Petits secrets de fleurs...

Démarré par Roland Ripoll, Juin 29, 2022, 10:28:01

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robsou

De jolies images du Cyclamen De Naples accompagnées d'intéressantes informations.

Robert

Roland Ripoll

Merci !

Le cornouiller sanguin, Le Laurier-tin: plus de fleurs que de fruits...

On observe chez le Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), mais également chez d'autres plantes et arbustes comme le Laurier-tin, qu'il y a toujours un grand décalage entre la profusion de fleurs et le peu de fruits qui arrivent à maturité. La plante semble donc produire plus de fleurs que nécessaire... Quel intérêt et pourquoi donc ?

Laurier-tin




Vers la mi-août, après la floraison et après la fécondation, des petits fruits ronds et charnus apparaissent. De couleur verte, ils deviennent peu à peu d'un beau noir bleuté. Ces fruits, qui persistent parfois jusqu'en hiver, font le régal des petits passereaux. Mais si on regarde de près, on s'aperçoit qu'il y a toujours peu de fruits par rapport au nombre de fleurs qu'il y avait au départ.

Cornouiller sanguin




Laurier-tin




Une étude menée pendant 5 ans en Espagne sur le Cornouiller sanguin a confirmé ce fait. Elle a montré que la production de fruits reste toujours inférieure de 25% par rapport au nombre initial de fleurs. En moyenne, si une inflorescence porte 50 fleurs elle  ne produit au final que 10 fruits. Soit près de 80% de fleurs qui ne servent à rien. Mais sont-elles vraiment inutiles ?

Cornouiller sanguin




L'hypothèse avancée par les chercheurs est celle de la "réserve d'ovaires". La plante produirait toujours beaucoup plus de fleurs que nécessaire avant la fécondation, prévoyant le cas où elle subirait des dommages (dus aux insectes ou à la météo). Sur le grand nombre de fleurs, et quelque soient les dégâts, il en resterait toujours assez  pour assurer la fructification.



Après la fécondation par les insectes, la plante, économisant ses dépenses énergétiques, ne transformerait  alors  qu'une petite partie des fleurs en fruits,  suffisant à la perpétuation de l'espèce...
Etre simple pour être vrai

Clic-Clac 51

La nature est qu'en même bien  faite
Merci Roland de partager
Amicalement Denis ;)

jmr87

Un grand bravo pour ce remarquable travail d'encyclopédiste qui devrait être publié.

ChrisC06

Merci Roland...  ;)
La nature est bien faite et, toi, tu sais bien nous le montrer !
Chris

robsou

Une histoire de fleurs joliment illustrée.

Robert

briançon05

Bravo pour ton travail méticuleux et très intéressant ! les photos sot très belles :)
SONY A9 - A6400 - 7d

Ludo37

Citation de: briançon05 le Février 08, 2024, 20:34:54
Bravo pour ton travail méticuleux et très intéressant ! les photos sot très belles :)
Idem pour moi bravo Roland .
Amicalement.
Ludo

JP.QUINOT

C'est toujours avec le même plaisir que viens sur ton fil pour m'émerveiller avec tes jolies photos et enrichir mes faibles connaissances.
Bravo Roland et merci pour le partage.
Amicalement Jean Paul

Roland Ripoll

Merci !

Déminage végétal ?

Des chercheurs américains ont intégré dans le génome de l'Arabette des dames (Arabidopsis thaliana) un gène qui change la pigmentation des feuilles. Celles-ci passant du vert au rouge-violet mais uniquement et seulement en présence de dioxyde d'azote, un gaz dégagé par les mines sous terre. Les plantes changent donc de couleur lorsqu'elles se trouvent en présent ou à proximité des explosifs.





Grâce à des canons particuliers projetant les graines de cette plante, il est possible d'ensemencer un terrain, suspecté d'être un champ de mines et de pouvoir détecter, grâce à la couleur des plantes, s'il y a ou non des engins explosifs. Le temps plutôt court de germination de la plante, la grande quantité de graines semées et l'importante superficie de terrain traité sont prometteurs. Surtout quand on sait que, à l'heure actuelle et avec les moyens dont on dispose, on ne peut traiter que 2 m2 par jour et par personne...

"Le Pouvoir des plantes" Valentin Hammoudi


Etre simple pour être vrai

Clic-Clac 51

Toujours aussi instructif
Merci Roland de partager
Amicalement Denis ;)

Seb65

Si j'arrive à l'identifier un jour et que j'observe ce changement de couleur, alors je ferai attention où je mets les pieds !  ;D  Merci Roland pour le partage de ce savoir !  :)

briançon05

Une suite toujours intéressante ! :)
SONY A9 - A6400 - 7d

ChrisC06

Citation de: Clic-Clac 51 le Avril 23, 2024, 10:22:04Toujours aussi instructif
Merci Roland de partager
Amicalement Denis ;)
+1 ... Tout à fait du même avis...  ;)
Chris

Roland Ripoll

C'est un merci tardif à vous tous mais sincère !

L'Orobanche du lierre, voleuse de sève...

Les Orobanches se caractérisent toutes par l'absence totale de chlorophylle, ce qui les rend obligatoirement dépendantes d'une hôte qu'elles parasitent au niveau de ses racines afin d'assurer leur alimentation en eau et en matières carbonées. On les appelle des plantes "holoparasites" (du grec "holo" pour entièrement).

Pour prélever la nourriture chez la plante hôte, toutes les plantes parasites possèdent un organe spécifique qu'on appelle l'haustorium (du latin haustos "puiser"). Cet organe permet d'abord la fixation puis la pénétration et ensuite l'invasion de l'hôte vers son système vasculaire où circulent les sèves.



L'Orobanche du lierre ne fait pas exception à la règle. Ses graines sont très petites et ne disposent donc que de très peu de réserves. Si la graine commence à germer, elle doit très vite trouver un hôte à parasiter. Comment fait-elle ? La graine a en fait la particularité de pouvoir détecter les substances chimiques émises par les racines de la plante hôte et de réagir à leur présence.



Cette réaction se manifeste par l'allongement de la radicule (première racine élaborée par l'embryon au début de la germination). Mais cet allongement est infime (pas plus de 5 mm) d'où la nécessité de savoir à coup sûr qu'une racine hôte est très proche.



Dès que le contact est établi entre les deux racines, la radicule se transforme en haustorium (des cellules sécrètent alors des sucres collants qui facilitent l'adhésion). L'haustorium développe peu à peu des cellules intrusives qui envahissent l'intérieur de la racine hôte et  sécrète des enzymes pour dissoudre les cellules du lierre. Les cellules de l'Orobanche s'insinuent donc en force jusqu'à atteindre les vaisseaux conducteurs de sèves...



D'après mes observations (qui n'ont rien de scientifiques) le lierre n'a pas l'air de souffrir de ce parasitisme assez violent...
Etre simple pour être vrai

Roland Ripoll

Je n'ai pas trouvé dans la littérature ni sur le Net d'études sur les conséquences du parasitisme sur les plantes hôtes. La logique toutefois voudrait que la plante parasite ne "tue" pas sa victime afin d'en profiter au maximum. Elle n'aurait aucun intérêt à épuiser la plante hôte et se nuirait à elle-même.
Etre simple pour être vrai

robsou

Des informations intéressantes sur les Orobanches que je ne connaissais pas.

Robert

Clic-Clac 51

Citation de: robsou le Juin 28, 2024, 11:36:50Des informations intéressantes sur les Orobanches que je ne connaissais pas.
Il en est de même pour moi
Merci Roland
Amicalement Denis ;)

ChrisC06

Citation de: robsou le Juin 28, 2024, 11:36:50Des informations intéressantes sur les Orobanches que je ne connaissais pas.

Robert
+1... Tout pareil...  ;)
Chris

Roland Ripoll

Merci !

Les vrilles de la Bryone...

La jeune vrille apparaît sous forme d'une spirale serrée qui se déplie, s'allonge et tourne sur elle-même à la recherche d'un support ; dès qu'elle entre en contact et frotte sur un support rugueux, elle réagit très vite grâce à des micro-coussinets tactiles en s'enroulant autour assurant ainsi l'accrochage définitif au support. Et là, la vrille entreprend une transformation extraordinaire, celle d'un double enroulement en ressort à boudins très élastique et souple qui rapproche la tige du support choisi. La bryone devient ainsi capable de grimper plus haut et d'assurer le maintien du poids de ses tiges qui vont se charger de fleurs et de fruits (pour les pieds femelles)



La vrille, torsadée, enroulée en ressort, a quelque chose de remarquable elle est d'abord enroulée dans un sens, suivie d'un court segment plus ou moins droit, puis s'enroule dans le sens contraire ; en général elle le fait deux fois mais parfois sur de longues vrilles on peut avoir ainsi trois ressorts successifs ainsi espacés.

A noter que la vrille tourne d'abord dans le sens des aiguilles d'une montre puis, après le segment droit, tourne en sens inverse... C'est ce qu'en termes scientifiques on appelle la "chiralité".



Cette inversion du sens des spirales a été étudiée par une branche des mathématiques appelée la topologie qui traite des changements de forme dans l'espace par des transformations continues comme les célèbres anneaux de Möbius. Ce serait J. B. Listing (1802-1882) qui aurait pour la première fois proposé le terme de perversion pour désigner cet état adopté par divers matériaux soumis à un étirement continu : deux spirales en sens inverse séparées par un espace « neutre ». Ce mot dérive de l'adjectif latin "perversus" utilisé par les spécialistes des coquillages pour désigner des coquilles d'escargots marins enroulées en sens inverse de la normale.



Cette "perversion", c'est-à-dire ce double enroulement, rendrait la bryone dioïque très performante pour résister aux secousses surtout quand on sait qu'elle peut facilement s'élancer à la conquête des sommets sur une hauteur de 3 à 4 mètres !



Etre simple pour être vrai

Clic-Clac 51

La nature est qu'en même bien faite
Amicalement Denis ;)

robsou

Des informations intéressantes sur les propriétés d'une plante à vrille.

Robert

Caloux

Ah, ces vrilles dans un sens et dans l'autre ! tout ce que je détestais sur le téléphone au bureau !  :D
Amitiés. Pascal

lekairos

Citation de: Roland Ripoll le Août 08, 2024, 10:21:05Merci !

Les vrilles de la Bryone...

La jeune vrille apparaît sous forme d'une spirale serrée qui se déplie, s'allonge et tourne sur elle-même à la recherche d'un support ; dès qu'elle entre en contact et frotte sur un support rugueux, elle réagit très vite grâce à des micro-coussinets tactiles en s'enroulant autour assurant ainsi l'accrochage définitif au support. Et là, la vrille entreprend une transformation extraordinaire, celle d'un double enroulement en ressort à boudins très élastique et souple qui rapproche la tige du support choisi. La bryone devient ainsi capable de grimper plus haut et d'assurer le maintien du poids de ses tiges qui vont se charger de fleurs et de fruits (pour les pieds femelles)



La vrille, torsadée, enroulée en ressort, a quelque chose de remarquable elle est d'abord enroulée dans un sens, suivie d'un court segment plus ou moins droit, puis s'enroule dans le sens contraire ; en général elle le fait deux fois mais parfois sur de longues vrilles on peut avoir ainsi trois ressorts successifs ainsi espacés.

A noter que la vrille tourne d'abord dans le sens des aiguilles d'une montre puis, après le segment droit, tourne en sens inverse... C'est ce qu'en termes scientifiques on appelle la "chiralité".



Cette inversion du sens des spirales a été étudiée par une branche des mathématiques appelée la topologie qui traite des changements de forme dans l'espace par des transformations continues comme les célèbres anneaux de Möbius. Ce serait J. B. Listing (1802-1882) qui aurait pour la première fois proposé le terme de perversion pour désigner cet état adopté par divers matériaux soumis à un étirement continu : deux spirales en sens inverse séparées par un espace « neutre ». Ce mot dérive de l'adjectif latin "perversus" utilisé par les spécialistes des coquillages pour désigner des coquilles d'escargots marins enroulées en sens inverse de la normale.



Cette "perversion", c'est-à-dire ce double enroulement, rendrait la bryone dioïque très performante pour résister aux secousses surtout quand on sait qu'elle peut facilement s'élancer à la conquête des sommets sur une hauteur de 3 à 4 mètres !





Très belles brochettes de vrilles. Et merci pour les infos.

ChrisC06

On n'est jamais déçu quand on passe par chez toi, Roland...  ;)
Chris