INCROYABLE : une oeuvre jugée "non-originale" tomberait dans le domaine public !

Démarré par Le Troisième Oeil, Juillet 03, 2013, 23:02:36

« précédent - suivant »

Diapoo®

Citation de: Le Troisième Oeil le Juillet 05, 2013, 13:22:54
(...) Mais loin d'enlever quoique ce soit au manquement incriminé, ça ajoute l'incapacité à assumer à l'aveu d'un malaise . Franchement (réfléchis-y), qu'est-ce qui t'empêchait de répondre en disant : "Oui, dans le fond tu as raison, j'ai déconné à peu de frais sans mesurer que ma plaisanterie était déplacée vis-à-vis de cette femme" ?
Là tu aurais gagné mon respect et, mieux encore, le tien... à tes propres yeux. :) ;) (...)

Tu ne manques pas de culot ... C'est la marque habituelle des grands donneurs de leçons  :o
Le mieux est l'ennemi du bien...

Le Troisième Oeil

#26
Citation de: Vael84 le Juillet 05, 2013, 17:53:08
Tu es complètement à l'ouest mon pauvre gars.   ::) Mais ça je le savais déjà.

Faut grandir dans ta tête mon petit, tu ne peux pas toujours avoir 15 ans  ::)
Reviens sur terre ! Je te proposerais bien d'acquérir un quatrième oeil mais je crois que ça ne servirai pas à grand chose.

Il n'y a pas que le tarot dans la vie  ::) Je ne sais même pas qui est cette femme, je n'ai pas lu l'article et je n'ai pas envie de soutenir sa cause. J'ai envie de faire des photos et de riholer avec les copains.
Qu'est-ce que tu viens nous foutre un lien sur le tarot ?

"Faut grandir dans ta tête mon petit, tu ne peux pas toujours avoir 15 ans"...
T'inquiète : j'ai bien compris que c'est un âge que tu te réservais, et je te le laisse : "rigole" bien ! ::)

"Je ne sais même pas qui est cette femme"...
Alors, pourquoi te permets-tu de lui manquer de respect (comme à moi, du reste) ?
"je n'ai pas lu l'article"...
Alors, pourquoi viens-tu ici faire le beau ?
"et je n'ai pas envie de soutenir sa cause"...
Précisément parce que tu n'as toujours pas capté que ça pouvait AUSSI être la tienne un jour... Et c'est tout le sens de ce fil que, manifestement, tu n'a pas compris.

"J'ai envie de faire des photos"...
C'est bien, on est content pour toi... Qu'est-ce qui t'en empêche ?
"et de rigoler avec les copains"...
Tiens, je croyais "qu'on ne pouvait pas toujours avoir 15 ans !  :P ::)... :D.

"Qu'est-ce que tu viens nous foutre un lien sur le tarot ?"...
Cf. ci-dessus ET l'introduction de ce fil : son livre eut aussi bien pu porter sur "La gastronomie islandaise", "Le contrepoint dans les fugues de JS Bach" ou La politique monétaire dans l'Allemagne de Willhem II : c'est une question de PRINCIPE. Mais tu ne connais manifestement pas ce mot ; pas assez "rigolo", trop "intello" pour toi, sans doute ?...

Bref, si ce sujet (sérieux) te dépasse, personne ne t'oblige à venir sur ce fil ramener ton j'en-foutisme rigolard d'ado. Va troller ailleurs... "avec tes copains" !  ::) :(
Nikon ni maître

Le Troisième Oeil

Nikon ni maître

Le Troisième Oeil

Citation de: Vael84 le Juillet 05, 2013, 21:10:18
Oui mais moi je ne donne pas de leçons de morale et de bien-penser aux autres
Quel dommage, quelle perte ! Ce serait tellement édifiant... et amusant ! Oh si, je t'en prie... FAIS-LE ! :D

Je ne supporte pas le beni-ouiouisme
??? Si ce mot avait un sens, ce serait celui d'approuver tout et son contraire ; guère de rapport avec le propos de ce fil,
non plus qu'avec les arguments que j'ai pu développer. Mais, bon, il te fallait bien trouver quelque chose pour exprimer ta
colère de... de n'avoir rien à dire, au fond, sur le sujet. Tant il est vrai qu'au bout d'un moment, s'opposer pour s'opposer,
ça tourne un peu en rond...

Nikon ni maître

snorg

Heu... le truc sur le tarot... c'était une connerie hein... :o
cela étant dit, je ne vois vraiment pas pourquoi on ne se moquerait pas des uns et des autres, on n'est pas sur un forum d'enfants de chœur, si ?
Ce qui nous amène à une autre question philosophique : le respect est-il une valeur si indispensable qu'on ne puisse le questionner ?
vous m'en ferez trois pages.

Verso92

Citation de: fski le Juillet 04, 2013, 17:34:59
beh si le nombre de post faisait le salaire, Verso aurait depuis un long moment un D800  ;D ;D ;D ;D

Ne sois pas inquiet pour moi, fski : si je n'ai pas de D800 (pour l'instant), ce n'est pas pour une question d'argent.
Mais merci quand même pour ta sollicitude.

Vinch

Citation de: Le Troisième Oeil le Juillet 05, 2013, 00:31:34
Ce serait une raison pour qu'elle soit spoliée de ses droits ? Car c'est de cela dont il est question dans ce fil, d'un PRINCIPE de droit. Pas de savoir si les techniques ésotériques valent qu'on s'y intéressent ou pas. Car sachez qu'il y a des gens, tout aussi dignes de respect que vous ou moi, que ces sujets intéressent et même passionnent...
1/ Tu pars du principe qu'elle a des droits. Or, le droit de l'auteur sur ce qu'il publie n'existe qu'à condition que son oeuvre soit originale. Le juge a réfuté cette originalité. Donc, elle n'a pas de droit. N'ayant pas de droit, elle n'en a pas été volée.

2/ Tu contestes le jugement puisque tu estimes qu'on lui a volé ses droits : l'as-tu lu ? As-tu lu le bouquin que tu défends ? Non, pas plus que moi, d'ailleurs. Mais au lieu de donner des leçons en te drapant dans une position de principe, pense aux conséquences d'une telle position sur la création littéraire, artistique, intellectuelle : si toute forme d'expression (donc non originale) est susceptible d'appropriation, alors "il fait beau", "bonjour, ça va ?", "Madame Michu a perdu son chat" sont autant d'expressions qui seront privatisées (au sens d'approprié) et que personne d'autre ne pourra utiliser sans heurter le droit de celui qui les a écrites et/ou déposées en premier. Le droit d'auteur, en exigeant cette condition d'originalité, nous sauve de l'immobilisme créatif qui résulterait de cette privatisation.

Citation de: Le Troisième Oeil le Juillet 05, 2013, 00:31:34Y'a franchement des jours où je me demande, par rapport à certains ::), ce qu'ils font de leur éducation quand ils se retrouvent bien planqués derrière un clavier. Ou plutôt (hélas), :'( je ne me le demande plus...
Mon clavier, je l'utilise pour publier car je suis auteur, figure-toi. Je dois publier entre 5 et 10 oeuvres originales par an. Je sais ce que cela me rapporte. Je sais aussi les efforts que cela représente. Et je sais également ce qui est original de ce qui ne l'est pas (dans mes propres écrits) : enchaîner les lieux communs et les truismes à longueur de pages n'a jamais fait une oeuvre, pas plus que photographier à tout va n'importe quoi et de n'importe quelle façon. L'originalité, c'est l'apport de l'auteur à un récit, à une peinture, à une photographie ou à toute forme d'expression de l'esprit.

Un exemple : entre "j'étais en train de boire un verre à la terrasse d'un bistrot quand une superbe femme est passée. J'ai vu qu'elle me voyait et que quelque chose aurait été possible. Le temps de réagir, elle avait disparu. J'ai loupé le grand amour !" (propos d'une banalité affligeante, creux, sans aucune originalité) et

"La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !"

Sublime Baudelaire, misérable moi !

J'exprime tout cela sans aucune animosité à ton égard.

Verso92

Citation de: Vinch le Juillet 06, 2013, 09:52:01
Un exemple : entre "j'étais en train de boire un verre à la terrasse d'un bistrot quand une superbe femme est passée. J'ai vu qu'elle me voyait et que quelque chose aurait été possible. Le temps de réagir, elle avait disparu. J'ai loupé le grand amour !" (propos d'une banalité affligeante, creux, sans aucune originalité) et

"La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !"

Sublime Baudelaire, misérable moi !

J'exprime tout cela sans aucune animosité à ton égard.

Je ne peux qu'être d'accord avec toi : Baudelaire, c'est de la balle !
Maintenant, il ne viendrait à l'idée de personne, j'imagine, de réclamer des droits sur ça, par exemple :

Tall and tan and young and lovely
The girl from Ipanema goes walking
And when she passes
Each one she passes goes, aaaaaah

When she walks, she's like a samba
That swings so cool and sways so gently
That when she passes
Each one she passes goes, aaaaaah

Ooh, but he watches so sadly
How can he tell her he loves her
Yes, he would give his heart gladly
But each day, when she walks to the sea
She looks straight ahead, not at him

Tall, and tan, and young, and lovely
The girl from Ipanema goes walking
And when she passes
He smiles, but she doesn't see

Ooh, but he sees her so sadly
How can he tell her he loves her
Yes, he would give his heart gladly
But each day, when she walks to the sea
She looks straight ahead, not at him

Tall, and tan, and young, and lovely
The girl from Ipanema goes walking
And when she passes
He smiles, but she doesn't see

Verso92

Citation de: Vinch le Juillet 06, 2013, 09:52:01
Mon clavier, je l'utilise pour publier car je suis auteur, figure-toi. Je dois publier entre 5 et 10 oeuvres originales par an. Je sais ce que cela me rapporte. Je sais aussi les efforts que cela représente. Et je sais également ce qui est original de ce qui ne l'est pas (dans mes propres écrits) : enchaîner les lieux communs et les truismes à longueur de pages n'a jamais fait une oeuvre, pas plus que photographier à tout va n'importe quoi et de n'importe quelle façon. L'originalité, c'est l'apport de l'auteur à un récit, à une peinture, à une photographie ou à toute forme d'expression de l'esprit.

Un exemple : entre "j'étais en train de boire un verre à la terrasse d'un bistrot quand une superbe femme est passée. J'ai vu qu'elle me voyait et que quelque chose aurait été possible. Le temps de réagir, elle avait disparu. J'ai loupé le grand amour !" (propos d'une banalité affligeante, creux, sans aucune originalité) [...]

Moi aussi il m'arrive d'écrire des choses d'une banalité affligeante. Par exemple :

"Longtemps, je me suis couché de bonne heure."
C'est la première phrase d'un roman plus ou moins autobiographique que je compte bien terminer avant d'être à la retraite (mais je butte pour l'instant sur la deuxième phrase...).

Verso92


fski

Citation de: Verso92 le Juillet 06, 2013, 09:02:32
Ne sois pas inquiet pour moi, fski : si je n'ai pas de D800 (pour l'instant), ce n'est pas pour une question d'argent.
Mais merci quand même pour ta sollicitude.

Tu as raison, j'ai toujours pense ( sauf soucis ) qu' il est bon de sauter une generation dans les produits electoniques

Verso92

Citation de: SurSon31 le Juillet 06, 2013, 10:27:20
une recherche du temps perdu  ;D ;)

Une chose est sûre : avec une phrase aussi banale, fort peu de chance de plagier un écrivain célèbre dont les ayant droits pourraient me poursuivre !

Citation de: Verso92 le Juillet 06, 2013, 10:21:55
C'est la première phrase d'un roman plus ou moins autobiographique que je compte bien terminer avant d'être à la retraite (mais je butte pour l'instant sur la deuxième phrase...).

Par contre, pour les phrases suivantes, je n'arrive pas à retrouver l'aspect concis de celle-ci : je pars dans des phrases d'une longueur à n'en plus finir...

ninon

Citation de: SurSon31 le Juillet 05, 2013, 16:21:23
Si tu adhère entièrement tu défend le droit d'auteur que tu condamnais juste avant en etant entièrement d'accord sur le fait que c'était une calamité:-)

Pas très cohérent.

...Je ne sais si tu es payé pour "donner du sens", mais je persiste a penser que mes deux très courtes interventions ne sont pas incompatibles et conservent tout leur sens!
   Je sais parfaitement ce que sont des droits d' auteur, j' ai 17 ans d' activité créatrice conservés à la B.N et dont les droits courent pour mes héritiers, encore 50 ans après ma mort!
   Je trouve ta position, auto proclamée, d' "arbitre des élégances" un peu usurpée!... ;D ;)

ninon

...Et de plus, je prétend être le plus à l' ouest de vous tous!... ;D

ninon

Citation de: JMS le Juillet 06, 2013, 15:57:25
Pourquoi seulement 50 ans ? Tu as donné 20 ans gratuits à Google par testament ?  ;)

...C' est pour spolier mes héritiers! ;D...De toute manières, dans 70 ans + ce qui me reste à vivre, tout cela sera tombé dans le plus sombre oubli, et c' est très bien ainsi!
    La prise de conscience de ce qu' est la "vanité", est la plus formidable paire de lunettes! ;)

ninon

Citation de: SurSon31 le Juillet 06, 2013, 16:00:24
Reste à savoir lequel des sens choisir :-)

...Celui que tu veux, il n' y a pas de sens interdit en ce qui me concerne! ;D
  Soit dit en passant, le "gros mot" de MORALE a été proféré et brandi à la façon d' un "vade rétro satanas"...et je dois dire à mon corps défendant, que malheureusement, nous vivons une époque ou ce mot est plus que jamais d' actualité, face au manque total de vergogne et à la "culture du mépris" qui caractérise l' humanité actuelle! Le retour de balancier sera pénible, certes, mais Ô combien salvateur! :(

Le Troisième Oeil

#41
Citation de: Vinch le Juillet 06, 2013, 09:52:01
1/ Tu pars du principe qu'elle a des droits. Or, le droit de l'auteur sur ce qu'il publie n'existe qu'à condition que son œuvre soit originale. Le juge a réfuté cette originalité. Donc, elle n'a pas de droit. N'ayant pas de droit, elle n'en a pas été volée.
BIEN ENTENDU, ELLE S'EST POURVUE EN APPEL (aujourd'hui, juridiquement, elle a donc le droit de prétendre avoir été volée). ET C'EST PARCE QUE LE JUGE,DANS SES ATTENDUS, S'EST MONTRÉ D'UNE INCOHÉRENCE CRASSE, QU'ELLE A DE BONNES CHANCES DE GAGNER.

2/ Tu contestes le jugement puisque tu estimes qu'on lui a volé ses droits : l'as-tu lu ?
OUI, il est en ligne, à partir du lien que j'ai posté.

As-tu lu le bouquin que tu défends ? Non, pas plus que moi, d'ailleurs. Mais au lieu de donner des leçons en te drapant dans une position de principe, pense aux conséquences d'une telle position sur la création littéraire, artistique, intellectuelle : si toute forme d'expression (donc non originale) est susceptible d'appropriation, alors "il fait beau", "bonjour, ça va ?", "Madame Michu a perdu son chat" sont autant d'expressions qui seront privatisées (au sens d'approprié) et que personne d'autre ne pourra utiliser sans heurter le droit de celui qui les a écrites et/ou déposées en premier. Le droit d'auteur, en exigeant cette condition d'originalité, nous sauve de l'immobilisme créatif qui résulterait de cette privatisation.
ICI, TU CONFONDS, D'UNE PART LE DROIT D'AUTEUR (QUI CONCERNE UNE ŒUVRE, EN EFFET "ORIGINALE") ET LES ÉLÉMENTS D'UNE ŒUVRE QUI, EUX, NE PEUVENT ÊTRE PROTÉGÉS (tu peux protéger la photo d'une clairière mais pas la clairière elle-même ; une symphonie... mais pas l'accord de Fa majeur !) ; D'AUTRE PART LA PROTECTION D'UNE ŒUVRE ET... LE DROIT DE CITATION (que Verso s'amuse à utiliser : "Longtemps je me suis couché de bonne heure"...).
[...]
Un exemple : entre "j'étais en train de boire un verre à la terrasse d'un bistrot quand une superbe femme est passée. J'ai vu qu'elle me voyait et que quelque chose aurait été possible. Le temps de réagir, elle avait disparu. J'ai loupé le grand amour !" (propos d'une banalité affligeante, creux, sans aucune originalité) et
     "La rue assourdissante autour de moi hurlait.
      Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
      Une femme passa, d'une main fastueuse
      Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
      Agile et noble, avec sa jambe de statue.
      Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
      Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
      La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
      Un éclair... puis la nuit ! – Fugitive beauté
      Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
      Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
      Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
      Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
      Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !"
J'ADORE BAUDELAIRE ET CE POÈME N'EST PAS LE MOINDRE DE CEUX QUE J'APPRÉCIE QUASI... INTIMEMENT (qui résonne d'ailleurs en moi avec "Les Passantes" d'Antoine Pol, merveilleusement mis en musique par Brassens).
MAIS CELA NE RETIRE RIEN À ta phrase "d'une banalité affligeante", car celle-ci peut très bien AUSSI être un élément d'une histoire complexe, œuvre de l'esprit, peut-être mal écrite (c'est subjectif) mais néanmoins ORIGINALE.

:)
Nikon ni maître

Vinch

Citation de: Verso92 le Juillet 06, 2013, 10:21:55
Moi aussi il m'arrive d'écrire des choses d'une banalité affligeante. Par exemple :

"Longtemps, je me suis couché de bonne heure."
C'est la première phrase d'un roman plus ou moins autobiographique que je compte bien terminer avant d'être à la retraite (mais je butte pour l'instant sur la deuxième phrase...).
Tu cours après le temps perdu ?  :D
Une autre phrase d'une banalité affligeante, d'un étranger : "Aujourd'hui, Maman est morte".

pourquoipas

Flickr makalux

Verso92

Citation de: Vinch le Juillet 06, 2013, 17:18:46
Tu cours après le temps perdu ?  :D
Une autre phrase d'une banalité affligeante, d'un étranger : "Aujourd'hui, Maman est morte".

Ou peut-être hier, je ne sais pas.
Le doute s'installe, Albert...

Vinch

1/ Tu pars du principe qu'elle a des droits. Or, le droit de l'auteur sur ce qu'il publie n'existe qu'à condition que son œuvre soit originale. Le juge a réfuté cette originalité. Donc, elle n'a pas de droit. N'ayant pas de droit, elle n'en a pas été volée.
BIEN ENTENDU, ELLE S'EST POURVUE EN APPEL (aujourd'hui, juridiquement, elle a donc le droit de prétendre avoir été volée). ET C'EST PARCE QUE LE JUGE,DANS SES ATTENDUS, S'EST MONTRÉ D'UNE INCOHÉRENCE CRASSE, QU'ELLE A DE BONNES CHANCES DE GAGNER.

Avoir le droit d'agir et être titulaire du droit substantiel au fond sont deux choses différentes.

2/ Tu contestes le jugement puisque tu estimes qu'on lui a volé ses droits : l'as-tu lu ?
OUI, il est en ligne, à partir du lien que j'ai posté.

As-tu lu le bouquin que tu défends ? Non, pas plus que moi, d'ailleurs. Mais au lieu de donner des leçons en te drapant dans une position de principe, pense aux conséquences d'une telle position sur la création littéraire, artistique, intellectuelle : si toute forme d'expression (donc non originale) est susceptible d'appropriation, alors "il fait beau", "bonjour, ça va ?", "Madame Michu a perdu son chat" sont autant d'expressions qui seront privatisées (au sens d'approprié) et que personne d'autre ne pourra utiliser sans heurter le droit de celui qui les a écrites et/ou déposées en premier. Le droit d'auteur, en exigeant cette condition d'originalité, nous sauve de l'immobilisme créatif qui résulterait de cette privatisation.
ICI, TU CONFONDS, D'UNE PART LE DROIT D'AUTEUR (QUI CONCERNE UNE ŒUVRE, EN EFFET "ORIGINALE") ET LES ÉLÉMENTS D'UNE ŒUVRE QUI, EUX, NE PEUVENT ÊTRE PROTÉGÉS (tu peux protéger la photo d'une clairière mais pas la clairière elle-même ; une symphonie... mais pas l'accord de Fa majeur !) ; D'AUTRE PART LA PROTECTION D'UNE ŒUVRE ET... LE DROIT DE CITATION (que Verso s'amuse à utiliser : "Longtemps je me suis couché de bonne heure"...).

Non, je ne confonds pas : j'ai simplifié mon propos à des fins pédagogiques. J'ajoute à ta réponse que ce n'est pas l'idée qui est protégée mais sa formalisation. En outre, si la clairière ne peut être protégée au titre du droit d'auteur, elle peut l'être sur le fondement du droit de propriété (mais on sort du sujet).
Et puisque distinctions il faut opérer, alors n'oublie pas que le droit de citation suppose... de citer sa source ce qui n'est pas le cas manifestement dans l'affaire du livre sur le tarot.

[...]
Un exemple : entre "j'étais en train de boire un verre à la terrasse d'un bistrot quand une superbe femme est passée. J'ai vu qu'elle me voyait et que quelque chose aurait été possible. Le temps de réagir, elle avait disparu. J'ai loupé le grand amour !" (propos d'une banalité affligeante, creux, sans aucune originalité) et
     "La rue assourdissante autour de moi hurlait.
      Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
      Une femme passa, d'une main fastueuse
      Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
      Agile et noble, avec sa jambe de statue.
      Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
      Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
      La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
      Un éclair... puis la nuit ! – Fugitive beauté
      Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
      Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
      Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
      Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
      Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !"
J'ADORE BAUDELAIRE ET CE POÈME N'EST PAS LE MOINDRE DE CEUX QUE J'APPRÉCIE QUASI... INTIMEMENT (qui résonne d'ailleurs en moi avec "Les Passantes" d'Antoine Pol, merveilleusement mis en musique par Brassens).
MAIS CELA NE RETIRE RIEN À ta phrase "d'une banalité affligeante", car celle-ci peut très bien AUSSI être un élément d'une histoire complexe, œuvre de l'esprit, peut-être mal écrite (c'est subjectif) mais néanmoins ORIGINALE.

+1 à tout cela (Baudelaire et l'élément simple d'un tout complexe, bien sûr)  ;)

Vinch


Vinch

Non, du moment qu'il motive correctement sa décision. Le juge a précisément pour fonction d'interpréter la loi, ce qui lui donne un pouvoir d'appréciation. Lui réfuter ce pouvoir revient à nier la séparation des pouvoirs et c'est beaucoup plus dangereux que de prendre le risque de la mauvaise interprétation. D'autant qu'il est (presque) toujours possible au justiciable d'exercer des voies de recours pour contester la décision qui lui est défavorable.
Je n'ai pas lu le jugement de l'affaire du livre sur le tarot, et je ne lirai pas puisque vous dites qu'il est à ch... ( ;D). S'il est mal motivé, il sera réformé en appel, et l'arrêt d'appel pourra être également déféré devant la Cour de cassation. 

Verso92


Zouave15

Il me semble que vous confondez le piratage et le plagiat.

Au sujet du livre sur le tarot, il est par essence peu original, puisqu'il reprend une tradition établie depuis des millénaires, sans faire œuvre d'originalité ou même de nouveauté sur la forme (sur le même sujet, il y a d'autres livres plus personnels). Cette femme annonce d'ailleurs la couleur, puisque son intention est de mettre le tarot accessible à tout le monde comme l'est la psychologie ; par essence, donc, pas de réflexions personnelles ou profondes).

Cette absence d'originalité donne selon moi uniquement le droit de partir des informations et de refaire autre chose ou plus ou moins la même chose. En appliquant ce raisonnement, cela permet par exemple d'écrire sur l'histoire, les sciences, la philosophie et tout le reste sans se faire poursuivre du moment qu'on prend la peine de réécrire les phrases (sinon, c'est du plagiat).

Mais si l'absence d'originalité donne le droit de pirater un bouquin (ou un blog, à l'identique), alors pourquoi ne pas pomper et mettre en ligne TOUS les bouquins de cours dans toutes les matières ? Et aussi Encyclopédie Universalis en ligne ? Ou de faire des blogs pseudo-cultivés en y publiant les textes des autres ?

On peut ajouter qu'un roman ayant toujours des structures (de phrase, de paragraphe, de l'histoire elle-même) et leur nombre étant fini, il n'y a guère d'originalité à démontrer, seulement une empreinte de l'auteur plus ou moins perceptible. Curieusement, cependant, tous les gens qui savent écrire ne savent pas faire un roman, surtout sans plagier.

Bien entendu, si on est objectif, extrêmement peu de photos sont originales.

Tout cela ne donne pas le droit de pirater, seulement de refaire d'une manière proche. D'ailleurs si l'originalité était réellement le sésame, Wikipédia ne se serait pas donnée la peine d'établir des licences, vu qu'aucun texte n'y est original (par définition).

Bref, comme le souligne JMS, il faut bien évidemment supprimer le besoin d'originalité, qui n'est par ailleurs pas inscrit dans la loi mais dans la doctrine.

Quant aux critiques sur cette dame ou le tarot ils ne démontrent que l'inculture crasse (et les craintes devant l'inconnu) de leurs auteurs (mais ça, on les avait déjà vu à l'œuvre).

Dernier point, la durée de 70 ans n'est pas au départ faite pour enrichir le survivant (ce que je conteste personnellement, tout comme l'héritage qui nous fait une société de nantis) mais pour éviter que les exploitants n'attendent la mort de l'auteur (ce qui se faisait, de même qu'on attend la fin de la propriété intellectuelle, donc 70 ans, pour rééditer à bon compte bien des écrivains).