Scènes de vie animalière au Kenya

Démarré par robsou, Janvier 03, 2021, 11:56:16

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robsou

Merci pour vos commentaires.
Concernant les oiseaux migrateurs africains que l'on ne voit jamais chez nous, la question est complexe et la réponse nécessiterait de faire une recherche bibliographique  approfondie pour voir quelles espèces sont plus particulièrement concernées par la migration d'oiseaux « exotiques » ; juste quelques éléments de réponse incomplets en allant glaner quelques informations par ci et par là ; certains oiseaux peuvent entreprendre de longues distances de milliers de km sur une voie de migration Afrique-Eurasie comme c'est le cas du coucou oriental. Beaucoup des 1100 espèces du Kenya sont des résidents annuels (sans qu'ils soient nécessairement des sédentaires au sens strict), mais une partie peuvent se déplacer à l'intérieur du continent africain. Si l'on prend le cas des Guêpiers, certaines des espèces sont résidentes (ex : Guêpier nain) et d'autres migratrices (ex : Guêpier écarlate).

Je vous propose de poursuivre avec les Lions. Comparativement aux autres félidés, plutôt solitaires, les Lions (Panthera leo) évoluent au sein d'un système social singulier organisé en troupes formées le plus souvent de femelles adultes apparentées et de leurs progénitures associées à un groupe de mâles non apparentés aux femelles. Les jeunes femelles restent en règle générale dans la troupe de leur mère, tandis que les jeunes mâles la quittent à leur maturité sexuelle (à 2 à 3 ans) pour vivre en nomade ou en petits groupes lorsqu'ils sont évincés par la coalition de mâles adultes. La taille des troupes et des coalitions sont très variables avec un nombre d'individus moins élevés dans les régions très sèches. Les jeunes mâles évincés pourront former des coalitions et tenter de prendre le contrôle d'autres troupes en excluant les mâles résidents, tentatives qui si elles sont couronnées de succès pourront conduire à l'infanticide afin de déclencher rapidement un œstrus chez les femelles pour assurer leur propre descendance (la mortalité des lionceaux est très élevée, puisque selon des études, elle peut varier de 40 à 67%, pas seulement à cause de l'infanticide, mais aussi de maladies, de l'abandon maternel,  ou de la prédation).
Outre leur implication dans la chasse coopérative et coordonnée vis-à-vis des proies, les lionnes coopèrent dans l'élevage des lionceaux en allaitant des petits d'autres femelles (allonursing) se répartissant ainsi les rôles entre chasseuse et nourricière, auxquels il faut rajouter le partage de la nourriture au sein de la famille, alors que les lions adultes seront plus engagés dans la protection des jeunes et la défense de la troupe et du territoire contre les intrus.
A propos de la série, deux des images montrent une femelle qui avait repéré un phacochère et est en train de creuser un trou pour tâcher d'attraper sa proie qui s'était cachée dans son terrier.
141 et 142

Citation de: photographe33 le Avril 06, 2021, 18:43:57
Oui ma question portait non pas sur les oiseaux que tu cites et que nous connaissons chez nous (on peut considérer comme moi qu'ils sont de chez nous et qu'ils migrent en Afrique ... ou l'inverse comme tu le fais !  :D ;D) mais plutôt sur tous les spécimens exotiques flamboyants qui nous sont proposés sur les fils "retour d'Afrique" et que l'on ne voit jamais chez nous : ils ne bougent pas !?

robsou

143 et 144

robsou

145 et 146

robsou


Roland Ripoll

De la très belle "sauvagerie" ! Merci pour ces images et pour les informations toujours intéressantes à lire.
Etre simple pour être vrai

Seb65

De très belles images de ce super prédateur ! Coup de coeur pour les clichés 142, 145 et 146 ! Bravo Robert et merci pour le partage !  :)

Kodjock

Ah j'attendais les lions ! Les incontournables d'un safari dans le Mara ! Le bâillement de la lionne est très réussi ! Superbe netteté qui permet de distinguer un dentition encore parfaite, signe d'un sujet jeune. Bel instant saisi pour l'accouplement, mais ma préférée est peut être la lionne 144 et ce regard qui manifestement a accroché quelque chose !
Amicalement, Jean Paul

Ludo37

De superbes images qui nous font voyager et cela fait du bien ! Bravo pour ton reportage très intéressant.
Amicalement.
Ludo

photographe33

Merci pour ta réponse Robert
Et encore de superbes photos, techniquement et de ce qu'elles montrent et racontent de l'intimité de ces fauves
Amicalement, Jean claude

Charly 84

De belles scènes, merci pour le partage

thieum

On s'y croirait!! :)  ;D
De superbes images, merci de les partager!!

Larchi

Très beau reportage, toujours aussi bien documenté.
Le regard des lionnes, implacable et déterminé, me fascine. Leurs moeurs, leurs chasses, leur abnégation, leur courage, leur ruse, je suis toujours émerveillé devant tant de beauté brute.
Les images 145 et 146 sont superbes.
Sur la photo de copulation : on sait que l'acte est douloureux pour la femelle à cause de l'anatomie "en harpon" du mâle, ce qui montre souvent des attitudes agressives à l'image. Sur cette photo en particulier, la férocité est parfaitement retranscrite par les attitudes des deux intéressés. J'adore les babines retroussées et le regard du mâle sur la lionne, le rictus sauvage de la femelle...
C'est magnifique ! Merci Robert.

jmr87

Tu nous fais partager avec toujours autant de bonheur des scènes exceptionnelles!

robsou

Merci pour vos commentaires. 

A propos du bâillement chez les Lions, une étude récente publiée en avril de cette année dans la revue scientifique Animal Behavior, a soutenu l'hypothèse d'une fonction de communication sociale du bâillement, à savoir son effet de contagiosité comme cela avait déjà été montré chez l'humain et chez d'autres espèces. Plus spécifiquement, les bâillements des Lions qui prédominent durant les périodes de relaxation sont aussi plus fréquents lorsque des membres d'une troupe voient un autre Lion en train de bailler, ce qui selon les auteurs de l'étude, favoriserait la synchronisation motrice et la coordination/cohésion sociale du groupe.

Citation de: Kodjock le Avril 10, 2021, 09:20:10
Ah j'attendais les lions ! Les incontournables d'un safari dans le Mara ! Le bâillement de la lionne est très réussi ! Superbe netteté qui permet de distinguer un dentition encore parfaite, signe d'un sujet jeune. Bel instant saisi pour l'accouplement, mais ma préférée est peut être la lionne 144 et ce regard qui manifestement a accroché quelque chose !

robsou

Merci Loïc pour ces commentaires détaillés.

Robert

Citation de: Larchi le Avril 12, 2021, 12:35:04
Très beau reportage, toujours aussi bien documenté.
Le regard des lionnes, implacable et déterminé, me fascine. Leurs moeurs, leurs chasses, leur abnégation, leur courage, leur ruse, je suis toujours émerveillé devant tant de beauté brute.
Les images 145 et 146 sont superbes.
Sur la photo de copulation : on sait que l'acte est douloureux pour la femelle à cause de l'anatomie "en harpon" du mâle, ce qui montre souvent des attitudes agressives à l'image. Sur cette photo en particulier, la férocité est parfaitement retranscrite par les attitudes des deux intéressés. J'adore les babines retroussées et le regard du mâle sur la lionne, le rictus sauvage de la femelle...
C'est magnifique ! Merci Robert.

robsou

Je poursuis avec une dernière série sur les Lions. Quelques commentaires sur la crinière des mâles qui se développe à la puberté et qui varie dans des aspects comme la couleur (du brun/fauve clair jusqu'au brun foncé et dans certains cas noire) et la taille (de légère ou absente jusqu'au long et épais revêtement qui couvre les épaules et la poitrine). 
Il est établi que les facteurs thermiques, nutritionnels et hormonaux influencent la taille et la couleur des crinières. Toutefois, on a avancé l'hypothèse que des variations de ces deux caractéristiques phénotypiques seraient aussi le résultat de la sélection sexuelle afin d'accroître le succès reproducteur lors de la compétition entre mâles pour conquérir des femelles ou lors du choix de mâles plus attractifs par des femelles (il peut y avoir une synchronisation des chaleurs chez les lionnes, et si celles-ci  sont assez nombreuses, les femelles surnuméraires – qui ne sont pas surveillées – pourront choisir librement parmi les mâles de la coalition).   Cette hypothèse a été validée par des expériences où des chercheurs ont diffusé les rugissements d'une lionne inconnue à des coalitions de deux à trois mâles. L'étude avait mis en évidence que les mâles à la crinière noire ou plus foncée (leurs niveaux de testostérone sanguine sont plus élevés) étaient plus susceptibles de diriger la coalition et de s'approcher de la zone de diffusion des rugissements. Par ailleurs, des femelles s'étaient dirigées plus vers des leurres de mâles aux crinières longues et sombres que vers des modèles portant une crinière claire, alors que les mâles avaient évité des modèles aux crinières plus sombres et s'étaient plus rapprochés de modèles à crinière courte.  Les observations sur le terrain ont également révélé que les femelles surnuméraires en œstrus préfèreront s'accoupler avec un mâle à la crinière la plus foncée de leur coalition.

148 et 149

robsou

150 et 151

robsou


robsou


robsou


jmr87

Encore de somptueuses images accompagnées d'informations fort instructives..

Berzou

#396
C'est ca le Lion's club ?
;)
Intéressant

Des photos très réalistes !  Enfin je suppose, car je n'ai jamais vu l'original
Bravo !

Si j'ai bien lu ton commentaire,  je comprends que le rugissement permet de deviner la couleur de la crinière ? Enfin pour une lionne... ;)

Roland Ripoll

Excellentes images dans cette dernière série ! Bravo !
Etre simple pour être vrai

Ludo37

Encore excellente cette série ! C'est magnifique bravo à toi Robert .
Amicalement.
Ludo

Henrid

De belles photos accompagnées d'explications intéressantes.
Henri