On me demande une de mes photos, moi qui pensait que ça m'arriverait jamais

Démarré par Katana, Mars 06, 2014, 16:45:27

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Jean-Henri Lambert

Oui la nécessité d'adaptation n'est en rien une nouveauté, c'était même au coeur de mon propos.

Par contre la pertinence économique de bien des types d'activités photographiques est profondément affecté.

Il y a de nombreuses et pratiques et de nombreux marchés qui ne valent plus la peine qu'on se batte pour eux.

Et comme tu le pointes du doigt, un des enjeux majeurs est la dévalorisation de  la photo.

Oui on consomme plus de photos que jamais, sur des supports en renouvellement constant, mais dans bien des cas la photo n'y vaut rien.

Je sais de très prés à quel point c'est dur d'accepter de renoncer à des combats vains et de se réinventer.

Quand je parlais de monter en gamme, je voulais surtout dire de monter en valeur ajouté et/ou en volume.

Mon message est avant tout : ne perdez pas votre temps à vous battre sur des combats perdus d'avance.

oliv-B

Citation de: Jean-Henri Lambert le Mars 23, 2014, 21:17:22
Mon message est avant tout : ne perdez pas votre temps à vous battre sur des combats perdus d'avance.

effectivement, c'est le plus simple et l'option que j'ai choisi il y a 2 ans voir 3, ça passe tellement vite, quand j'ai décidé de quitter ce forum, j'en avais assez de brasser du vent à essayer de faire passer certains messages, surement la meilleur option, je vais reprendre ce chemin  :D

je suis désolé d'avoir visiblement mal interprété tes propos.

j'ai lu plus en détail le fil et souhaite réagir pour finir sur 2,3 détails... je ne vois pas pour ma part aucune raison de voir disparaitre la photo professionnelle, pour certains besoins une approche professionnelle ( 98 % de ce qui est publier pour la photo publicitaire, 98 % de la photos produit, 98 % de la photo technique etc etc...) restera nécessaire ...

le travail collaboratif sur base d'échange, c'est la base du commerce, avant l'invention de la monnaie, ça ne change rien, je dirais même à voie basse, que fiscalement en france, c'est le plus rentable....mais ne pas mélanger avec les organisateurs d'évènement, à la base c'est eux qui ont besoin des photographes pas l'inverse, je préfère largement être inviter à un événement, logé, nourri, dorloté plutôt que de devoir faire la pute, chacun voit midi à sa porte ...

et les discours systématiques et débiles sur le coup de main au beau-frère de la cousine ou du copain de la nièce du frère du collègue de boulot ou de l'asso pierrepauljacques c'est complètement hors de propos ...

Katana

Citation de: oliv-B le Mars 23, 2014, 20:31:58
je ne comprend pas bien ta réaction pour le coup, il me semble que tu as reçu plus d'avis et conseils divers concrets et positifs, que ce que tu laisse sous entendre.

Elle est liée à quelques avis, pas pour l'ensemble des participants.

En fait, il a fini par me répondre, ils vont voir ailleurs, et ils me recontactent si besoin.
En gros et pour faire simple "je vais voir si je peux en avoir une a l'œil, et toi tu repasseras"

Pas sur que je consentirais à la vendre, si au final ils revenaient à la charge, ça leur apprendrait.

Au moins, je n'ai rien a regretter, je ne voulais pas la donner, oh, pas pour gagner 3 ronds a tout prix, juste pour le principe, ça me paraissait bien comme ça , ils n'ont pas voulu, tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu'ils ratent  :D :D :D :D :D

Quant à un échange, faut il encore avoir quelque chose a échanger, je peux encore m'offrir l'entrée, un sandwich et une mousse, et pi, comme la semaine d'après, il y a le trophée des multicoques, je préfère aller voir les bateaux, j'en ai pas fait assez la dernière fois que j'y ai été.

P!erre

Citation de: Jean-Henri Lambert le Mars 21, 2014, 17:33:36
Je sais très bien que c'est plus facile à dire qu'à faire.

Je connais bien et de fort prés les marchés de la photo, leurs souffrance et leurs évolutions,

C'est terrible à dire mais sur des marchés en contraction, confronté à une distorsion de concurrence, victime d'une dévalorisation de l'offre ... il est illusoire d'essayer de se battre frontalement pour des prestations qui de toute façon ne sont pas rentables.

De ce que j'ai pu voir autour de moi en terme de stratégie de retournement réussi :
- Se positionner la où les autres ne peuvent pas aller en valorisant une différence forte de l'offre et de l'identité.
- Monter en gamme en ciblant des prestation originales et lucratifs.
- Ne rien céder sur la valorisation de son travail
- Travailler son image et le désire qu'elle peut produire.
- Créer des offres fortes en adéquation avec l'époque.
...

En bref fuir le tout venant et le bas de gamme de toute urgence, se placer au dessus de la masse, être élitiste, se penser comme un fournisseur de luxe et d'exceptionnel, cibler les clients qui ont les moyens.

Le tout venant et le bas de gamme sont inexorablement condamné comme activité professionnelle sérieuse et rentable, sauf à être capable de travailler sur de grands volumes.

Ta réponse est très idéaliste, tu en conviendras.

- Se positionner la où les autres ne peuvent pas aller en valorisant une différence forte de l'offre et de l'identité : Comment se positionner là où les autres ne peuvent pas aller ? Quoi que tu fasses, il y a des milliers de gens prêts à faire la même chose moins cher. Quand tu inventes, on te copie (et ça prend de l'énergie d'inventer) et inventer sans cesse est un leurre.

- Monter en gamme en ciblant des prestation originales et lucratifs.
Encore une fois, il devient très difficile d'être original. De plus, être original signifie prendre des risques. Il faut les clients pour cela.

Prestations lucratives ? Le bas de gamme n'est plus rentable depuis cinq ans au moins. Donc une part des acteurs monte en gamme.

Il y a quelque temps, je suis allé au domicile de quelqu'un du village pour discuter (pas photo). Dans son bureau, un lourd statif pour de la photo, un reflex, deux flashes. Un équipement basique, mais de haute qualité. Monsieur gagne bien sa vie la semaine (Madame aussi) tant mieux pour eux. Mais voilà : Monsieur fait du packshot le week-end ou le soir. Il aime faire de la photo, il peut se payer du bon matériel avec son emploi, il peut ainsi offrir ses services à un prix plus bas qu'un pro qui doit tout compter et vivre de ça toute l'année. Lui, s'il n'y a rien à photographier durant deux mois, il s'en fout, c'est son loisir. Son plein temps le fait vivre décemment. Alors tu vois, certains marchés lucratifs de la montée en gamme comme tu dis, sont hypothéqués par une concurrence déloyale. Je dis déloyale non pas parce qu'il bosserait au noir (je n'en sais rien), mais vu qu'il a un boulot à 100 % à côté, son prix n'est pas celui d'un pro pour ce genre de boulot. Cela lui convient et lui rapporte quand même une somme à la fin de l'année.

- Ne rien céder sur la valorisation de son travail.
OK.

- Travailler son image et le désire qu'elle peut produire.
Ouaip.

- Créer des offres fortes en adéquation avec l'époque. Oui, par exemple Comment apprendre la photographie en 15 leçons, c'est très en vogue !   ;D   Plus le temps passe, plus c'est rude pour les petites structures, par manque de synergies. Photographe indépendant est un métier qui se meurt. La survie tient à l'association de compétences et de gens (informatique, vidéo, etc.) pour couvrir des domaines plus vastes. Rester seul est de plus en plus une utopie.
Au bon endroit, au bon moment.

Jean-Henri Lambert

Je ne suis pas un fan du possitive thinking, mais là tu sombres dans une vision au noir sans espoir.

Un peu d'ambitions et de confiance en soit, que diable ;-)

Olivier_83

Citation de: P!erre le Mars 27, 2014, 12:15:23
Alors tu vois, certains marchés lucratifs de la montée en gamme comme tu dis, sont hypothéqués par une concurrence déloyale. Je dis déloyale non pas parce qu'il bosserait au noir (je n'en sais rien), mais vu qu'il a un boulot à 100 % à côté, son prix n'est pas celui d'un pro pour ce genre de boulot. Cela lui convient et lui rapporte quand même une somme à la fin de l'année.


A mon sens, ce qui est déloyal, c'est le travail au noir mais pas le fait qu'il ait un autre emploi.
Pourquoi ne pourrions nous pas avoir plusieurs travails ?
Ce qu'il faut, c'est que tout soit déclaré et que tout le monde paye des impôts !

P!erre

Citation de: Olivier_83 le Mars 27, 2014, 16:08:47
A mon sens, ce qui est déloyal, c'est le travail au noir mais pas le fait qu'il ait un autre emploi.
Pourquoi ne pourrions nous pas avoir plusieurs travails ?
Ce qu'il faut, c'est que tout soit déclaré et que tout le monde paye des impôts !

Ce qui complique le marché des pros, c'est que les gens qui bossent quelques heures par semaine n'ont pas les mêmes charges. Rien que le fait de ne pas devoir payer des locaux introduit une concurrence qui n'est pas équilibrée.

Je prends un exemple un peu court pour rester compréhensible :

Si toi, tu loues un local fr. 1800.- par mois pour bosser, et que le particulier bosse chez lui le soir avec le même segment de clientèle (suivant le genre de photo d'objets, c'est tout-à-fait faisable), il économise fr. 21'600.- chaque année par rapport à toi, rien que sur la location puisqu'il n'a pas cette charge.

Si lui et toi fournissez 100 images finies au client par année, toi tu vends chaque image fr 400.- (40'000.-), lui il vend chaque image 200.- (20'000.-) et il gagne environ la même chose que toi (40'000 - 21'600 de loyer pour toi, il te reste 18'400.- à la fin de l'année).

L'acheteur qui paye ses photos fr 200.- ne voudra plus payer fr. 400.- à l'avenir pour une qualité assez proche (on imagine que les deux photographes ont le même matériel et les mêmes compétences).

Bien entendu, on part de la pensée que le particulier déclare son revenu accessoire obtenu par la photographie, et paie au tarif en vigueur ses licences. Bien entendu.
Au bon endroit, au bon moment.

JCCU

Citation de: P!erre le Mars 27, 2014, 17:03:09
....
Si toi, tu loues un local fr. 1800.- par mois pour bosser, et que le particulier bosse chez lui le soir avec le même segment de clientèle (suivant le genre de photo d'objets, c'est tout-à-fait faisable), il économise fr. 21'600.- chaque année par rapport à toi, rien que sur la location
...

Ce sont des francs suisse? Parce que si oui, çà fait quand même 1400E par mois. Dans mon coin (banlieue Sud Ouest de Paris), c'est un petit 4 pièces. Si c'est juste pour photographier des objets, ce n'est pas un peu luxueux?  :D
On peut aussi faire le raisonnement contraire: j'ai des copains qui sont consultants à leur compte. Ils  font passer une partie de leur habitation principale en "lieu de travail", la voiture, l'abonnement téléphonique, l'ordinateur, ...en "outil de travail" avec toutes les déductions d'impots qui vont bien ...

Olivier_83

Citation de: P!erre le Mars 27, 2014, 17:03:09
Ce qui complique le marché des pros, c'est que les gens qui bossent quelques heures par semaine n'ont pas les mêmes charges. Rien que le fait de ne pas devoir payer des locaux introduit une concurrence qui n'est pas équilibrée.

Je prends un exemple un peu court pour rester compréhensible :

Si toi, tu loues un local fr. 1800.- par mois pour bosser, et que le particulier bosse chez lui le soir avec le même segment de clientèle (suivant le genre de photo d'objets, c'est tout-à-fait faisable), il économise fr. 21'600.- chaque année par rapport à toi, rien que sur la location puisqu'il n'a pas cette charge.

Si lui et toi fournissez 100 images finies au client par année, toi tu vends chaque image fr 400.- (40'000.-), lui il vend chaque image 200.- (20'000.-) et il gagne environ la même chose que toi (40'000 - 21'600 de loyer pour toi, il te reste 18'400.- à la fin de l'année).

L'acheteur qui paye ses photos fr 200.- ne voudra plus payer fr. 400.- à l'avenir pour une qualité assez proche (on imagine que les deux photographes ont le même matériel et les mêmes compétences).

Bien entendu, on part de la pensée que le particulier déclare son revenu accessoire obtenu par la photographie, et paie au tarif en vigueur ses licences. Bien entendu.

Ce que tu évoques sont des choix. Dans de nombreux domaines, il y a ceux qui choisissent d'avoir un local et ceux qui choisissent de travailler chez eux. Transformer une partie de son appartement en local professionnel a aussi un coup.

Il suffit de regarder le développement du commerce en ligne par exemple. Mais on peut citer aussi le domaine du web-développement : on peut travailler chez soi et ne pas avoir de local.

Mais même dans les entreprises, cela se développe, c'est le télé-travail...

P!erre

Citation de: JCCU le Mars 27, 2014, 17:42:38
Ce sont des francs suisse? Parce que si oui, çà fait quand même 1400E par mois. Dans mon coin (banlieue Sud Ouest de Paris), c'est un petit 4 pièces. Si c'est juste pour photographier des objets, ce n'est pas un peu luxueux?  :D

On peut aussi faire le raisonnement contraire: j'ai des copains qui sont consultants à leur compte. Ils  font passer une partie de leur habitation principale en "lieu de travail", la voiture, l'abonnement téléphonique, l'ordinateur, ...en "outil de travail" avec toutes les déductions d'impots qui vont bien ...

Oui, des francs suisses. Je connais des gens qui paient plus de fr. 8'500.- de location par mois en ville (grande surface sur deux étages, mais je ne saurais dire combien de m2 et ce n'est pas de la photo)... Faut vendre ! Demande à un Genevois quelle surface commerciale tu as pour CHF 1'000.- en ville ...

Le raisonnement contraire : hem, le service des impôts contrôle les charges, de toute manière il n'est pas possible de charger le compte professionnel avec la part privée, dont il est tenu compte. La cote-part n'est pas toujours exact, car c'est compliqué à tenir. Mais c'est vrai, ça existe aussi.
Au bon endroit, au bon moment.

P!erre

Citation de: Olivier_83 le Mars 27, 2014, 18:25:48
Ce que tu évoques sont des choix. Dans de nombreux domaines, il y a ceux qui choisissent d'avoir un local et ceux qui choisissent de travailler chez eux. Transformer une partie de son appartement en local professionnel a aussi un coup.

Des choix ? Dans certains cas, ce n'est pas un choix et beaucoup de baux à loyer locatifs interdisent l'activité professionnelle, ce que je trouve normal (spécialement lorsque les activités professionnelles génèrent des inconvénients pour le voisinage).
Au bon endroit, au bon moment.