Petits secrets de fleurs...

Démarré par Roland Ripoll, Juin 29, 2022, 10:28:01

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jmr87

Un grand bravo pour ce remarquable travail d'encyclopédiste qui devrait être publié.

ChrisC06

Merci Roland...  ;)
La nature est bien faite et, toi, tu sais bien nous le montrer !
Chris

robsou

Une histoire de fleurs joliment illustrée.

Robert

briançon05

Bravo pour ton travail méticuleux et très intéressant ! les photos sot très belles :)
SONY A9 - A6400 - 7d

Ludo37

Citation de: briançon05 le Février 08, 2024, 20:34:54
Bravo pour ton travail méticuleux et très intéressant ! les photos sot très belles :)
Idem pour moi bravo Roland .
Amicalement.
Ludo

JP.QUINOT

C'est toujours avec le même plaisir que viens sur ton fil pour m'émerveiller avec tes jolies photos et enrichir mes faibles connaissances.
Bravo Roland et merci pour le partage.
Amicalement Jean Paul

Roland Ripoll

Merci !

Déminage végétal ?

Des chercheurs américains ont intégré dans le génome de l'Arabette des dames (Arabidopsis thaliana) un gène qui change la pigmentation des feuilles. Celles-ci passant du vert au rouge-violet mais uniquement et seulement en présence de dioxyde d'azote, un gaz dégagé par les mines sous terre. Les plantes changent donc de couleur lorsqu'elles se trouvent en présent ou à proximité des explosifs.





Grâce à des canons particuliers projetant les graines de cette plante, il est possible d'ensemencer un terrain, suspecté d'être un champ de mines et de pouvoir détecter, grâce à la couleur des plantes, s'il y a ou non des engins explosifs. Le temps plutôt court de germination de la plante, la grande quantité de graines semées et l'importante superficie de terrain traité sont prometteurs. Surtout quand on sait que, à l'heure actuelle et avec les moyens dont on dispose, on ne peut traiter que 2 m2 par jour et par personne...

"Le Pouvoir des plantes" Valentin Hammoudi


Etre simple pour être vrai

Clic-Clac 51

Toujours aussi instructif
Merci Roland de partager
Amicalement Denis ;)

Seb65

Si j'arrive à l'identifier un jour et que j'observe ce changement de couleur, alors je ferai attention où je mets les pieds !  ;D  Merci Roland pour le partage de ce savoir !  :)

briançon05

Une suite toujours intéressante ! :)
SONY A9 - A6400 - 7d

ChrisC06

Citation de: Clic-Clac 51 le Avril 23, 2024, 10:22:04Toujours aussi instructif
Merci Roland de partager
Amicalement Denis ;)
+1 ... Tout à fait du même avis...  ;)
Chris

Roland Ripoll

C'est un merci tardif à vous tous mais sincère !

L'Orobanche du lierre, voleuse de sève...

Les Orobanches se caractérisent toutes par l'absence totale de chlorophylle, ce qui les rend obligatoirement dépendantes d'une hôte qu'elles parasitent au niveau de ses racines afin d'assurer leur alimentation en eau et en matières carbonées. On les appelle des plantes "holoparasites" (du grec "holo" pour entièrement).

Pour prélever la nourriture chez la plante hôte, toutes les plantes parasites possèdent un organe spécifique qu'on appelle l'haustorium (du latin haustos "puiser"). Cet organe permet d'abord la fixation puis la pénétration et ensuite l'invasion de l'hôte vers son système vasculaire où circulent les sèves.



L'Orobanche du lierre ne fait pas exception à la règle. Ses graines sont très petites et ne disposent donc que de très peu de réserves. Si la graine commence à germer, elle doit très vite trouver un hôte à parasiter. Comment fait-elle ? La graine a en fait la particularité de pouvoir détecter les substances chimiques émises par les racines de la plante hôte et de réagir à leur présence.



Cette réaction se manifeste par l'allongement de la radicule (première racine élaborée par l'embryon au début de la germination). Mais cet allongement est infime (pas plus de 5 mm) d'où la nécessité de savoir à coup sûr qu'une racine hôte est très proche.



Dès que le contact est établi entre les deux racines, la radicule se transforme en haustorium (des cellules sécrètent alors des sucres collants qui facilitent l'adhésion). L'haustorium développe peu à peu des cellules intrusives qui envahissent l'intérieur de la racine hôte et  sécrète des enzymes pour dissoudre les cellules du lierre. Les cellules de l'Orobanche s'insinuent donc en force jusqu'à atteindre les vaisseaux conducteurs de sèves...



D'après mes observations (qui n'ont rien de scientifiques) le lierre n'a pas l'air de souffrir de ce parasitisme assez violent...
Etre simple pour être vrai

Roland Ripoll

Je n'ai pas trouvé dans la littérature ni sur le Net d'études sur les conséquences du parasitisme sur les plantes hôtes. La logique toutefois voudrait que la plante parasite ne "tue" pas sa victime afin d'en profiter au maximum. Elle n'aurait aucun intérêt à épuiser la plante hôte et se nuirait à elle-même.
Etre simple pour être vrai

robsou

Des informations intéressantes sur les Orobanches que je ne connaissais pas.

Robert

Clic-Clac 51

Citation de: robsou le Juin 28, 2024, 11:36:50Des informations intéressantes sur les Orobanches que je ne connaissais pas.
Il en est de même pour moi
Merci Roland
Amicalement Denis ;)

ChrisC06

Citation de: robsou le Juin 28, 2024, 11:36:50Des informations intéressantes sur les Orobanches que je ne connaissais pas.

Robert
+1... Tout pareil...  ;)
Chris

Roland Ripoll

Merci !

Les vrilles de la Bryone...

La jeune vrille apparaît sous forme d'une spirale serrée qui se déplie, s'allonge et tourne sur elle-même à la recherche d'un support ; dès qu'elle entre en contact et frotte sur un support rugueux, elle réagit très vite grâce à des micro-coussinets tactiles en s'enroulant autour assurant ainsi l'accrochage définitif au support. Et là, la vrille entreprend une transformation extraordinaire, celle d'un double enroulement en ressort à boudins très élastique et souple qui rapproche la tige du support choisi. La bryone devient ainsi capable de grimper plus haut et d'assurer le maintien du poids de ses tiges qui vont se charger de fleurs et de fruits (pour les pieds femelles)



La vrille, torsadée, enroulée en ressort, a quelque chose de remarquable elle est d'abord enroulée dans un sens, suivie d'un court segment plus ou moins droit, puis s'enroule dans le sens contraire ; en général elle le fait deux fois mais parfois sur de longues vrilles on peut avoir ainsi trois ressorts successifs ainsi espacés.

A noter que la vrille tourne d'abord dans le sens des aiguilles d'une montre puis, après le segment droit, tourne en sens inverse... C'est ce qu'en termes scientifiques on appelle la "chiralité".



Cette inversion du sens des spirales a été étudiée par une branche des mathématiques appelée la topologie qui traite des changements de forme dans l'espace par des transformations continues comme les célèbres anneaux de Möbius. Ce serait J. B. Listing (1802-1882) qui aurait pour la première fois proposé le terme de perversion pour désigner cet état adopté par divers matériaux soumis à un étirement continu : deux spirales en sens inverse séparées par un espace « neutre ». Ce mot dérive de l'adjectif latin "perversus" utilisé par les spécialistes des coquillages pour désigner des coquilles d'escargots marins enroulées en sens inverse de la normale.



Cette "perversion", c'est-à-dire ce double enroulement, rendrait la bryone dioïque très performante pour résister aux secousses surtout quand on sait qu'elle peut facilement s'élancer à la conquête des sommets sur une hauteur de 3 à 4 mètres !



Etre simple pour être vrai

Clic-Clac 51

La nature est qu'en même bien faite
Amicalement Denis ;)

robsou

Des informations intéressantes sur les propriétés d'une plante à vrille.

Robert

Caloux

Ah, ces vrilles dans un sens et dans l'autre ! tout ce que je détestais sur le téléphone au bureau !  :D
Amitiés. Pascal

lekairos

Citation de: Roland Ripoll le Août 08, 2024, 10:21:05Merci !

Les vrilles de la Bryone...

La jeune vrille apparaît sous forme d'une spirale serrée qui se déplie, s'allonge et tourne sur elle-même à la recherche d'un support ; dès qu'elle entre en contact et frotte sur un support rugueux, elle réagit très vite grâce à des micro-coussinets tactiles en s'enroulant autour assurant ainsi l'accrochage définitif au support. Et là, la vrille entreprend une transformation extraordinaire, celle d'un double enroulement en ressort à boudins très élastique et souple qui rapproche la tige du support choisi. La bryone devient ainsi capable de grimper plus haut et d'assurer le maintien du poids de ses tiges qui vont se charger de fleurs et de fruits (pour les pieds femelles)



La vrille, torsadée, enroulée en ressort, a quelque chose de remarquable elle est d'abord enroulée dans un sens, suivie d'un court segment plus ou moins droit, puis s'enroule dans le sens contraire ; en général elle le fait deux fois mais parfois sur de longues vrilles on peut avoir ainsi trois ressorts successifs ainsi espacés.

A noter que la vrille tourne d'abord dans le sens des aiguilles d'une montre puis, après le segment droit, tourne en sens inverse... C'est ce qu'en termes scientifiques on appelle la "chiralité".



Cette inversion du sens des spirales a été étudiée par une branche des mathématiques appelée la topologie qui traite des changements de forme dans l'espace par des transformations continues comme les célèbres anneaux de Möbius. Ce serait J. B. Listing (1802-1882) qui aurait pour la première fois proposé le terme de perversion pour désigner cet état adopté par divers matériaux soumis à un étirement continu : deux spirales en sens inverse séparées par un espace « neutre ». Ce mot dérive de l'adjectif latin "perversus" utilisé par les spécialistes des coquillages pour désigner des coquilles d'escargots marins enroulées en sens inverse de la normale.



Cette "perversion", c'est-à-dire ce double enroulement, rendrait la bryone dioïque très performante pour résister aux secousses surtout quand on sait qu'elle peut facilement s'élancer à la conquête des sommets sur une hauteur de 3 à 4 mètres !





Très belles brochettes de vrilles. Et merci pour les infos.

ChrisC06

On n'est jamais déçu quand on passe par chez toi, Roland...  ;)
Chris

Seb65

Très instructif. En est-il de même des autres vrilles, notamment celles des cucurbitacés style concombre ?

Roland Ripoll

Merci à vous tous !

Citation de: Seb65 le Août 25, 2024, 17:29:15En est-il de même des autres vrilles, notamment celles des cucurbitacés style concombre ?
Oui Seb, c'est exactement la même chose. Et désolé de répondre si tard à ta question.


Limodore, Lamier, Violette et cléistogamie...

Le Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum) est une orchidée à feuilles réduites à de petites écailles. Il a la particularité de ne pas produire de chlorophylle et d'être une plante parasite qui puise les éléments dont il a besoin sur les racines des arbres avoisinants.

Limodore à feuilles avortées


Mais sa principale particularité, comme quelques autres plantes,  est d'être cléisotogame... Ca veut dire quoi ?

La cléistogamie  désigne la possibilité pour certaines espèces végétales de se reproduire par autopollinisation avec des fleurs qui ne s'ouvrent pas.
Les plantes cléistogames produisent deux sortes de fleurs: les classiques, celles qu'on cueille, qui sont belles, qui sentent bon et qu'on peut voir à la belle saison (fleurs chastogames) et les autres, petites, insignifiantes, sortes d'avortons, qui ne s'ouvrent jamais (fleurs cléistogames).

Lamier embrassant


Violette odorante (fleur chasmogame)


Violette odorante (fleurs cleistogames)


les fleurs cléistogames passent souvent inaperçues aux yeux des humains mais aussi des insectes pollinisateurs. Mais pourquoi donc ? Pourquoi la plante se complique-t-elle la vie à faire deux types de fleurs ? Sans doute parce qu'elle veut absolument se reproduire, assurer sa descendance, en jouant sur deux tableaux: fécondation croisée et autofécondation. L'avantage d'une fleur cléistogame est qu'elle ne dépend pas  des pollinisateurs.



Il faut savoir qu'une plante dépense beaucoup d'énergie à se parer de belles fleurs colorées pour attirer les pollinisateurs. Or si, pour une quelconque raison, les insectes ne se présentent pas au bon moment, la reproduction risque d'être  un échec. Toute cette énergie aura été dépensée pour rien.

La cléistogamie est, pour certaines plantes, comme le "Lamier embrassant" ou la "Violette odorante", une façon de se prémunir de ce risque, une "garantie reproduction" en quelque sorte. En se fécondant elles-mêmes, elles assurent la production de graines en l'absence de pollinisateurs. Ne dit-on pas qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même ?



Il arrive même que cette autofécondation se passe sous terre comme pour le "Limodore à feuilles avortées" qui développe des fleurs souterraines que ne voient jamais la lumière du jour.



La cléistogamie permet aussi,  en se protégeant de tout pollen étranger. de préserver l'adaptation  et les populations locales dans des environnements dans lesquels les plantes se reproduisent avec succès et n'ont pas besoin de matériel génétique nouveau ni de s'hybrider.

Violette odorante


Les plantes cléistogames sont relativement rares. Si on compte près de 400 000 espèces de plantes à fleurs sur la planète, 500 d'entre elles seulement ont ce mode de reproduction qui passe souvent inaperçu...

Etre simple pour être vrai

Mex (alias Jmc)

Décidément tu es intarissable Roland

très belle fleur..
 une Orchidée que je vois certainement pour la première fois!
Jean mi