Orchidées de Crète 2026

Démarré par Caloux, Mars 28, 2026, 20:02:50

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Caloux

Suite Ophrys leochroma. Périanthe blanc. Cette hypochromie partielle qui ne touche que sépales et pétales mais pas le labelle est visible chez de nombreuses espèces d'Ophrys.
Amitiés. Pascal

Caloux

Suite Ophrys leochroma. Périanthe rose foncé
Amitiés. Pascal

Caloux

Suite Ophrys leochroma.
Amitiés. Pascal

Caloux

Et une dernière avec le fond "high key", j'ai créé une ombre sur la plante seule et règlé l'exposition sur celle-ci, le fond se retrouve sur-ex. Je ne sais pas si ce procédé plaît à tous mais quand les plantes sont sous un soleil vif, il y a trop de brillances et un manque de détails je trouve. J'espère ainsi rendre les fleurs plus "lisibles". Comme c'était juste après la pluie et que le soleil est revenu lors d'une éclaircie, la fleur brillait de partout à cause des gouttes d'eau.
Amitiés. Pascal

Caloux

Ophrys villosa (Ophrys velu), se distingue notamment par une pilosité abondante plus nette que les sous-espèces présentées auparavant ainsi qu'une taille de fleur et labelle un peu plus réduite.

Constat final avec toutes ces sous-espèces : il faut y croire ! Les différences sont peu flagrantes dans les descriptifs des guides, encore moins dans l'iconographie (forcément avec 1 à 2 vues comme sur les ouvrages de P Delforge, comment embrasser les variations inhérentes à chaque espèce) et sur le terrain, tant d'individus divers... L'expression "en perdre son latin" prend alors tout son sens avec tous ces noms qu'on peine à attribuer.
Amitiés. Pascal

Caloux

L'Orchis italica (Ophrys d'Italie) : son appellation ne reflète pas nécessairement sa patrie d'origine. Et encore moins sa répartition. N'oublions pas que l'Italie a été plus facilement visitée par les botanistes que la Grèce dans les siècles précédents. Jean Louis Marie Poiret qui a inventé (décrit et nommé) l'espèce a voyagé fin 18 ie et début 19 ie siècle notamment en Afrique du Nord (La Barbarie de l'époque) mais pas en Grèce. Cette espèce aurait pu être Orchis iberica aussi. Mais l'Ibérie avant notre ère chrétienne (proche de la Georgie) n'est pas l'Ibérie romaine, il est donc toujours hasardeux de l'associer à un nom de plante. Donc cet orchidée à large répartition méditerranéenne restera donc "italienne" ce qui s'avère réducteur.
En Crète, on la trouve presque partout à de nombreuses altitudes et dans différents biotopes. C'est une précieuse alliée pour les chercheurs d'orchidée car plante indicatrice. Partout où elle est présente (et bien visible par sa taille et sa couleur), c'est l'assurance de trouver à minima 1 autre espèce d'orchidée mais ça peut aller jusqu'à 10 ou 12 parfois d'autres espèces plus discrètes dont on n'aurait pas nécessairement soupçonné une rencontre.
On la voit émerger au dessus de la phrygane sur ces vues.
Amitiés. Pascal

Caloux

#56
Ses feuilles sont typiques, disposées en étoile et nettement ondulées donc même en l'absence de floraison, elle reste facile à identifier.
Amitiés. Pascal

Caloux

Le 01 avril, jour où l'île s'est vue sous la chappe de la poussière saharienne, j'ai tout de même fait quelques vues avant de ranger mon matériel. Colorimétrie non retouchée.
Amitiés. Pascal

ChrisC06

Deux superbes séries, Pascal...  ;)
J'aime beaucoup la High key et les deux dernières sont vraiment impressionnantes !
Chris

Caloux

Merci Chris !

Retour aux ophrys et à leur complexité morphologique qui ne facilite pas leur identification.
Le genre est bien appréhendé botaniquement parlant : pas d'hybridation avec d'autres genres notamment. Mais les espèces, réelles ou pas, pullulent. La nomenclature des espèces est subjective, pas complètement scientifique comme on pourrait le penser. En respectant quelques règles, tout un chacun peut "inventer" une espèce : la nommer et la décrire. On a donc potentiellement une inflation due à certains auteurs particulièrement actifs.
La variabilité au sein des espèces amène cette spéciation, la relative "jeunesse" (quelques petits millions d'années...seulement) n'a pas fixé suffisamment la génétique des orchidées. Et les bouleversements pour les plus anciens géologiques et les plus récents climatiques ont encore une incidence. Quand je parle de climat, je fais référence aux périodes glaciaires en Europe, pas au réchauffement actuel. Il n'y avait probablement pas d'orchidées sur le sol de France en dehors d'une petite bande méditerranéenne il y a 20 000 ans de cela. Quand la végétation a conquis de nouveaux territoires avec le réchauffement, certaines espèces ont connu plus de variations morphologiques que d'autres dans leur remontée vers le nord du continent.

En Crète, l'Ophrys cretica  est une espèce qui varie beaucoup (sans celà, ce serait trop simple...) et qu'on trouve avec les autres taxons associés dans le sud, sud-est du pays (iles comprises). A Rhodes l'an passé, j'avais fait la connaissance d'Ophrys beloniae (Ophrys de Belonia) qui est une sous-espèce régionale.  https://www.orchidee-photo.com/orchidees-de-rhodes/ophrys-cretica-beloniae
En Crète, on aura donc Ophrys cretica et deux sous espèces : Ophrys ariadnae (Ophrys d'Ariane) et Ophrys cretica bicornuta. Bien évidemment, des formes intermédiaires sont fréquentes et pour ma part, soit je n'étais pas au bon endroit ou au bon moment mais je pense pas avoir rencontré ces sous espèces. Toutes les vues seront donc rattachées à l'Ophrys de Crète.
Amitiés. Pascal

Caloux

suite
Amitiés. Pascal

Caloux

suite. Ces deux spécimens avec des "pointes" et non des gibbosités latérales comme sur les vues précédentes pourraient être Ophrys cretica bicornuta.
Amitiés. Pascal

ChrisC06

De bien belles images pour illustrer ton propos instructif...  ;)
Merci !
Chris

urka

Citation de: Caloux le Juin 13, 2026, 14:41:36

Constat final avec toutes ces sous-espèces : il faut y croire ! Les différences sont peu flagrantes dans les descriptifs des guides, encore moins dans l'iconographie (forcément avec 1 à 2 vues comme sur les ouvrages de P Delforge, comment embrasser les variations inhérentes à chaque espèce) et sur le terrain, tant d'individus divers... L'expression "en perdre son latin" prend alors tout son sens avec tous ces noms qu'on peine à attribuer.
Et là, je veux bien te croire! ;)
Bravo et merci Pascal pour toutes ces informations !
La suite avec Orchis italica et les Ophrys est un pur régal !
Je vois que les espèces et/ou sous-espèces  pullulent comme chez nous.
De quoi alimenter les discussions lors des sorties :D .
André.