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Clique clac #178

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À moins d’avoir un proche atteint par cette maladie, il y a peu de chance que vous connaissiez la dégénérescence maculaire liée à l’âge (ou DMLA). Ce trouble de la vue est pourtant la première cause de handicap visuel chez les plus de 50 ans dans les pays industrialisés. Pour sensibiliser à cette pathologie méconnue, l’association DMLA, Retina France et Novartis ont lancé une campagne de sensibilisation qui aurait dû prendre la forme d’une exposition photo itinérante mais qui, crise sanitaire oblige, est finalement visible en ligne. Les organisateurs ont fait appel à Ambroise Tézenas pour traduire, à travers ses yeux d’artiste, le regard des patients atteints de DMLA. Le choix peut surprendre quand on connaît un peu le travail du photographe, mais il s’avère pertinent quand on parcourt « Dans tes yeux » (cliquez sur « Accessibilité » en haut à droite si le chargement prend trop de temps). Il faut préciser qu’Ambroise Tézenas est concerné de près par la maladie puisque sa mère en souffre : « C’est un sujet dont elle parle peu. Or ce travail a quelque peu libéré sa parole. J’ai par exemple appris qu’elle avait du mal à déchiffrer le nom des rues. Ou encore, qu’elle reconnaissait moins bien les visages de personnes de son entourage, sans oser le dire. Autant de scènes qui ont été décrites par les patients que j’ai rencontrés. C’est là toute la valeur de ce travail : libérer la parole et permettre aux malades de réaliser qu’ils ne sont pas seuls, que leur entourage peut les comprendre et les soutenir. »

« Les deux seuls pays où j’ai été empêché d’approcher des démantèlements de camps [de migrants], c’est la Hongrie de Viktor Orban et le Maroc de Mohammed VI. » Le photojournaliste Louis Witter ajoutera désormais la France à sa liste, puisqu’il n’a pas été autorisé à accéder aux sites de Grande-Synthe et Coquelles les 29 et 30 décembre derniers. Ce qui ne l’a pas empêché de faire quelques images « en grugeant ».


Keh Camera, leader américain de la revente d’appareils photo d’occasion, a dressé les Tops 10 (en numérique et en argentique) de ses ventes pour l’année écoulée.


Photojournaliste nigériane, Nelly Atting documente depuis 2014 les déplacements de populations consécutifs aux exactions de Boko Haram et s’attache en particulier à démontrer l’importance de la scolarisation, y compris dans les camps de fortune. Un travail plein d’espoir mais qui n’oblitère pas les traumas racontés par les personnes qu’elle croise : « Le plus difficile est d’absorber ces histoires et de rentrer chez soi pour dormir. »


CES PHOTOGRAPHES QUI EXPLORENT LA THÉMATIQUE DES FRONTIÈRES GÉOGRAPHIQUES…
• Avec « Stupid borders », Ruben Martin de Lucas pointe le caractère artificiel des frontières à travers un dispositif qui relève autant de la performance que de la photographie.
• Avec « The Occupied », Claire Thomas documente le quotidien de Palestiniens jeunes ou moins jeunes vivant à Bethléem ou Hébron sous contrôle administratif et militaire israélien.
• Avec « Ce que j’ai vu, ce que je sais », Laetitita Tura donne la parole à des réfugiés qui ont survécu à la traversée de la Méditerranée et « portent la frontière en eux ».
• Avec « L’Atlas des bords », Florent Meng prolonge son travail sur les questions de territorialité en s’intéressant aux frontières entre zone urbanisées et rurales, notamment en Seine-et-Marne.


CES PHOTOGRAPHES QUI EXPLORENT LA THÉMATIQUE DES FRONTIÈRES DE GENRE…
• Avec « I travestiti », travail précurseur en partie exposé à la galerie Ciaccia Levi, Lisette Carmi documente le quotidien des travestis et des transsexuels de Gênes au milieu des années 1960.
• Avec « Flower beauty boys », Corinne Mariaud s’intéresse à de jeunes hommes qui, à Séoul, Tokyo ou Singapour, se maquillent pour se donner une apparence androgyne.
• Avec ce reportage pour AP, Natacha Pisarenko illustre l’inscription dans la loi argentine d’un quota d’emplois dédiés aux personnes transgenres dans le secteur public.
• Avec la revue The Eyes, Nadège Piton et SMITH explorent les représentations des identités trans à travers 18 portfolios.


Vous n’avez jamais visité la galerie Polka ? Une double immersion 3D vous permet d’y remédier et, accessoirement, de profiter des deux expositions actuellement visibles à la galerie : « Do you open your eyes in the sea ? » de Miho Kajioka et « Chine(s) » de Marc Riboud.


Dans la longue série des photographes qui plient le réel à leurs désirs non pas à l’aide de logiciels mais avec des bouts de papier et beaucoup d’inventivité, on vous présente Rich McCor.


« Montrer le beau ne suffit plus pour alerter les gens sur le désastre écologique qui advient », entend-on régulièrement. Eh bien, on a un contre-exemple. Pour illustrer sa newsletter mensuelle, Terra Quantum a sélectionné une photo de Georghe Popa suffisamment belle et intrigante pour que l’on clique dessus. Son intitulé, « Golden feathers », laisse entendre que l’on regarde en gros plan le plumage d’un oiseau exotique. Mais comme nous l’apprend le commentaire du photographe amateur (et pharmacien de métier), il s’agit en fait d’une vue du ciel réalisée au-dessus de l’ancien village roumain de Geamana, rayé de la carte au milieu des années 1980 pour être transformé en bassin de décantation pour les déchets résultant du traitement du minerai de cuivre dans la proche carrière de Rosia Poieni. Parce qu’on est d’un naturel curieux, on pousse un peu nos recherches et on tombe sur ce grand format de 2019 signé Marie-Adélaïde Scigacz (photos et textes) où l’on apprend que d’autres projets (extraction d’or et d’argent) tout aussi dévastateurs sont à l’étude dans la région. Comme quoi la beauté, même empoisonnée, peut conduire à une meilleure connaissance des menaces qui pèsent sur le vivant.


À l’occasion du 50e anniversaire de la station, FIP organise un concours photo. Le principe est simple : se mettre en scène alors qu’on écoute la radio. Les meilleurs portraits d’auditeurs feront l’objet d’une exposition à la Maison de la Radio.


Et bonne année à tous les youtubeurs !

 
« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.