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Clique clac #195

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Il y a deux semaines de cela, on avait relayé, sur le ton de la boutade, la sortie du jeu vidéo New Pokémon Snap, dont le but est de photographier le mieux possible les Pokémon que l’on croise. S’ils prêtent à sourire, les modes photo des jeux vidéo sont une affaire très sérieuse et comptent de plus en plus d’adeptes, comme nous l’apprend cet intéressant article du Monde. Dans l’univers vidéoludique comme dans la « vraie vie », des styles font école et d’autres s’opposent. Petri Levälahti, du genre bidouilleur, n’hésite pas à utiliser des lumières additionnelles pour magnifier ses ambiances, alors qu’Élise Aubisse revendique un vrai regard de photographe : « Je prends des points de vue qui sont accessibles à d’autres personnages, je n’utilise pas trop de free cams ou de filtres. » Mais quelle que soit leur approche, tous sont conscients que les photos qu’ils partagent sur leurs réseaux servent au final la cause de l’éditeur du jeu dont elles sont tirées. Si vous n’êtes pas joueur ou joueuse vous-même mais que cette pratique vous intrigue, jetez un œil à la vidéo mise en ligne il y a quelques jours sur la chaîne GamerGram, qui passe au crible le mode photo du jeu Immortals Fenyx Rising (avec procédure de test détaillée et même une note finale… on se croirait dans Chasseur d’Images !).


À une semaine près, le Festival de la Camargue et du delta du Rhône aurait pu se dérouler (presque) normalement. Mais restrictions sanitaires obligent, les organisateurs ont dû, comme l’an passé, réduire la voilure pour cette 13e édition, lancée hier 12 mai. Si les sorties naturalistes et les expos en extérieur sont maintenues, les rencontres se feront en ligne (programme ici) et seront ensuite disponibles sur la chaîne YouTube du festival.


Le Mémorial de la Shoah a fait l’acquisition d’un ensemble de photos inédites documentant la rafle dite du « billet vert », opération menée conjointement par les autorités françaises et allemandes le 14 mai 1941 qui envoya 3700 hommes juifs dans les camps d’internement de Pithiviers et Baune-La-Rolande, avant leur transfert un an plus tard à Auschwitz-Birkenau. Lior Lalieu-Smadja, responsable du service Photothèque du Mémorial de la Shoah, a raconté à Benjamin Brillaud (l’entretien commence à la 5e minute) comment ce reportage a été mis au jour et ce qui fait sa particularité. À la fin de son intervention, Lior Lalieu-Samdja mentionne le nom de Liliane Ryszfeld, rare témoin de cette rafle qui a partagé avec Loopsider son sentiment à la découverte de ces photos


Extrait d’une discussion entendue à la radio :
– Parfois j’ai quelques regrets. Mon père m’a refilé un appareil photo comme outil pour partager tous ces moments privilégiés, mais j’aurais préféré être un peintre, je crois. J’ai souvent été plus sensible à la peinture animalière ou au minimalisme japonais qu’à la photographie.
– Moi, ma mère est peintre, mais j’ai jamais su dessiner un chat, alors la photographie était ma seule possibilité.
Avez-vous trouvé l’identité de ces deux photographes ? Réponse ici.


LA FOIRE AUX QUESTIONS

• « Et vous, qu’auriez-vous aimé dire à quelqu’un sans l’avoir jamais fait ?« 
• « Un cadrage redoutable ou sauvage ? »
• Qu’est-ce qu’on mange ?
• Qui est la photographe suisse de l’année ?
• « Quel est l’objet que vous aimeriez avoir avec vous dans la dernière période de votre vie? »
• « How to not suck at color ? »
• Qu’est-ce que vous attendez pour postuler au Prix Caritas ?
• « La photographie peut-elle servir à exorciser les fantômes d’un pays ? »
• Pourquoi Alice Moitié s’est-elle fait virer des Gobelins ?
• « Comment préserver la santé au travail ? »
• « Qui est le photographe ? »
 

Quand elle n’écrit pas, Tatiana Hopper poste sur sa chaîne Youtube des vidéos dans lesquelles elle partage son intérêt pour la photographie : les maîtres, les procédés, les appareils emblématiques, etc. Rien de nouveau sous le soleil, sauf que le rythme de publication est particulièrement soutenu (une dizaine de vidéos postées rien que pour le mois écoulé) et que cela ne nuit pas à la qualité des productions. Qu’elle aborde l’influence de la photographie dans l’œuvre du peintre Bernard Safran ou qu’elle revienne sur Old News: Resurrection City de Jill Freedman, la Britannique est animée par le même souci didactique (propos articulé autour d’éléments biographiques et historiques, illustrations nombreuses et pertinentes). C’est bien ficelé, jamais prétentieux et ça plaît même aux internautes possiblement les plus critiques. Pour preuve ce commentaire posté par Victoria Haas sous la vidéo que Tatiana Hopper a consacrée à son père Ernst : « As the daughter of Ernst Haas, I wanted to thank you for such a wonderful video on my dad and his photography. He would have loved it so much. To see young people enjoying and inspired by his work is so amazing. » Les vidéos sont évidemment en anglais mais des sous-titrages sont disponibles et leur durée excède rarement 10 minutes.


Parfois deux images valent mieux qu’une longue explication : l’installation, le résultat.


Il y a du Rothko dans la dernière série de Hiroshi Sugimoto, photographe de 73 ans dont les travaux ont souvent fait rimer expérimentation et contemplation (on se souvient de ses « Seascapes »). Actuellement exposée à la galerie parisienne Marian Goodman, « Opticks » est une recherche autour de la couleur dans ce qu’elle a de plus simple et de plus pur. En pratique, le Japonais photographie la réfraction de la lumière du jour à l’aide d’un Polaroid ; le film instantané est ensuite scanné puis imprimé en grand format. “Ces tirages, dit-il jolimentsont le miroir des couleurs qui peuplent mon esprit.”


Il y a 100 ans naissait Clemens Kalisher, photographe dont la réputation ne dépassa jamais le cercle des amateurs avertis (à tort) mais dont on connaît tous indirectement le travail. C’est en effet à lui, entre autres, que Norman Rockwell faisait appel pour réaliser les clichés qui servaient de supports à ses dessins si criants de vérité.

 
« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : capture d’écran du site du Monde