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Clique clac #93

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Médiapart a mis en ligne sur sa chaîne YouTube (accès gratuit donc) un débat réunissant Marie Docher, Catalina Martin Chico et Jean-François Leroy autour de la question de la place des femmes dans la photographie. Une discussion plutôt animée, où l’on parle quotas, sous-représentation dans les festivals et les magazines, différences de moyens, prix strictement réservés aux femmes, etc.
Pour prolonger le débat, vous pouvez vous reporter à la carte blanche  que le site 9Lives a donnée début mars à Marie Docher (en cinq volets : 1, 2, 3, 4, 5), lire cette interview de Catalina Martin Chico ou… postuler à la prochaine édition de Visa pour l’Image.


François-Xavier Marit et Olivier Morin sont partis au-delà du cercle arctique pour y photographier des sujets à la « rare élégance » et aux « chants obsédants » (non, ce ne sont pas des sirènes !). Un récit à lire sur le blog de l’AFP.


Pourra-t-on bientôt dessiner ses photos ?  C’est en tout cas ce que promet GauGAN, un programme informatique qui s’appuie sur la coopération de deux IA.


Les brèves de la semaine :
• Le programme des 50e Rencontres d’Arles est tombé.
• Daido Moriyama a reçu le Prix Hasselblad.
La Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine a numérisé et mis en ligne un ensemble de 2500 photographies du grand médiéviste Camille Enlart (1862-1927).
• Les finalistes des « Photographies de l’Année » ont été dévoilés.
• L’exposition du « Grand shooting de la trisomie 21 » (dont on vous parlait il y a quelques semaines) se tient actuellement à Paris, à la mairie du Ve.


Le métier de photographe n’est pas de tout repos, et le compte Instagram Industryconfessionals est là pour le rappeler. Les professionnels y livrent anonymement leurs états d’âme (« Parfois, je pense que mon travail est de la merde, et je me demande ce que je fais et pourquoi je le fais »), leurs colères du moment (« J’ai envie de frapper les clients qui ajoutent un filtre Instagram sur mes images ») et leurs secrets les plus honteux (« J’ai accidentellement supprimé toutes les photos d’un shooting et j’ai dit au client et au modèle que c’était à cause d’un virus »).


Motif récurrent de la photographie de famille de 1910 à 1960, le baiser ne serait-il qu’un faux semblant ? En effet, comme le rappelle le musée Niépce, il n’y a qu’une chance sur trois de réussir sa vie de couple.


Gauthier est jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.


« Après une heure de travail, le médecin a déclaré que l’expulsion du bébé n’allait plus tarder, j’ai donc posé mon menton sur ma poitrine, j’ai équilibré mon appareil sur mon ventre, j’ai regardé dans le viseur et j’ai pris les photos. » #WTF


Par quels détours est-on arrivé sur le site de Nicolas Boutruche ? On ne sait plus, mais on ne regrette pas : la vidéo making of de sa page d’accueil nous a tenu en haleine quelques minutes.


Aspirante danseuse dans le Broadway des années 1930, Vivian Cherry dut trouver un autre gagne-pain suite à une blessure au genou : ce sera la photographie. Dans un laboratoire d’abord, puis dans les rues de New York que la jeune femme d’ascendance russe arpente avant de rejoindre la Photo League en 1946. Elle y rencontre Sid Grossman qui lui apprend les ficelles du métier et l’oriente vers des thématiques sociales, la conduisant naturellement à suivre et photographier Dorothy Day, la fondatrice du Mouvement catholique ouvrier. Malgré de nombreuses publications (dans Life, Collier’s, Redbook, Popular Photography), Vivian Cherry arrête la photographie au début des années 1960 pour devenir créatrice de bijoux. Elle y reviendra 25 ans plus tard, avec un même goût pour la faune des rues, mais appréhendée cette fois-ci en couleur. Puis, à 80 ans passés, celle qui se rêvait photographe de guerre se met en tête de couvrir, à Manhattan, les manifestations contre la guerre en Irak : «Ils tenaient des banderoles et ont commencé à crier:« Allons-y! » Et j’ai essayé de me mettre à l’écart. Je me suis fait piétiner et me suis cassé la hanche, mon poignet et quelques côtes.» Mais il en faut plus pour freiner les ardeurs de Vivian Cherry qui, l’an dernier encore, évoquait ses nouveaux projets (de livre notamment). Las, elle s’est éteinte le 4 mars dernier à Albuquerque, à l’âge de 98 ans.


“Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.