Bafouille du chef

La Bafouille du CHEF

On nous reproche souvent d’être trop durs envers le matériel, trop critiques envers les produits que nous testons. Un grief que je peux comprendre quand il vient de fabricants, déçus de ne pas avoir obtenu le nombre d’étoiles escomptées, mais qui s’explique plus difficilement quand il émane de clients pas encore équipés. Or, c’est une tendance de plus en plus fréquente.
(par Guy-Michel)

La mode est aux forums

Quelle que soit notre passion, on trouve toujours un lieu de discussion où d’autres passionnés viennent partager leur savoir, glaner des renseignements ou tenter d’imposer leur vision du monde. On y trouve des instants succulents notamment quand, juste après l’annonce d’un nouveau produit, adeptes d’une marque et détracteurs venus d’une autre s’affrontent à l’aide d’arguments fort discutables.
Personne n’a encore vu ni pris en main le futur arrivant, mais beaucoup ont déjà un avis sur ses performances et la qualité de ses images. On en voit même qui expliquent son “positionnement marketing” avec une telle assurance qu’on en arrive à se demander s’ils ne sont pas les concepteurs du produit, cachés derrière un pseudonyme. Mais, surtout, on assiste à une curieuse course aux pré-tests, motivée non par la curiosité de savoir si le produit tient vraiment les promesses de sa fiche technique… mais par une farouche volonté de trouver des gens qui en disent du bien.
Au moment où sortent enfin les tests, les vrais, réalisés par ceux dont le métier est d’évaluer et comparer tous les équipements, gare à celui qui se sera montré “trop critique” ! Car les aficionados, au mieux déçus, au pire vexés, vont se lancer dans une implacable chasse aux tests dont les conclusions sont conformes à ce qu’ils avaient envie de lire !
Il y a longtemps, nous avions à la rédaction un téléphone rouge par lequel les lecteurs pouvaient questionner nos journalistes. Un jour où je m’y étais collé, j’ai pris conscience du fait que la majorité des gens qui nous appelaient n’attendaient pas vraiment un conseil mais souhaitaient simplement nous entendre conforter leur choix. Le genre de constat qui tue le moral du journaliste-essayeur en le remettant à sa place : si tu dis du bien, tu es un vendu, si tu écris du mal, tu es un traître !

A la Rédac'

À la rédac’, nous sommes du genre têtu et on continue donc à tester, mesurer, évaluer et comparer avec une ligne directrice : le pragmatisme.
Aujourd’hui, tous les appareils photo fonctionnent, tous les objectifs donnent une image et tous les flashs éclairent ; mais certains le font mieux que d’autres. On pourrait, comme certains, mettre tout le monde dans le même panier et attribuer des notes ou des labels que l’on pourrait méchamment remplacer par une étiquette “Ça marche”. Ce n’est pas le genre de la maison. Alors, au risque de déplaire, on continue à jouer les sévères.
L’expérience acquise au fil des ans se compte par plusieurs centaines de reflex et quelques milliers d’objectifs passés entre nos mains, devant nos yeux et sur nos bancs de mesure ; voilà pourquoi il nous arrive de sourire quand, suite à un test jugé trop sévère, on nous oppose l’avis enthousiaste d’un blogueur inconnu qui n’a fait qu’une dizaine d’images.
Les marques l’ont bien compris et lancent désormais leurs nouveautés en trois phases : préparation du terrain par le biais de rumeurs distillées à bon escient, présentation en grande pompe par une cérémonie mondiale, puis propagation de la bonne parole par des “ambassadeurs” qui, moyennant quelques faveurs, témoigneront leur gratitude en jouant les petits soldats dévoués.
Ceux qui attendaient de lire du bien de l’objet de leurs rêves en seront ravis. Les autres patienteront encore quelques jours pour lire nos tests, avec le risque de les trouver trop sévères… l’essentiel étant qu’ils soient justes !

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