Scènes de vie animalières du Kenya

Démarré par robsou, Juin 25, 2024, 11:14:06

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JPM84

Bonjour,
"Je découvre ce fil aujourd'hui.
Je voudrais féliciter robsou non seulement pour ses magnifiques images, mais aussi pour les explications extrêmement intéressantes qu'il se donne la peine de fournir.
Bravo et merci, c'est passionnant."

Exactement ! on ne prend pas toujours le temps de fournir autant de commentaires et c'est tout à l'honneur de robert, merci !
JPM

daniel63

très joli fil avec de magnifiques photos

Ludo37

Bon depuis ma dernière visite sur ton fil je découvre toujours de magnifiques photos comme a ton habitude et très bien commenté, un grand bravo Robert pour ton travail.
Amicalement.
Ludo

robsou

Merci pour vos commentaires d'appréciation des photos et des textes les accompagnant.

Retour aux mammifères avec une série consacrée au Buffle du Cap (Syncerus caffer caffer) dont le dimorphisme sexuel de taille et de masse corporelle est prononcé (425 à 870 kg chez les mâles et 225 à 450 kg chez les femelles). L'écosystème de Masai Mara est celui qui compte au Kenya la population la plus importante de Buffles du Cap avec un nombre évalué à environ 11,600 individus en 2021.  Ce buffle occupe une diversité d'habitats (savanes d'acacias, clairières, plaines et les brousses semi-arides, forêts denses de plaine) non éloignés de points d'eau dont il est fortement dépendant.  Les travaux ont révélé un mode d'organisation sociale en troupeaux de type fission-fusion dont la taille et la structure sont très variables, de quelques dizaines à plus d'un millier d'individus lors de grands rassemblements saisonniers déclenchés par la disponibilité de sources d'eau et de nourriture (par exemple pendant la saison de pluies).   Au sein de ces troupeaux, certains auteurs ont identifié des structures sociales complexes basées sur des groupes familiaux (6 à 15 individus comprenant un mâle reproducteur, plusieurs femelles adultes et subadultes et des bufflons de différents âges), des groupes de célibataires (4 à 30 jeunes mâles immatures de 3-7 ans migrant entre les groupes familiaux à l'intérieur du grand troupeau), des mâles adultes non associés au groupe familial (4 à 12 adultes de plus de 7 ans restant dans leur propre domaine vital), et des mâles plus âgés exclus du groupe par des mâles plus jeunes (d'environ 15 ans, 1 à 6 individus vivant dans une petite zone et ne fréquentant pas d'autres buffles). Ces mâles plus âgés qui ont perdu leur position hiérarchique et ont quitté le troupeau reproducteur ont été surnommés « Dagga boys » (dagga signifiant boue en zoulou) pour faire référence au fait que ces vieux buffles aiment se vautrer dans la boue.   

99 et 100.

robsou

Les buffles ont besoin d'un accès régulier à l'eau et sont très sensibles à la chaleur. Ils paissent tôt le matin ou en fin d'après-midi et recherchent l'ombre pendant la chaleur de la journée. En présence de points d'eau, ils leur arrivent assez souvent de se vautrer dans les trous d'eau ou se rouler dans la boue non seulement pour se rafraîchir et réguler leur température corporelle, mais aussi réduire le nombre de parasites, tels que les tiques irritantes.

101 et 102

robsou


robsou

Si diverses observations s'accordent pour reconnaitre que les buffles au sein de leur troupeau ne manifestent pas de comportement territorial, en revanche des relations hiérarchiques existent entre membres des groupes. Par exemple, au sein des troupeaux de célibataires et de mâles adultes, il existe une hiérarchie linéaire fonction de l'âge et de la masse corporelle,  où les mâles s'affrontent soit sous forme de manifestations agressives ritualisées dans le cadre d'activités ludiques chez les jeunes ou les subadultes, ou soit sous forme de combats physiques chez les mâles matures. La hiérarchie de dominance s'observe souvent pendant la période de reproduction où le mâle dominant oblige les mâles subadultes à quitter le groupe familial pour rejoindre des troupeaux de célibataires.  C'est à l'âge de 7-8 ans, que les mâles atteignent la maturité et tentent d'établir leurs propres groupes familiaux ou de remplacer un mâle dominant d'un groupe familial existant. Ce sont ces confrontations qui peuvent entraîner une agression intense et des combats mortels.   

104 et 105

robsou

Comme cela avait été déjà mentionné, le buffle d'Afrique est une proie recherchée par les Lions. Cela explique probablement que, même en l'absence d'exposition à un danger liée à une activité de chasse des Lions, des groupes de Buffles puissent prendre l'initiative d'harceler et d'affronter des Lions. Ce sont des scènes relativement courantes car les probabilités de rencontres entre proies et prédateurs qui occupent les mêmes territoires sont élevées, et ont été rapportées dans la littérature après que des lions aient tué un membre de leur groupe. De telles scènes témoignent probablement de l'intention de la part de certains buffles, qui connaissent le clan de Lions occupant le même domaine, de rendre plus craintifs leurs prédateurs naturels. 

106 et 107

robsou


sportif

Après la légèreté des oiseaux la force des buffles bien exprimées notamment sur les 102 et 103. Le vautour sur la 203 particulièrement belle avec ce flou d'avant-plan le sujet bien net puis le flou d'arrière-plan le tout procurant un rare petit effet visuel de volume à l'image

Clic-Clac 51

Chaque MàJ est l'occasion d'apprendre, de plus les images, bien réalisées et traitées appuient les écrits
Bravo, Robert, c'est superbe
Amicalement Denis ;)

Roland Ripoll

Superbes images et textes excellents !
Etre simple pour être vrai

ChrisC06

Wouhaow ! Je viens d'en prendre plein les yeux...  ;)
Merci, c'est superbe !
Chris

robsou

#213
Un grand merci pour vos commentaires.

Je poursuis mon voyage dans les terres kenyanes avec une espèce d'oiseau sédentaire et territoriale que nous avons observée à plusieurs repises à Samburu, mais non pas à Masai Mara où nous sommes restés pourtant plus longtemps, qui est le Calao à bec rouge (Tockus erythrorhynchus) facilement reconnaissable à son bec incurvé rouge, à sa longue queue noire et au dos de son plumage noir tacheté de blanc. Les deux sexes sont similaires, mais la femelle a un bec plus petit que son partenaire, et la zone noire qui orne sa mandibule inférieure est plus réduite.  Lorsque l'on observe cet oiseau, ce qui frappe en premier lieu est la longueur de son bec, ce qui avait conduit des chercheurs à se demander si la taille du bec joue un rôle autre que celui qui lui est habituellement attribué dans les comportements alimentaires. L'une des hypothèses qui avait été formulée est que la variation de la taille des becs aurait été sélectionnée au cours de l'évolution en fonction de la latitude et/ou de la température du milieu de vie et qu'elle pourrait contribuer activement à la thermorégulation aviaire. Cette hypothèse avait trouvé une validation scientifique chez le Toucan toco où l'on avait pu démontrer un rôle de thermorégulation active du bec par dissipation de chaleur, et plus récemment cette hypothèse a été confirmée chez les Calaos par une équipe d'ornithologues sud-africains. Dans une étude publiée en 2016 dans la revue Plos One, ces chercheurs ont utilisé l'imagerie thermique pour quantifier l'échange de chaleur entre le bec et l'environnement sur une gamme variée de températures de l'air chez dix-huit calaos à bec jaune vivant dans des zones arides d'Afrique du sud. Ils avaient constaté que les Calaos dissipaient la chaleur par le bec à des températures de l'air comprises entre 30,7°C et 43°C avec une évacuation effective de chaleur de l'intérieur vers l'extérieur du bec.  Ils en ont conclu que le Calao peut dilater ses vaisseaux sanguins, présents en grand nombre dans son bec, pour évacuer environ 20% de la chaleur corporelle, permettant ainsi au bec de refroidir l'animal lors des grosses chaleurs. 

109 et 110
 


robsou

Le Calao à bec rouge fréquente typiquement les zones plutôt sèches, mais boisées. C'est une espèce omnivore opportuniste, se nourrissant principalement sur le sol  d'invertébrés comme les coléoptères, les termites, les larves de mouches et de sauterelles, mais ne dédaigne pas les fruits et les graines, voire peut compléter son régime alimentaire  par des œufs  quand il en trouve, de petits lézards, de geckos. Dans l'image jointe, une activité prédatrice typique montrant la capture d'une larve d'invertébré.  Il vit généralement en couple ou en petits groupes et a une activité diurne et va généralement dormir en sécurité sur une branche d'un arbre.

111

robsou


ChrisC06

Fort bien saisi, ce calao...  ;)
Un gros plus pour la première de cette série !
Chris

Loucabanette

Toutes ces images cela donne vraiment envie de faire un safari photo
en Afrique.
Tu dois en prendre pleins les yeux. :)

ChrisC06

En regardant de nouveau, la deuxième me plait bien aussi... sautillant...  ;)
Chris

Clic-Clac 51

Superbe ::)  ::)  ::) , c'est une fois de plus un régal
Bravo Robert
Amicalement Denis ;)

Mex (alias Jmc)

Bien belles ces séries Buffles et Calaos à bec rouge..
quel plaisir un régal,
je suis certain que tu n'as pas oublié les bouteilles d'eaux pour te rafraîchir sous ces tropiques ;)
Jean mi

Charly 84

De superbes mises à jour, entre autre buffles et calao.

Merci pour le partage

JPM84

Très belle aussi cette dernière série calaos...
(avec la 111 traitée "Façon Tony C.");
A bientôt pour la suite...
JPM

thieum

Vraiment un plaisir de bour en bout ce fil. :)  :D
Toutes les séries sont belles, cette dernière sur le calao est splendide!!

robsou

Une expérience d'immersion inoubliable si tu en as l'envie et la possibilité.

Robert

Citation de: Loucabanette le Août 21, 2024, 07:36:34Toutes ces images cela donne vraiment envie de faire un safari photo
en Afrique.
Tu dois en prendre pleins les yeux. :)