Petits secrets de fleurs...

Démarré par Roland Ripoll, Juin 29, 2022, 10:28:01

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alpha duo



   Nouvelle série, toujours "top niveau", Roland.

   Merci pour le partage.

  Amitiés, Alain.

Ludo37

Citation de: Henrid le Juillet 31, 2022, 19:34:54
Merci pour ces séries parfaitement documentées.  :)
Idem pour moi ! Bravo Roland.
Amicalement.
Ludo

Roland Ripoll

#102
Merci à vous tous !

Autres exemples d'autochorie  (mode de dispersion des graines dans lequel c'est la plante elle-même qui agit, généralement par éjection mécanique).

Erodium bec de cigogne

Les graines du genre Erodium peuvent être projetées à des distances pouvant aller jusqu'à un mètre par un mécanisme explosif appelé « dispersion balistique ».

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Mais, en plus, l'espèce possède une graine prolongée par un poil droit et rigide en conditions de sécheresse atmosphérique qui s'enroule en ressort en cas d'humidité.

La graine s'enfonce donc d'elle-même dans la terre, comme un tire-bouchon. L'action en spirale, selon l'hygrométrie du moment, "visse" alors littéralement la graine dans le sol.

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Balsamine de l'Himalaya

Se déplacer au milieu d'un massif de balsamines de l'Himalaya portant des fruits arrivés à maturité donne lieu à des sensations bizarres : de discrets crépitements et l'impression que de mystérieux projectiles très légers se projettent sur vous !

Pour comprendre, il suffit de s'arrêter et de pincer juste la pointe d'une capsule pour assister au spectacle de son explosion ! En effet, au moindre contact, les capsules mûres éclatent en quelques millisecondes : les cinq valves s'enroulent sur elles-mêmes vers l'intérieur à partir de leur base tandis que les graines se trouvent projetées au « loin »,  quelques mètres (au maximum 5m) comme par une catapulte ! On parle de fruit à déhiscence (ouverture) explosive.

Les cellules des valves concentrent pendant leur maturation des solutés sucrés qui font augmenter la pression osmotique interne (jusqu'à 25 fois la pression atmosphérique externe !) ; les valves se trouvent ainsi sous tension, chargées en énergie élastique...

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Etre simple pour être vrai

Clic-Clac 51

Deux bien belles MàJ...j'apprécie
Amicalement Denis ;)

Henrid

Fabuleux ce monde des plantes si bien expliqué.  :)
Henri

alpha duo



  Bonjour Roland,

  Des deux dernières séries, les deux n°4 sont extra.

  Amitiés, Alain.

alpha duo



  Question que je me pose: comment la prise de vue de la graine a-t-elle été assurée?

On la dirait en suspension.

ChrisC06

Citation de: Henrid le Août 01, 2022, 11:00:58
Fabuleux ce monde des plantes si bien expliqué.  :)
+1... Plein d'informations avec des photos extras ! Merci Roland...  ;)
Chris

Roland Ripoll

Merci !

Citation de: alpha duo le Août 01, 2022, 17:19:59

Question que je me pose: comment la prise de vue de la graine a-t-elle été assurée?
On la dirait en suspension.

En réalité, elle est prise dans un très fin  fil de toile d'araignée que j'ai gommé en post-traitement. Cela donne un certain effet.
Etre simple pour être vrai

zakzok

Magnifique toutes ces dernières mises ajours, bravo et merci pour le partage des connaissances  :)

alpha duo



  Merci pour la réponse; amitiés, Alain.

Roland Ripoll

Avec beaucoup, beaucoup de retard, merci !

Crépis de Nîmes: l'étonnante adaptation d'une fleur sauvage en milieu urbain...

Le Crépis de Nîmes (Crepis sancta) est une fleur qui a la particularité de produire deux sortes de graines: une majorité de graines plumeuses, légères, qui sont dispersées par le vent et d'autres graines sans aigrette, plus grosses, plus tourdes qui tombent à son pied.

Graine avec pappus


Graine lourde


Mais on observe que, chaque année, les crépis de Nîmes qui fleurissent en ville produisent de plus en plus de graines lourdes, plus aptes à germer dans un milieu urbain. Comme si la plante avait compris que le seul endroit pour sécuriser sa descendance, l'endroit le plus sûr, c'est à ses pieds.



En produisant ainsi davantage de grosses graines, elle a donc privilégié la proximité plutôt que la dissémination. Bel exemple d'adaptation  d'une plante aux modifications de son environnement pour assurer sa survie...


Etre simple pour être vrai

JP.QUINOT

Bonsoir Roland.
Je viens de découvrir ton fil et je l'ai parcouru avec beaucoup d'intérêt et plaisir . J'ai vue des photos de fleurs magnifiques bien mises en valeur et avec un gros plus des explications que j'apprécie.
Je ne ferais pas choix particulier je prends le tous photos et commentaires.
Bravo Roland et merci pour ce superbe partage.
Amicalement Jean Paul

Clic-Clac 51

Toujours aussi intéressant et instructif
Merci Roland de partager
Amicalement Denis ;)

robsou

Merci de nous dévoiler les petits secrets des fleurs que tu illustres magnifiquement dans ces trois dernières séries.

Robert

ChrisC06

Très joli, Roland...  :)
Bel exemple de survie... multiplier les moyens !
Chris

Roland Ripoll

Merci !

Le cyclamen De Naples et la fourmi... gagnant-gagnante

Pour disperser ses graines, le cyclamen de Naples a une stratégie bien particulière: la myrmécochorie (myrmeco = fourmi et chorie =se mouvoir).



Ses graines sont en effet disséminées par les fourmis, très friandes du mucilage sucré qui les entoure. C'est ce qu'on appelle l'élaïosome (excroissance charnue riche en substances nutritives) qui sert de récompense à certaines fourmis dans un bel exemple de mutualisme: transport contre "friandise". La plante et la fourmi se sont donc adaptées parallèlement pour tirer au mieux profit l'une de l'autre.



Les fourmis transportent donc les graines  jusqu'à l'entrée de la fourmilière.  Mais l'élaïosome est parfois  difficilement détachable par une seule ouvrière qui la rapporte donc au nid. La graine (que les fourmis ne consomment pas) sera alors rejetée du nid une fois l'élaïosome détaché par plusieurs fourmis. Elle pourra ainsi germer loin du pied-mère.





Mais auparavant, il s'est produit un phénomène assez surprenant: après la fécondation de la fleur par les butineurs, il se forme un fruit porté, dans un premier temps, au sommet d'un long pédoncule. Mais ce pédoncule va, petit à petit, s'enrouler sur lui-même comme un tire-bouchon et finir par toucher le sol. Le fruit désormais mûr s'ouvre et peut offrir les graines aux fourmis...





D'autres plantes, comme la violette sauvage, le perce-neige,  la chélidoine, l'ajonc nain, l'euphorbe épurge utilisent la même stratégie de dissémination.
Etre simple pour être vrai

Luthval

Passionnant et comme toujours fort bien illustré !

Clic-Clac 51

J'apprends, j'apprends
bravo Roland et encore merci de partager
Amicalement Denis ;)

ChrisC06

Citation de: Clic-Clac 51 le Février 03, 2024, 11:17:26
J'apprends, j'apprends
bravo Roland et encore merci de partager
Amicalement Denis ;)
+1... Moi aussi...  ;)
Merci Roland !
Cette fois encore, c'est une fleur très difficile à photographier !
Une préférence pour la première et la dernière de cette série.
Chris

JP.QUINOT

Excellente mise à jour. Toujours le même ressentis et le même avis de très belles photos mettant en valeur chaque fleur et de beaux et intéressants commentaires d'explications pour mieux nous les présenter et les connaitre.
Bravo Roland et merci pour le partage  .
Amicalement Jean Paul

Seb65

Superbe et instructif à la fois : tout ce qui me plait ! Bravo Roland !  :)

robsou

De jolies images du Cyclamen De Naples accompagnées d'intéressantes informations.

Robert

Roland Ripoll

Merci !

Le cornouiller sanguin, Le Laurier-tin: plus de fleurs que de fruits...

On observe chez le Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), mais également chez d'autres plantes et arbustes comme le Laurier-tin, qu'il y a toujours un grand décalage entre la profusion de fleurs et le peu de fruits qui arrivent à maturité. La plante semble donc produire plus de fleurs que nécessaire... Quel intérêt et pourquoi donc ?

Laurier-tin




Vers la mi-août, après la floraison et après la fécondation, des petits fruits ronds et charnus apparaissent. De couleur verte, ils deviennent peu à peu d'un beau noir bleuté. Ces fruits, qui persistent parfois jusqu'en hiver, font le régal des petits passereaux. Mais si on regarde de près, on s'aperçoit qu'il y a toujours peu de fruits par rapport au nombre de fleurs qu'il y avait au départ.

Cornouiller sanguin




Laurier-tin




Une étude menée pendant 5 ans en Espagne sur le Cornouiller sanguin a confirmé ce fait. Elle a montré que la production de fruits reste toujours inférieure de 25% par rapport au nombre initial de fleurs. En moyenne, si une inflorescence porte 50 fleurs elle  ne produit au final que 10 fruits. Soit près de 80% de fleurs qui ne servent à rien. Mais sont-elles vraiment inutiles ?

Cornouiller sanguin




L'hypothèse avancée par les chercheurs est celle de la "réserve d'ovaires". La plante produirait toujours beaucoup plus de fleurs que nécessaire avant la fécondation, prévoyant le cas où elle subirait des dommages (dus aux insectes ou à la météo). Sur le grand nombre de fleurs, et quelque soient les dégâts, il en resterait toujours assez  pour assurer la fructification.



Après la fécondation par les insectes, la plante, économisant ses dépenses énergétiques, ne transformerait  alors  qu'une petite partie des fleurs en fruits,  suffisant à la perpétuation de l'espèce...
Etre simple pour être vrai

Clic-Clac 51

La nature est qu'en même bien  faite
Merci Roland de partager
Amicalement Denis ;)