Scènes de vie animalières du Kenya

Démarré par robsou, Juin 25, 2024, 11:14:06

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robsou

Merci à tous pour vos commentaires.
Je poursuis avec une seconde série sur les Lions illustrant des scènes comportementales typiques de prédation, de combat entre mâles et de parade sexuelle.  Nous avons été spectateurs de scènes de chasse où des lionnes se coordonnaient pour traquer et encercler un Buffle auquel s'était associé par la suite un lion. Ce sont des scènes prédatrices peu communes durant la journée car les Lions sont plus actifs et se déplacent sur de plus longues distances pendant la nuit, l'aube ou le crépuscule. Les stratégies prédatrices des lionnes sont en grande partie déterminées par le coût énergétique de la chasse par rapport au bénéfice de l'apport énergétique après l'ingestion de la proie. De fait, les proies ayant une masse corporelle et un apport énergétique importants sont généralement préférées même si leur capture présente un coût non négligeable en mettant potentiellement en danger la vie des prédateurs. Une analyse de 32 études portant sur 48 lieux a révélé que le Lion s'attaque de préférence à des espèces dont le poids est compris entre 190 et 550 kg. L'une de leurs proies préférées (avec le zèbre, l'oryx et le gnou), selon certaines études, est le Buffle d'Afrique malgré qu'il soit redouté.  Les buffles représentent une proie imposante (425–870 kg chez l'adulte en fonction du sexe et de l'âge) et dangereuse à traquer pour les Lions mais l'investissement énergétique rend les risques potentiellement gratifiants, ce qui explique que certains travaux ont rapporté que des Lions pouvaient chasser presque exclusivement des buffles, en particulier lorsque les espèces migratrices étaient absentes.
Pour traquer un Buffle et le conduire dans une embuscade, les lionnes encerclent la proie, et s'en approchent de façon coordonnée, mais chaque lionne remplit un rôle complémentaire (par exemple, conduite, rabattage, attaque par le flanc et projection sur la proie, morsure à la nuque).
En favorisant la chasse coopérative,  le risque de blessure et les coûts énergétiques sont plus réduits et la quantité de nourriture par individu est augmentée. Selon certains travaux, pour répondre à leurs besoins énergétiques élevés, les lions mâles et femelles doivent consommer en moyenne 10 kg et 7,5 kg de viande de proie par jour, respectivement, mais ils peuvent rester jusqu'à plusieurs jours sans se nourrir.
Dans la série d'images, l'attaque blessera le buffle mais ne permettra pas au groupe de prédateurs d'atteindre leur objectif. 
Deux jours après, nous avons constaté un buffle qui servait de festin à un groupe de lionnes, mais s'agit-il du même buffle rencontré deux jours auparavant ?

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robsou


robsou

#77
Nous avons également assisté à quelques scènes de parade mâle-femelle et de combat entre deux mâles qui convoitaient probablement la même femelle. En règle générale, la femelle fait savoir au mâle qu'elle est réceptive en s'approchant, en tournant autour de lui tout en émettant de légers grognements, puis se roule à proximité, en frottant sa tête contre son cou. Elle peut aussi se mettre à plat ventre et relever la croupe pour présenter une posture, appelée lordose, signe que la copulation peut avoir lieu. Pour vérifier la fécondité d'une femelle, le mâle utilise un organe dédié à la perception de phéromones, appelé organe voméronasal (ou organe de Jacobson), situé sous le palais. D'un point de vue comportemental, le mâle adopte une posture caractéristique, appelé flehmen, typique de certains mammifères. Ils dressent la tête et relèvent la lèvre supérieure pour permettre à l'organe voméronasal situé sous la surface intérieure du nez de détecter des phéromones de femelles en œstrus.  Pendant l'accouplement, le lion garde la nuque de la femelle dans sa gueule et la mord au cou ce qui favorisera l'immobilisation de la femelle et la copulation.

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Les lions interagissent souvent avec d'autres espèces comme les hyènes tachetées qui sont les prédateurs souvent en concurrence pour les mêmes proies et évoluent sur des territoires qui se chevauchent. Même sans raison apparente, comme l'absence d'une proie fraîchement tuée, les Lions peuvent harceler ou attaquer de façon proactive des hyènes, probablement parce que les hyènes sont aussi des prédatrices de lionceaux. Dans cette photo, un groupe de lionnes poursuivent et font fuir une Hyène tachetée isolée.

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al1sth

Les scènes de chasse sont impressionnantes et extrêmement bien restituées ! Bien entendu, les autres prises sont également très intéressantes.
Alain Lalieu.

daniel63

je me suis régalé avec tes superbes photos

ChrisC06

De belles images et des commentaires instructifs...  ;)
Un régal !
Chris

etsocal

Les photos sont très belle et l'agencement tu leur a concocté permet déjà à lui seul de raconter une histoire mais l'excellent commentaire qui les accompagne les sublime avec brio.

Un grand merci pour ces belles photos et peut-être plus encore pour le texte fort instructif et si magnifiquement bien écrit, un vrai plaisir. 8)
Michel

Ludo37

Citation de: etsocal le Juillet 09, 2024, 03:13:01Les photos sont très belle et l'agencement tu leur a concocté permet déjà à lui seul de raconter une histoire mais l'excellent commentaire qui les accompagne les sublime avec brio.

Un grand merci pour ces belles photos et peut-être plus encore pour le texte fort instructif et si magnifiquement bien écrit, un vrai plaisir. 8)
Je partage complètement l'intervention de Michel.
Bravo Robert.
Amicalement.
Ludo

Loucabanette

De bien belle image bien claire et a la foi terrible !
Même si c'est la nature.

Clic-Clac 51

Tout cela est très bien saisi
Je suis toujours sous le charme de tes images
Amicalement Denis ;)

robsou

Merci pour vos retours.

Je poursuis avec une série illustrant les deux espèces de Girafes rencontrées. La première la plus commune, la girafe Masai (Giraffa camelopardalis  tippelskirchi) captée dans la première photo au lever du soleil à la sortie de notre lodge dans la réserve de Masai Mara. Elle est endémique du Kenya et de la Tanzanie et se distingue des autres sous-espèces, en particulier de la Girafe réticulée,  par ses taches irrégulières en forme de feuillage sur le corps et par sa queue terminée par une longue touffe de poils noirs.  Ce sont des mammifères grégaires, avec un système social de type fission-fusion, qui forment des groupes dont la composition et la taille fluctuent constamment. Les femelles adultes ont tendance à résider dans des groupes composés principalement d'autres femelles, tandis que les mâles adultes sont généralement solitaires, mais adoptent une stratégie itinérante pour rechercher des femelles en œstrus, ce qui conduit à la formation de groupes mixtes. Les juvéniles montrent généralement les liens les plus forts avec leur mère. En dehors du lien mère-progéniture, des associations non aléatoires avec d'autres girafes ont été attribuées à de multiples facteurs, notamment l'utilisation partagée de l'espace, la parenté génétique, la similarité d'âge et de sexe, et le type d'habitat. Par exemple, des études menées chez des populations de girafes au Kenya ont montré que les adolescents ont des associations significativement plus fortes avec les adolescents de leur propre sexe en premier lieu, puis avec les adultes de leur propre sexe. Son alimentation principale consiste en des feuilles d'acacia qui contiennent l'essentiel de l'eau dont l'animal a besoin, mais peut aussi consommer des fleurs, des cosses, des graines et des fruits. 


35 et 36

robsou


robsou

La Girafe réticulée (Giraffa camelopardalis reticulata) observée à Samburu est facilement reconnaissable de la Girafe Masaï par la couleur et la taille de ses motifs qui ornent son manteau tacheté mélange d'orange et marron avec un pelage constitué de motifs polygonaux agencés de façon régulière séparés par un réseau de lignes blanches.

38 et 39

robsou


Clic-Clac 51

Quelle série encore ::)  ::)  ::) tu continues a me régaler
Bravo Robert
Amicalement Denis ;)

Loucabanette

C'est vraiment un animale splendide  :)
Il y a de belles photos sur ce forum
un régal  ;)

ChrisC06

Citation de: Clic-Clac 51 le Juillet 11, 2024, 11:18:04Quelle série encore ::)  ::)  ::) tu continues a me régaler
Bravo Robert
Amicalement Denis ;)
+ Tout pareil...  ;)
Chris

JPM84

J'ai loupé quelques "épisodes", belles photos et très beau travail bien saisi ...
Hakounamatata...

etsocal

Non seulement cette série girafes est superbe mais, comme maintenant à ton habitude, accompagnée d'explication très intéressantes qui m'ont d'ailleurs incité à aller approfondir mes connaissances sur cet animal. Un grand merci. :)  ::)   
Michel

robsou

On n'échappe pas effectivement à cette usuelle expression swahilie lors d'échanges avec des kenyans.
 
Robert

Citation de: JPM84 le Juillet 11, 2024, 18:22:59J'ai loupé quelques "épisodes", belles photos et très beau travail bien saisi ...
Hakounamatata...

robsou

#97
Merci pour votre visite commentée et vos appréciations.

Retour aux animaux à plumes avec un oiseau familier de la réserve de Masai Mara, La Grue royale (Balearica regulorum), un représentant de la famille des gruidés quelquefois confondu avec la Grue couronnée (Balearica pavonina), mais elle s'en distingue principalement par un corps gris clair (d'où son nom commun de Grey Crowned Crane), des joues blanches marquées d'une tache rouge tout en haut en arrière de l'œil, et des yeux gris pâle à bleu clair. Son aire de répartition, dans l'Est de l'Afrique, comprend les zones humides et les prairies découvertes, les savanes et les champs cultivés. Son régime omnivore est à base de végétaux (graines, herbes, feuilles, légumineuses), d'invertébrés (insectes, larves, vers), de petits vertébrés (serpents, grenouilles, poissons) et d'œufs.  Les grues royales, dont les deux sexes sont identiques, forment des couples reproducteurs monogames qui restent souvent ensemble toute leur vie. C'est un oiseau grégaire pouvant rejoindre d'autres congénères au sein d'un groupe d'environ une vingtaine individus, mais plusieurs groupes peuvent aussi se rassembler la nuit pour constituer un dortoir commun.
Vol de Grue royale capté à la sortie du lodge au petit matin.

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robsou


robsou

Les Grues royales sont connues pour leur parade nuptiale élaborée composée de manifestations vocales et motrices chorégraphiques faites de cris d'appel et de sons claironnants à tonalité basse (mettant en jeu le gonflement du sac gulaire rouge), d'extension et de battement d'ailes, de révérences/d'inclinaisons ressemblant à des danses de salut, de sauts en l'air, des courses et des vols. La danse est généralement associée à la parade nuptiale, mais elle fait aussi partie du développement moteur des grues et peut servir à soulager des tensions et à renforcer le lien entre les deux partenaires du couple.
La reproduction a lieu généralement pendant les mois les plus humides et le nid est construit soit dans l'eau stagnante, soit à proximité de celle-ci, là où il y a de la végétation haute. La grue pond de 2 à 4 œufs qui sont incubés pendant environ un mois. Les jeunes peuvent flotter sur l'eau dans les 12 heures suivant l'éclosion et les oisillons peuvent suivre leurs parents dès le deuxième jour, revenant au nid la nuit.

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