons même pas! Si telle mésaventure vous arrive, adressez-vous à la société qui vous a vendu ce service et exigez d’être remboursé.

Nos magazines papier sont en vente chaque mois chez tous les marchands de journaux, ou chez nous, directement, sur abonnement. Quand la version papier est entre vos mains, vous avez l’assurance qu’elle ne s’envolera pas, un beau matin, au hasard des tractations entre les opérateurs. Et nous, on sait dorloter nos abonnés et les Lecteurs qui nous font confiance…
• Pour répondre à la demande des lecteurs basés à l’étranger ou fervents de lecture sur tablette, smartphone ou ordi, Chasseur d’Images et Nat’Images existent également en version numérique, vendus au numéro ou sur abonnement par Zinio.

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