Vos photos au Moyen Format Argentique

Démarré par jfblot, Décembre 13, 2011, 18:15:28

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mingmonk

Un nouveau périple, Madagascar  : une île et un continent.

La N7, à Andavabato, en direction d'Antsiribe, Madagascar, 2008
Fuji 645Zi, 55 mm, A, filtre 81B, Provia 100F (poussé à 200), scanner Nikon 9000ED

Fred_G

The lunatic is on the grass.

malice

Belle photo en effet. Je ne connais pas Andavabato. C'est où par rapport à Antsirabe ?

mingmonk

Citation de: Fred_G le Avril 08, 2026, 11:51:37Superbe !
Citation de: malice le Avril 09, 2026, 13:20:35Belle photo en effet. Je ne connais pas Andavabato. C'est où par rapport à Antsirabe ?

Merci à vous deux, Fred G et malice !

Andavabato est une petite localité, certainement un hameau, plus proche d'Antananarivo que d'Antsirabe.

mingmonk

Lac Tritriva, à une trentaine de kilomètres d'Antsirabe, près de la commune de Belazao, Madagascar, 2008
Fuji 645Zi, 75 mm, A, filtre 81B, Provia 100F (poussé à 200), scanner Nikon 9000ED

mingmonk

Lac Tritriva, Madagascar, 2008
Fuji 645Zi, 90 mm, A, filtre 81B, Provia 100F (poussé à 200), scanner Nikon 9000ED

mingmonk

Sur la route vers Miandrivazo, la chute de Betafo, Madagascar 2008
Fuji 645Zi, 55 mm, A, filtre 81B, Provia 100F (poussé à 200), scanner Nikon 9000ED

fraoul

Ces deux photos sont magnifiques. Elles illustrent à quel point ces écosystèmes ont été anthropisés, chaque m² étant exploité pour en tirer une ressource. En disant cela je ne porte aucun jugement de valeur, la problématique est complexe.

mingmonk

Citation de: fraoul le Avril 21, 2026, 21:46:33Ces deux photos sont magnifiques. Elles illustrent à quel point ces écosystèmes ont été anthropisés, chaque m² étant exploité pour en tirer une ressource. En disant cela je ne porte aucun jugement de valeur, la problématique est complexe.

Votre intervention d'ordre écologique m'a renvoyé à des réflexions qui se présentaient à mon esprit lorsque je scannais ces diapos malgaches en tant qu'archives. Paysages et anthropisation vont de pair : la préservation d'espaces naturels n'est-elle pas une conséquence de cette dernière ?

Plus un lieu a subi la main de l'homme, plus il est facile, du moins pour ma part, de le photographier, la composition s'en trouvant très grandement facilitée.

J'en profite, connaissant votre pratique du grand format - le vrai, pas celui que nous vendent les sirènes du marketing - de citer deux ouvrages :
- d'abord celui de Quang-Tuan Luong, un Français installé aux Etat-Unis, entre autres créateur du site Largeformatphotography.info, Our National Monuments, America's Hidden Gems, Terra Galleria Press ;
- puis celui de Gabriele Basilico - un photographe qu'il est inutile de présenter -, Entropy and Urban Space, Siruela.

fraoul

Le concept de "paysage" a suscité de nombreux débats dans la communauté scientifique et plusieurs définitions peuvent en être données, qui varient selon le point de vue adopté (géographique, écologique, culturel, socio-économique...). Quoi qu'il en soit, la dimension anthropique est toujours partie prenante. Si l'on adopte un point de vue écologique et que l'on fait une équivalence "paysage=écosystème" alors il est évident que l'immense majorité des paysages ont, ou ont été, impactés et façonnés par les activités humaines, de manière plus ou moins visible, sur la longue durée. La notion de "paysage naturel" est, d'une certaine manière, illusoire car peu d'espaces géographiques sur Terre sont indemnes.

L'enjeu capital actuel se joue autour de la notion d'Une Seule Santé (One Health): comment concilier la santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes ? Quelles politiques mettre en place pour obtenir des co-bénéfices dans ces trois secteurs ? Vous avez 3 heures et je ramasse les copies  ;D .

J'avoue que je suis d'accord avec vous: photographiquement parlant les structures façonnées par l'homme sont attirantes...

Et merci pour les références bibliographiques. Le forum largeformatphotography est une vraie mine d'information (mais malheureusement souvent en rade!).

landscapephoto

Historiquement, le paysage photographique n'est pas nécessairement façonné par l'homme. Le maître incontesté du paysage américain, Ansel Adams, a photographié des paysages encore vierges (et par là même contribué à un effort de préservation de ce patrimoine). Ici une photo célèbre (et prise en grand format, donc conforme à la charte...):



De manière intéressante, ce n'est que plus tard que le mouvement des "New Topographics", par réaction et aussi ayant remarqué que le paysage américain réel était façonné par l'homme, a publié un autre style d'images. Ici Lewis Baltz, "Park city":


mingmonk

#5261
Citation de: landscapephoto le Avril 24, 2026, 18:30:37Historiquement, le paysage photographique n'est pas nécessairement façonné par l'homme. Le maître incontesté du paysage américain, Ansel Adams, a photographié des paysages encore vierges (et par là même contribué à un effort de préservation de ce patrimoine). Ici une photo célèbre (et prise en grand format, donc conforme à la charte...):
[...]

A l'époque d'Ansel Adams, je ne pense pas que ces paysages étaient « encore vierges », bien que pas très fréquentés comme c'est le cas de nos jours. En revanche, Ansel Adams et d'autres avaient conscience qu'il fallait les protéger en raison de l'anthropisation (et la situation a empiré ; il suffit de lire les textes introduisant les différents National Monuments dans le livre de QT Luong, qui insistent sur les pressions des lobbys et de la politique trumpienne). En ce sens, la préservation d'espaces «naturels»,  «vierges», «entropiques», est une conséquence de l'anthropisation, tout comme l'est le regard photographique que nous portons sur notre environnement, que ce dernier soit esthétique, documentaire, écologique, géographique, etc.

J'ai pu traverser des zones géographiquement « vierges », et j'ai toujours ressenti au début une frustration à la vue des résultats photographiques. C'est bien plus facile de composer en face de rizières malgaches, vietnamiennes, philippines, chinoises, balinaises ou javanaises, vu le nombre d'informations que ces dernières proposent... Le passage à la chambre a été bénéfique : le fait de se retrouver sous un voile et en face d'un dépoli où tout est sens dessus dessous permet de s'abstraire, de composer selon les contrastes, les structures, les formes, les couleurs. Ce passage à une abstraction obligée, subie, fait progresser.

landscapephoto

Citation de: mingmonk le Avril 24, 2026, 19:58:01A l'époque d'Ansel Adams, je ne pense pas que ces paysages étaient « encore vierges », bien que pas très fréquentés comme c'est le cas de nos jours.

Ces paysages n'étaient pas totalement vierges pour la simple raison, qu'un paysage réellement vierge, il est difficile de s'en approcher, surtout en transportant une chambre grand format. Par définition, il n'y a pas de route pour y aller.

Donc ils n'étaient pas vierges. Mais, photographiquement parlant, ils sont présentés comme tels.

fraoul

Oui, les paysages d'Ansel Adams tels que celui présenté ici étaient certainement peu impactés. En tout cas, l'aspect grandiose qu'apporte le contexte géomorphologique emporte la mise par rapport à la végétation.

Concernant la forêt, ici mise en avant sur le cliché d'AA, plusieurs travaux montrent à quel point la végétation de forêts qu'on qualifie actuellement de "vierges" est en fait largement déterminée par l'occupation humaine du Moyen-Age. Sans parler des activités minières dès la protohistoire qui ont légué des quantités de plomb dans les sols toujours visibles actuellement dans des zones maintenant peu peuplées et considérées comme "naturelles" telles que le Morvan. Mais bon, on s'éloigne un peu de la photo  :)