Lors de son passage le 3 novembre dernier sur le plateau du 28 Minutes d’Arte, Martin Parr nous avait paru alerte, répondant du tac au tac aux questions d’Élizabeth Quin et des autres journalistes. Certes il avait glissé, l’air de rien, « J’ai un cancer, donc je profite au mieux du temps qu’il me reste », mais on ne se doutait pas que sa mort était si proche. Elle est survenue le 6 décembre et le regard mordant qu’il portait sur ses contemporains nous manque déjà. On ne va pas vous retracer ici la vie du photographe, juste vous aider à comprendre ce qui faisait sa singularité à travers quelques liens glânés ici et là…
Une vie d'éclats...
verbatim
Si je ne collectionnais pas tous ces objets, personne ne le ferait, ils seraient négligés et oubliés, je les sauve et leur offre un piédestal.
La grande erreur est de vouloir en dire trop. Les apprentis photographes aspirent à changer le monde entier avec un seul projet. Ils ne réalisent pas qu’aborder un sujet précis avec soin et pertinence est bien plus efficace que de tenter de couvrir simultanément une multitude d’aspects du monde. Si l’on ne peut expliquer sa démarche en une phrase, elle n’en vaut guère la peine.
C’est très difficile de dire ce qui fait une bonne photo, il doit y avoir une intention derrière, une contradiction, une ambiguïté et aussi une bonne construction dans l’image. Elle doit attirer l’œil du spectateur, lui donner matière à réfléchir ou même le bousculer. Il doit y avoir un deuxième niveau de lecture.
la petite musique de fin
Bouclons la boucle avec un dernier clin d’œil à Martin Parr. En matière de musique, on a l’embarras du choix : le photographe a signé de nombreuses pochettes d’albums, pour Madness, Salad (on en avait parlé dans CC#367), Blur, The Madcaps ou encore Louane. De ce côté-ci de la Manche, Vincent Delerm lui a écrit une chanson et M a collaboré avec lui le temps d’une exposition. Mais il nous semble plus judicieux de conclure avec le seul clip musical (à notre connaissance) qu’ait jamais réalisé Martin Parr. « London » par The Pet Shop Boys : un vrai concentré de l’esprit Parr. Et une expérience qui a laissé un bon souvenir à Chris Tennant et Neil Lowe.
bonus
Nous reproduisons ci-dessous la chronique de Complètement paresseux et étourdi, publiée dans le n°471 de Chasseur d’Images.
MARTIN PAR(R) L’IMAGE
304 pages, 19 × 25,5 cm, éditions Michel Lafon, 39,95 €
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à travers quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.





