Petits secrets d'oiseaux

Démarré par Roland Ripoll, Janvier 15, 2026, 10:48:23

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Roland Ripoll

Merci beaucoup à vous tous !

15. Les oiseaux dans la langue française

En français, on emploie souvent le mot oiseau pour désigner un tas de choses: chanter comme un oiseau signifie chanter joyeusement. On est alors gai comme un pinson. Avoir un appétit d'oiseau signifie manger très peu. Une cervelle d'oiseau est un esprit léger, insouciant, étourdi, et un individu qui choisit de vivre comme un oiseau, le fait sans souci du lendemain. Être libre comme un oiseau signifie n'avoir aucune entrave. Se faire traiter de noms d'oiseaux signifie se faire copieusement insulter.

Dans le langage populaire, un oiseau désigne un individu, avec un sens plutôt négatif: un drôle d'oiseau. Un oiseau de passage désigne un individu dont on n'entendra plus parler une fois parti, un oiseau de mauvais augure est un porteur de mauvaises nouvelles. Un oiseau de nuit est un noctambule. Un oiseau rare est une personne introuvable ou que l'on cherche à contacter mais qui se rend peu disponible.

Bon nombre d'expressions sont souvent liées à des espèces précise : faire le paon pour faire le beau,
 
être un pigeon pour être un naïf,


une oie pour une jeune femme naïve


être une mère poule pour une mère très attentionnée. Les termes vautour, corbeau, rapace et ainsi que ceux partagés par d'autres charognards ne sont jamais des qualificatifs plaisants.

Les oiseaux ne passent généralement pas pour être très intelligents, tout comme l'humain qui a une  cervelle de moineau
ou une tête de linotte,


la bécasse – ou bécassine, jeune fille niaise popularisée par la bande dessinée, la dinde, femme stupide, l'oie ou l'oie blanche, plus jeune et innocente, ou même l'alouette qui se laisse piéger dans les miroirs aux alouettes. On peut aussi être bavard comme un geai, comme une perruche, ou comme une pie.

On trouve aussi le butor, brutal et sans manières, la chouette - ou la vieille chouette, vieille, laide et acariâtre
avec son correspondant masculin, le vieux hibou


le vilain merle, qui peut être un « drôle de moineau », le canard boiteux mal adapté à son milieu, l'autruche qui refuse de voir le danger et fait « la politique de l'autruche ».
Le coq agressif et prétentieux - en particulier le jeune coq, "fier comme un paon", le corbeau, auteur de messages anonymes, le dindon de la farce, le manchot malhabile et maladroit, le faucon belliqueux, le vautour et autres rapaces de la finance que devrait traquer le poulet, la poule – qui peut être, version homme, une poule mouillée ou, version femme, une poule de luxe, version haut de gamme de la grue, qui n'est qu'une simple prostituée.

Même un objet peut se voir attribuer un nom d'oiseau comme le rossignol toujours invendable...
Etre simple pour être vrai

al1sth

C'est toujours un plaisir de te lire
Alain Lalieu.

Harvey

Un Chouette fil !   ::) 

Bizarrement, j'ai oublié de poster avec la p'tite bleue ? Donc je suis une tête de Linotte.  8)  :D

Un très (chouette) beau fil avec de très très belles images et des textes impeccables. Merci pour ce bon moment passé ici.  ;)  ;)

Charly 84

Très chouette tout ça et tellement vrai.

Bravo Roland

philou_m


Clic-Clac 51

Une belle MàJ
Que j'ai plus plaisir à lire et à contempler
Encore bravo Roland
Amicalement Denis ;)

urka

Des photos qui subliment les textes: Superbe!
André.

M13

Bravo et merci Roland pour cet énorme travail et pour la qualité des images sans oublier les explications! ;)
dx-Man - Nikon d300s d700 d850

Le Gobelin

Beau post Roland.

Je me permets d'ajouter "être le vilain petit canard", ou quand on a l'air idiot "on dirait une poule qui a trouvé un couteau", ou "être une vraie buse".... Et il en existe tant d'autres...  ;D

--Eric--

Une bien jolie suite , bien documentée comme tjrs.

robsou

De jolies images et un inventaire intéressant d'expressions populaires métaphoriques empreintes le plus souvent d'anthropocentrisme ou d'anthropomorphisme qui heureusement ne reflètent pas nécessairement la réalité des données scientifiques.

Robert

ChrisC06

Un grand merci, Roland, pour cette excellente mise à jour...  ;)
Comme toujours, un régal pour les yeux et pour le cerveau !
Chris

Roland Ripoll

Grand merci à vous tous !

17. Les yeux des rapaces  

Les yeux des rapaces sont très volumineux par rapport à leur taille. Ceux de l'aigle, par exemple, sont en proportion plus gros que ceux de l'homme qui, ramenés à la même échelle, auraient la taille de pamplemousses...







Or, à taille égale, l'œil d'un  rapace a une résolution 2 à 3 fois supérieure à la notre (par exemple, l'acuité visuelle du faucon, malgré la faible taille de son œil, est 2,5 fois supérieure à celle de l'homme). Ainsi un faucon peut discerner un objet de 2 mm à une hauteur de 18 m et un aigle peut discerner un objet de 16 cm à 1500 m de hauteur, de même qu'un œil de rapace, véritable télescope, peut détecter un objet 3 à 8 fois plus éloigné que ne le fait l'œil humain (8 fois si l'objet est très brillant, 3 fois s'il se confond avec l'environnement). L'aigle possède en effet un globe oculaire très gros et possède plus de "cônes" et moins de "bâtonnets" que l'œil humain, ce qui lui donne une vue 7 à 8 fois supérieure !

Qui plus est,  les oiseaux de proie diurnes, en particulier les buses et les aigles possèdent une arcade sourcilière prononcée qui agit comme un pare-soleil ou une casquette, protégeant ainsi du soleil. Les faucons ont des moustaches noires ou foncées sous les yeux qui absorbent les rayons du soleil, les empêchant ainsi d'être éblouis.





Leur cou étant doté d'une extrême mobilité, les rapaces peuvent effectuer une rotation de la tête de 270° qui leur assure un champ de vision quasiment unique dans le monde animal. La fovéa (zone la plus sensible de la rétine) comporte 5 fois plus de cellules que chez l'homme et les rapaces diurnes possèdent deux fovéas (contrairement aux nocturnes qui n'en ont qu'une), une sur le bord de la rétine, et une autre, centrale, qui joue le rôle de loupe (en grossissant une partie de l'image, elle rend certains détails perceptibles).

La fovéa centrale lui permet donc  d'avoir une vision très pointue au centre en "zoomant" sur la proie, la fovéa latérale lui offrant la possibilité de voir largement son environnement jusque sous ses pattes pour se situer dans l'espace.

Les dispositions de ces fovéas confèrent aux rapaces un champ de vision exceptionnel de 110 °.



Enfin, les rapaces sont dotés d'un véritable « logiciel de traitement d'image ». En effet, les dernières observations des chercheurs montrent que les yeux de rapaces sont capables d'amplifier la lumière (comme le ferait un réflecteur), et d'accentuer les contrastes en modifiant la température des couleurs par une intensification des couleurs chaudes (orangées) et une extinction des couleurs froides (bleutées).

Contrairement aux primates  dont la vision est tri chromique, leur vision est quadri chromique, puisqu'ils possèdent la capacité de voir certains ultra-violets. Tout ceci se traduit, pour le rapace, par un meilleur repérage grâce à une augmentation des détails. Il peut de ce fait distinguer un animal qui se fond dans la couleur de son environnement, supprimant ainsi l'avantage du mimétisme de la proie...

Etre simple pour être vrai

January

Toujours très plaisant et instructif de parcourir ce fil. Merci pour ce partage accompagné de très belles photos.

ChrisC06

Cette mise à jour est superbe, Roland...  ;)
De magnifiques images accompagnées d'informations super intéressantes ! Merci !
Chris

Clic-Clac 51

Ah oui...une superbe MàJ ::)  ::)  ::)
Toujours aussi agréable à regarder et on y apprend beaucoup de choses
Un grand bravo Roland
Amicalement Denis ;)

Charly 84

En plus des magnifiques images, la documentation est très enrichissante.

Bravo et merci pour tout le mal que tu te donne pour nous instruire.

al1sth

Ces regards ! Et merci pour précisions les accompagnant
Alain Lalieu.