la photo c'est fini ...

Démarré par hetocy, Mars 25, 2023, 07:49:58

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AlvahGoldbrook

#1800
(Pour l'instant) on a le choix d'utiliser ou non ces technologies, et surtout dans la sphère privée.
Elles n'ont rien d'indispensable et ce n'est pas nécessaire des les faire entrer dans nos habitudes.
(Je ne sais rien des injonctions professionnelles actuellement).

J'imagine qu'à l'instar de la voiture, d'Internet, ce qui est aujourd'hui une curiosité deviendra par la suite, avec des progrès constants, un outil ancré dans le quotidien. Il y aura peut-être des réfractaires, des prudents, mais la majorité l'utilisera quotidiennement. On roule bien vite en voiture connaissant les risques...

Sauf que, quand d'autres outils soulagent physiquement (merci la télécommande, c'est si dur de se lever pour changer de chaîne), l'IA soulage...de la réflexion, de la lecture, du traitement de données, de l'apprentissage, du choix, etc. Et c'est dangereux.
C'est un outil oui mais qui dépossède.

Et je rajouterai : on n'en a pas besoin ! On a déjà tout le confort nécessaire.
(Je ne parle ici que de l'IA "domestique", pas de celle utilisée dans la recherche, la science...). Et si on me parle de " gagner du temps ", gagner du temps sur quoi ? L'apprentissage ? La création ? Pour faire quoi ? Et ne pas oublier, dans le monde du travail là, si on peut aller plus vite... on peut demander encore plus. Sauf si on est totalement remplacé, soit.

Bref, je crains que cette technologie rende l'humain encore plus fainéant, dépendant, manipulable (sans parler destruction d'emplois, consommation d'eau, d'énergie...).
Et j'oublie sûrement des choses.
Il est plus important d'être une bonne personne qu'un bon photographe.

claude 92

ça sent bon l'Ehpad tout ça...

AlvahGoldbrook

J'ai ri, mais développe s'il te plaît !
Il est plus important d'être une bonne personne qu'un bon photographe.

bozart

Citation de: Hector06 le Septembre 12, 2026, 23:08:15Je me permets une petite raillerie amicale, je trouve très « canapé » cette révolte, ce « dégoût ».
[...]Si je lis bien, c'est sur l'utilisation de l'IA pour créer une musique « inventée » collant à des paroles tout aussi inventées, écrites sur un coin de table pour n'amuser que son auteur, que vous poussez des cris d'orfraie ? ?
CitationCette utilisation de l'IA fait partie d'un système, dans lequel d'énormes quantités de procédures sont occultées, invisibilisées.
On est en droit de les connaître, elles font partie de ce truc qu'on appelle l'IA, (et qui n'est pas réductible à une seule entité de toute façon. Il y a DES IA).

Mais globalement (pour ceux qui auront envie de lire la suite un peu longue = cartels d'une récente expo "Le monde selon l'IA" au Musée du Jeu de Paume), c'est utile de réfléchir aux différents domaines qui rendent possibles nos utilisations "innocentes" de l'IA.

"Matières
Les technologies numériques revêtent une dimension
assurément matérielle et même géologique. Contrairement
à une idée très répandue, et loin de toute notion de
« dématérialisation », les données ne sont pas stockées, gérées
et traitées dans des clouds, des « nuages », mais dans des
data centers dont le fonctionnement mobilise des quantités
massives d'énergie et d'eau. Les calculs mis en œuvre pour
entraîner et utiliser les modèles d'IA sont extrêmement
énergivores, et poussent à présent les principales entreprises
de la tech à se tourner vers le nucléaire. Sous sa forme actuelle,
l'IA repose sur des industries extractives, sur l'exploitation
d'énergies et de ressources non renouvelables : eau, terres
rares, pétrole et charbon.


Cartographies de l'IA. Espaces et temps
Qu'entend-on exactement par « IA » ? Comment cartographier
cet « hyperobjet », dans lequel s'entrelacent de façon complexe
théories et technologies, sources d'énergies et matières
minérales, travail humain et données numériques, institutions
et infrastructures, politiques étatiques, idéologies d'entreprise
et capitaux financiers ? Et comment situer l'IA dans l'histoire,
en tenant compte du rôle crucial qu'elle joue désormais dans
la formation et l'articulation du savoir, de la communication, du
travail et du pouvoir ?

Intelligences collectives

L'IA peut être considérée comme l'expression d'une « intelligence
collective », à la fois humaine et non humaine. Les modèles d'IA
sont entraînés avec des jeux de données qui réunissent de vastes
quantités de contenus produits par des humains. Des millions de
« microtravailleurs » participent à l'entraînement des modèles et
à la modération des contenus générés.

Vision artificielle
Les tentatives d'automatiser la perception visuelle remontent
aux origines des recherches sur l'« intelligence artificielle » à la
fin des années 1950. Après plusieurs phases d'accélération et
de ralentissement, le développement des systèmes de vision
artificielle est entré dans une nouvelle phase à partir du début
des années 2010, au point qu'aujourd'hui ce « regard » non
humain et algorithmique transforme l'iconosphère numérique –
les milliards d'images stockées sur Internet et circulant sur une
multitude de réseaux et de plateformes – en un gigantesque
champ d'extraction et d'agrégation de données. Le « champ
de vision » de ces systèmes – avec leurs points aveugles, leurs
erreurs, leurs biais – dépend de nombreux facteurs : modèles
d'IA choisis, contenu et structure des jeux de données utilisés
pour les entraîner, travail humain déployé pour cet entraînement.

Reconnaissance des visages et des émotions
Les technologies de reconnaissance des visages et des
émotions occupent aujourd'hui une place prépondérante dans
le domaine de la vision artificielle, soulevant des enjeux éthiques
et politiques majeurs. Progressivement mises au point depuis
les années 1960, elles s'inscrivent dans l'histoire longue de la
physiognomonie, à savoir les tentatives de classer les individus
par « types » et d'établir des liens systématiques entre les traits
du visage et la personnalité, l'extériorité et l'intériorité.
Le début des années 2010 marque un tournant majeur pour
ces technologies, avec l'utilisation de nouveaux modèles d'IA
analytique et la possibilité de les entraîner au moyen de jeux de
données (datasets) comme ImageNet (2009), ce dernier étant
constitué à partir d'images photographiques massivement
récupérées sur Internet et les réseaux sociaux – sans aucune
autorisation de la part des personnes qui y étaient représentées.
Ces images ont ensuite été étiquetées à la chaîne par des
dizaines de milliers d'« ouvriers du clic », induisant dans les jeux
de données nombre d'approximations, d'erreurs et de biais.

Les systèmes algorithmiques de reconnaissance
des visages et des émotions s'inscrivent dans une
longue histoire culturelle et technique de codification
des traits du visage et de catégorisation des individus.
Ils reprennent le postulat, problématique, d'une
correspondance entre apparence, caractère et émotions,
qui sous-tendait plusieurs pseudosciences populaires
aux XVIIIe et XIXe siècles : physiognomonie, phrénologie,
craniométrie. L'invention de la photographie exacerbe
encore les velléités de fichage, instaurant des dispositifs
de surveillance policière dont on retrouve des traces
dans les modèles contemporains de reconnaissance faciale par IA.

Microtravail
Depuis la fin des années 2000, une main-d'œuvre implantée
pour la plupart dans le Sud global contribue sans relâche
à l'entraînement et à la supervision des technologies d'IA.
Recrutés et coordonnés par des plateformes de crowdsourcing
comme Amazon Mechanical Turk, des millions de « travailleurs
du clic » effectuent des tâches répétitives, telles que
l'indexation d'images ou la modération des contenus générés
par IA. Cet emploi, qui peut être psychologiquement éprouvant
quand il s'agit de repérer et d'éliminer des images montrant des
scènes de violence et d'abus, est rémunéré sur la base d'une
grille variable selon les pays de résidence, et souvent dépourvu de cadre juridique et de protection sociale.


Même si se développent des modèles plus vertueux (où sont-ils, pour quoi, pour qui ?), le plus étonnant pour moi, est l'absence (dans l'espace public) de révolte, de rejet.

Comme déjà évoqué, j'ai en face de moi des ados ( = les adultes de demain, les responsables d'actions, de décisions, les futurs parents, etc) : les diminutions de leurs facultés de réflexion, d'analyse, leur baisse d'empathie, de prise en compte du collectif, ne sont pas qu'une impression.

Je constate aussi des changements continuels dans les pages proposées issues de recherche sur internet. Leur contenu n'est plus aussi riche et diversifié, il tourne en boucle autour de quelques points "sélectionnés", voire non pertinents. 

Bref, voilà tout ce à quoi me renvoie ton innocente chansonnette crachée par l'IA. Parce que c'est ça la réalité du truc.

Bien sur : oui pour les usages au service du bien collectif. Mais il faut un max d'encadrement responsable.

Hector06

Citation de: bozart le Septembre 13, 2026, 13:42:43
Citation de: Hector06 le Septembre 12, 2026, 23:08:15Je me permets une petite raillerie amicale, je trouve très « canapé » cette révolte, ce « dégoût ».
[...]Si je lis bien, c'est sur l'utilisation de l'IA pour créer une musique « inventée » collant à des paroles tout aussi inventées, écrites sur un coin de table pour n'amuser que son auteur, que vous poussez des cris d'orfraie ? ?
CitationCette utilisation de l'IA fait partie d'un système, dans lequel d'énormes quantités de procédures sont occultées, invisibilisées.
On est en droit de les connaître, elles font partie de ce truc qu'on appelle l'IA, (et qui n'est pas réductible à une seule entité de toute façon. Il y a DES IA).

Mais globalement (pour ceux qui auront envie de lire la suite un peu longue = cartels d'une récente expo "Le monde selon l'IA" au Musée du Jeu de Paume), c'est utile de réfléchir aux différents domaines qui rendent possibles nos utilisations "innocentes" de l'IA.

"Matières
Les technologies numériques revêtent une dimension
assurément matérielle et même géologique. Contrairement
à une idée très répandue, et loin de toute notion de
« dématérialisation », les données ne sont pas stockées, gérées
et traitées dans des clouds, des « nuages », mais dans des
data centers dont le fonctionnement mobilise des quantités
massives d'énergie et d'eau. Les calculs mis en œuvre pour
entraîner et utiliser les modèles d'IA sont extrêmement
énergivores, et poussent à présent les principales entreprises
de la tech à se tourner vers le nucléaire. Sous sa forme actuelle,
l'IA repose sur des industries extractives, sur l'exploitation
d'énergies et de ressources non renouvelables : eau, terres
rares, pétrole et charbon.


Cartographies de l'IA. Espaces et temps
Qu'entend-on exactement par « IA » ? Comment cartographier
cet « hyperobjet », dans lequel s'entrelacent de façon complexe
théories et technologies, sources d'énergies et matières
minérales, travail humain et données numériques, institutions
et infrastructures, politiques étatiques, idéologies d'entreprise
et capitaux financiers ? Et comment situer l'IA dans l'histoire,
en tenant compte du rôle crucial qu'elle joue désormais da

Microtravail

l'indexation d'images ou la modération des contenus générés
par IA. Cet emploi, qui peut être psychologiquement éprouvant
quand il s'agit de repérer et d'éliminer des images montrant des
scènes de violence et d'abus, est rémunéré sur la base d'une
grille variable selon les pays de résidence, et souvent dépourvu de cadre juridique et de protection sociale.


Même si se développent des modèles plus vertueux (où sont-ils, pour quoi, pour qui ?), le plus étonnant pour moi, est l'absence (dans l'espace public) de révolte, de rejet.

Comme déjà évoqué, j'ai en face de moi des ados ( = les adultes de demain, les responsables d'actions, de décisions, les futurs parents, etc) : les diminutions de leurs facultés de réflexion, d'analyse, leur baisse d'empathie, de prise en compte du collectif, ne sont pas qu'une impression.

Je constate aussi des changements continuels dans les pages proposées issues de recherche sur internet. Leur contenu n'est plus aussi riche et diversifié, il tourne en boucle autour de quelques points "sélectionnés", voire non pertinents. 

Bref, voilà tout ce à quoi me renvoie ton innocente chansonnette crachée par l'IA. Parce que c'est ça la réalité du truc.

Bien sur : oui pour les usages au service du bien collectif. Mais il faut un max d'encadrement responsable.


Je vois oui, nous somme tous à peu près du même avis, y compris sur le manque de révolte.

Le problème est que, nonobstant les pouvoirs qui me sont conférés, chacun s'en fiche royalement. Nous sommes devenus une société où on nous fait croire qu'on vit ensemble àlors que toute son infrastructure est pensée pour l'individualisme. Grand écart facial, open leg de l'hypocrisie, non-sens, il y a le choix.

À petite échelle (la nôtre) ça nous laisse penser qu'on est acteur, alors qu'en vrai on est juste passagers. Et ça fait des débats où on devrait se révolter mieux que ça, mais où, par essence même, plus on mettra d'efforts à le faire, moins on arrivera à prendre le train en marche, et donc plus ce truc prendra le contrôle à des échelles plus basses, et ainsi de suite.

Sinon la chansonnette est bio :)



R5 II (enfin, en rêve)

AlvahGoldbrook

(Une parenthèse : on parle beaucoup de société individualiste, pour moi elle est égoïste, égocentrique mais pas assez individualiste. L'individualisme qu'on invisibilise (sens adopté par Wilde, Palante et beaucoup d'autres...) est la force de se construire sans la pression du groupe, exprimer sa personnalité sans crainte, au sein de ce groupe et l'enrichir, s'enrichir par retour. Le groupe n'est plus uniforme et dominant mais pluriel. L'individualisme est le vrai socialisme selon Wilde. Voilà, à méditer.)
Il est plus important d'être une bonne personne qu'un bon photographe.

claude 92

...pour ceux du forum CI qui ne sont pas encore en Ehpad (plus très nombreux je pense) essayez ça :
https://www.consumertrusted.reviews/fr/top5-migrainereliefcaps?msclkid=17764db32b08128cae072715f6afcb79
pour continuer à participer...


bozart

Bon, si tu veux....T'en as d'autres comme ça, l'expert en migraine et fin de vie ?

Et sinon, tu as des choses à dire ?

claude 92

...puisque tu demandes je te laisse méditer une pensée du grand HCB dans sa dédicace...

Hector06

R5 II (enfin, en rêve)

bozart

... de quoi se coller une migraine de mammouth, en effet.

andrea Vassilievski

https://sendeyo.com/show/7949b58f5b

Accès au mp3, passe "tatarescon"

A écouter jusqu'à la fin pour décider si ce morceau créé en 2 minutes maximum, sous IA locale, est inaudible musicalement. J'ai un stock de 50 MP3, ainsi faits qui me permet d'illustrer mes petits sujets vidéos en évitant les musiques "droit d'auteur". Ça va du médiéval au gothique darkwave.
La conception des prompts, c'est 20 secondes maximum. Personnellement, j'utilise ACEJAM-STUDIO en interne.

Ce genre de truc hallucinant, c'était impossible avant les IA.

bozart

Citation de: AlvahGoldbrook le Septembre 13, 2026, 16:45:01Une parenthèse : on parle beaucoup de société individualiste, pour moi elle est égoïste, égocentrique mais pas assez individualiste.

Ça demanderait à être développé cette notion d'individualisme.

Pas assez instruite, aussi. Et l'instruction non collective, c'est assez compliqué, il faut énormément d'énergie, de temps et une ouverture d'esprit, des informations de confiance.
Quel système aujourd'hui valorise les connaissances objectives scientifiques, contre les croyances de tout bords ?
Rien que faire de la photo, puis utiliser des logiciels de traitement, ça passe par tout un tas de manipulations issues des sciences et techniques. Et donc de l'extraction très concrète de matières et utilisation d'énergie.

Monsieur

Citation de: andrea Vassilievski le Septembre 13, 2026, 23:16:49https://sendeyo.com/show/7949b58f5b

Accès au mp3, passe "tatarescon"

A écouter jusqu'à la fin pour décider si ce morceau créé en 2 minutes maximum, sous IA locale, est inaudible musicalement. J'ai un stock de 50 MP3, ainsi faits qui me permet d'illustrer mes petits sujets vidéos en évitant les musiques "droit d'auteur". Ça va du médiéval au gothique darkwave.
La conception des prompts, c'est 20 secondes maximum. Personnellement, j'utilise ACEJAM-STUDIO en interne.

Ce genre de truc hallucinant, c'était impossible avant les IA.

Autant passer tes "créations" visuelles est rapide, autant deux minutes de "création" musicale, je préfère laisser ma place à des oreilles moins sensibles.
Mais merci quand même.


Hector06


C'est quand même à se demander ce qu'on fera lorsque la vidéo, les photos, la musique qui les illustre, les commentaires voix-off qui les habille, seront générés par IA. Voire les prompts eux-mêmes, générés automatiquement et de façon aussi facile qu'une playlist suggérée  aujourd'hui par un algorithme basique.

Pas sûr qu'on redécouvre les joies du cerf-volant ou des discussions de salons.


R5 II (enfin, en rêve)

claude 92

Danger :
oisif et sans imagination c'est le cocktail fatal !

Hector06

Citation de: claude 92 le Septembre 14, 2026, 10:16:27Danger :
oisif et sans imagination c'est le cocktail fatal !

C'est évoqué, et même largement abordé dans le film Wall-E


R5 II (enfin, en rêve)

jenga

Citation de: bozart le Septembre 14, 2026, 08:15:07Quel système aujourd'hui valorise les connaissances objectives scientifiques, contre les croyances de tout bords ?
En Occident, avec la prise de pouvoir du relativisme woke, les faits scientifiques devenant une opinion comme une autre, et même plutôt moins crédible qu'une autre, c'est clairement mort.

AlvahGoldbrook

Citation de: bozart le Septembre 14, 2026, 08:15:07Ça demanderait à être développé cette notion d'individualisme.

Pas assez instruite, aussi. Et l'instruction non collective, c'est assez compliqué, il faut énormément d'énergie, de temps et une ouverture d'esprit, des informations de confiance.
Quel système aujourd'hui valorise les connaissances objectives scientifiques, contre les croyances de tout bords ?
Rien que faire de la photo, puis utiliser des logiciels de traitement, ça passe par tout un tas de manipulations issues des sciences et techniques. Et donc de l'extraction très concrète de matières et utilisation d'énergie.

Je pense que ce mot devrait être réhabilité. L'individu n'est pas contre la société, il la construit. Un individu fort et ouvert est utile.
Développer sa compréhension des choses, sa culture, s'intéresser à son voisin, échanger, s'affirmer, sans subir la pression de tel ou tel groupe à la pensée unique pourrait permettre au monde d'aller mieux.
Mais c'est pure utopie, la tendance est à la facilité, à l'étiquette, à la généralisation de l'autre, à la haine de celui qui ne pense pas pareil et à la recherche de "coupables" au lieu de se remettre en question.
Il n'y a pas de système idéal, on se repose sur celui qu'on nous propose et on est englué dans un surplus d'informations, de distractions et un confort capitaliste paralysant, bien utile pour ceux qui en profitent. S'intéresser à la science demande un effort, une remise en question souvent, c'est complexe surtout de nos jours.
J'en fais aussi partie, je me critique également et je n'expose ici que ma vision, ma réflexion limitée et ce qui me vient alors que j'écris.
Il est plus important d'être une bonne personne qu'un bon photographe.

claude 92

Petit coup de fatigue ?
Parle nous, dis nous ce qui ne va pas !
Nous t'écoutons...

AlvahGoldbrook

Citation de: claude 92 le Septembre 14, 2026, 12:19:17Petit coup de fatigue ?
Parle nous, dis nous ce qui ne va pas !
Nous t'écoutons...

Mais qu'eeeeest-ce que tu racontes ? Entre ça et l'EHPAD je ris bien !
Il est plus important d'être une bonne personne qu'un bon photographe.

andrea Vassilievski

Avec ces mouvements woke, il est évident que ce qui se passait à l'avènement du NET et d'INTERNET (un progrès peu contesté), devient avec l'I.A, le diable en personne. Cela rend même hystériques certains jeunes qui y voient la disparition de l'eau potable (bue exclusivement par les datacenters), la copie honteuse et systématique de leurs "créations" (sic !?!).

Bref, l'I.A c'est bien pour pomper du contenu quand ils ont des devoirs à rendre et même pendant les examens, la rédaction de cours. 70% des jeunes de 18-25 ans sont demandeurs de formations en I.A, mais bizarrement, ils deviennent nerveux lorsqu'ils croient apercevoir, par manque de culture, une IA générative dans une photo instagram.

https://www.lesastucesia.com/statistiques-ia-france?utm_source=qwant&utm_medium=referral&utm_campaign=ai_chat


claude 92

Je n'ai qu'une conclusion, l'IA ?
Satan l'habite !

Nicolas Meunier

Je remet une pièce dans la machine :

Depuis environ trois mois, je travaille sur un nouveau workflow photo, et le résultat me plaît énormément.

Ça commence de façon très classique : imaginer les images, chercher des inspirations, réfléchir au modèle, aux vêtements, aux accessoires, à l'ambiance... Jusque-là, rien de très différent d'un photographe traditionnel qui prépare un shooting en studio.
Ensuite, je shoote normalement, en faisant simplement attention à varier suffisamment les poses, les angles, les focales et les cadrages.
J'ajoute aussi à la séance une série de photos beaucoup plus neutres : le modèle porte une tenue de sport simple qui laisse bien lire la morphologie, avec une lumière relativement plate. Je photographie sous de nombreux angles et je réalise pas mal de portraits. Ces images sont moins intéressantes artistiquement, mais elles sont très utiles pour la suite.
Je fais ensuite le tri de la séance normale, avec une première sélection volontairement assez large : en gros, je garde tout ce qui est bon, pas uniquement « la meilleure photo ». Selon les shootings, cela représente généralement entre 80 et 300 images. S'il y a plusieurs tenues, je traite tout ensemble.

Je fais alors un traitement assez sommaire : cadrage pour supprimer les éléments parasites, comme un pied d'éclairage, puis retouche de peau avec les plugins Retouch4me.

Ensuite, je passe l'ensemble de ces images, ainsi que les photos en tenue de sport, dans un premier outil d'IA chargé de décrire chaque photo selon une structure et un niveau de détail que j'ai définis.
À partir de tout cela, je lance un surentraînement afin de spécialiser un modèle d'IA généraliste sur mes propres images.

Puis je passe dans mon logiciel de génération d'images en local, en activant ce modèle personnalisé.
Et c'est là que ça devient intéressant : si je reprends pratiquement à l'identique la description d'une photo présente dans mon dataset, je retrouve quelque chose de très proche de ma photo d'origine : cadrage, expression, pose, lumière, vêtements...

À partir de cette base, je peux commencer à modifier des éléments, par exemple en ajoutant un décor qui n'existait pas lors du shooting.
Et au bout du processus, j'obtiens mes images finales.

C'est là qu'apparaît un paradoxe assez intéressant : pour certains, ce seront des images « 100 % IA », puisqu'elles sont générées à partir d'un prompt. Pourtant, elles viennent de ma conception initiale, de ma lumière, de mes modèles, de leurs poses, de leurs expressions, des vêtements choisis, et de mes propres photographies utilisées pour spécialiser le modèle.
Si je n'explique pas le processus, que ce soit le modèle photographié, sa famille, ses amis ou de simples spectateurs, personne ne réagit spontanément en disant « c'est de l'IA ».

Le seul moment où les gens commencent parfois à se poser des questions, c'est lorsque le décor représente un lieu fictif ou physiquement impossible à obtenir. Mais même dans ce cas, les interrogations portent plutôt sur de la 3D, du compositing, ou sur mes éventuels nouveaux talents de graphiste.
De mon point de vue, on est donc vraiment sur quelque chose d'hybride, ce qui me convient particulièrement bien puisque j'ai justement deux métiers : ingénieur en IA et photographe.

En revanche, ce workflow ouvre aussi une porte sur laquelle on peut s'inquiéter.

Techniquement, on pourrait très vite ne plus rappeler le modèle, générer des poses qui n'ont jamais été réalisées en studio, inventer des éclairages qui n'ont jamais existé pendant la séance, changer complètement les vêtements, la morphologie ou le contexte.
Plus on s'éloigne du dataset d'origine, moins le résultat correspond réellement au modèle tel que je l'ai photographié, et moins il correspond à mon propre travail photographique.
Personnellement, c'est justement cette limite qui m'intéresse : je veux rester suffisamment proche de mes photos pour que l'image finale conserve quelque chose du shooting réel.
Mais dans un contexte publicitaire, par exemple, cette limite pourrait très facilement ne plus avoir beaucoup d'importance.

Tomzé

Très intéressantes tes explications sur ton nouveau workflow. Ce serait sympa que tu montres la photo de départ et la photo finale en bout de chaine.