Grand photographe et matos simple

Démarré par pourquoipas, Décembre 06, 2012, 20:55:03

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Benaparis

Citation de: kochka le Décembre 13, 2012, 18:54:41

Le tableau dit Guernica, avait été commencé trois mois avant le bombardement, suite à une commande.
C'est, comme tu le dis, un témoignage sur la guerre d'Espagne vue du coté républicain.
Que ce témoignage ait été fait sur commande ne change rien à l'impression donnée par le tableau.

Merci je ne connaissais pas l'origine de ce tableau.
Instagram : benjaminddb

JC34

Citation de: ninon le Décembre 13, 2012, 17:48:25
...Pour répondre à la fois à Bénaparis et à Canito:
  Un peintre, un photographe, un écrivain dont je perçoit quelque peu l' incincérité, est sur le champs, discalifié...comme un tricheur au jeu, même si par ailleurs, la marchandise est séduisante!...et en général, elle l' est! :o
...Etre sincère, après tout, est la moindre des politesses, MAIS pour exister dans son art, il faut se démarquer des autres, des concurrents...et c' est souvant là que demeure le piège pour celui qui aspire à une gloire rapide!...On est différent quand on est soi-même, c' est à dire que l' on s' accepte totalement, aussi bien dans ses zonnes de lumière que dans ses zones d' ombre...et cela demande du courage, du temps...beaucoup de temps, de la lucidité et de la modestie...beaucoup de modestie!...Alors, la tentation de zapper cette initiation devient trop forte, et l' on succombe à la mode du moment, qui est celle de PARAITRE!
;)


C'est soulever là un très vieux problème, celui des artistes en général, dont nombre d'entre eux par le passé n'ont jamais connu la gloire, DONC la reconnaissance de leur vivant.
Un artiste a toujours eu besoin de manger et ils couraient autrefois les mécènes, rois ou reines qui leur permettaient de s'adonner à leur art.Bêtement économique.

Je ne serais donc pas aussi catégorique que toi. Dali et Picasso avaient bien compris comment transformer leur art en monnaie sonnante et trébuchante, ils ont pourtant eu, chacun, à mon sens, une vraie sincérité....au début !

Ceci étant, je suis sur le fond, tout à fait d'accord avec toi ! :)

Canito

Ricky, là où je ne te suis pas, c'est quand tu écris : "le contraire d'HCB qui aurait préféré crever que d'intervenir dans le contenu de ses images, il ne mettait dans ses images rien de personnel, il prenait le monde comme il était, se contentant de l'arrêter au 125eme de seconde lorsque les formes de ce qu'il voyait, la façon dont elles s'organisaient, lui plaisaient." Bien sûr qu'il mettait quelque chose de personnel, et même toute sa personnalité dans ses images, et, d'une certaine façon, il intervenait aussi, pas au sens premier, mais tout de même, par le simple acte de cadrer. Et c'est tout ce qui fait l'intérêt de la photographie.

Zouave15

Au sujet de l'émotion, son importance est pour une large part une illusion liée à notre époque. Cela dit, une petite réflexion plus générale. D'évidence, l'émotion a un rôle évolutif, et, des cavernes aux tribus ou notre société, permet aux gens de savoir qui est bon pour eux, aussi bien pour avoir des enfants que pour faire société.

L'émotion enferme dans un comportement connu, certes sûr (malgré les éventuelles difficultés), mais si sa sécurité n'est pas menacée, tout cela risque d'être étriqué (sans compter que c'est la répétition certaine des schémas mis en place à l'enfance). D'autres dimensions de nous nous permettent de sortir de ce cercle étroit, à condition bien sûr de réfléchir (et autres travaux intérieurs) et se cultiver (exemple de la conférencière de joperrot qui lui a ouvert d'autres horizons).

Or je pense que l'art permet de sortir des cercles étriqués si on le souhaite, et qu'un artiste surtout s'il est vraiment inspiré sort de ses propres cercles, au point d'incarner des choses qu'il ne comprend pas et ne peut pas dire. Au moins pour l'art avant la photo.

Sans oublier l'émotion intellectuelle, qui piège également dans le déjà-connu (un pléonasme, je sais, c'est pour insister).

Quant au waouh, ne s'applique-t-il pas, par exemple, à de belles photos de paysage... qui justement, ne sont pas considérées comme d'art, le plus souvent ?

Zouave15

La résonance dont parle Kochka, tout à fait, et pour moi cela n'a rien à voir avec l'émotion, mais plus avec le sentiment.

Et le restaurant, ou le musée, est un cadre avec une sélection, donc vous allez goûter par vous-même, sans connaître la démarche, mais... en sachant qu'il y en a une. Ce n'est pas une dégustation à l'aveugle (qui d'ailleurs, est en général elle-même dans un cadre).

Zouave15

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 10:44:56
aligner la tête, l'oeil et le coeur

Si ce n'est pas une démarche, ça, alors qu'est-ce que c'est ? Pour moi,une démarche n'est pas nécessairement directement liée à une série, elle est plutôt une attitude et une quête dans la vie, et elle se manifeste avec le temps, sans forcément avoir besoin d'être écrite. L'écrire la réduit et la fige, c'est peut-être cela que tu veux dire ?

Zouave15

Citation de: Canito le Décembre 13, 2012, 10:58:15
Ne serait-ce que cadrer, c'est déjà intervenir ; on ne se contente pas de recevoir : on trie, on élimine, on supprime, même si c'est en 1/125ème de seconde. Par ailleurs, les photographies qu'il fait à partir des scènes qu'il reçoit ne sont pas le fruit du hasard, mais d'un état d'esprit, d'un savoir-faire, d'une volonté farouche et d'une grande culture formelle et visuelle (avec beaucoup d'instinct, qui n'est rien d'autre en l'occurrence que la capacité de convoquer tous les éléments évoqués supra en une fraction de seconde).

Tout à fait. Pour moi, c'est généralisable à tout le monde, avec plus ou moins de bonheur

Zouave15

Citation de: VCR le Décembre 13, 2012, 11:43:54
Il serait intéressant de savoir si des gens comme Dufy et Chagall discutaillaient sans fin sur la marque des brosses et pinceaux ou la qualité du bois des cadres pour leurs toiles.

Certains, oui. Ou encore Fragonard qui déconseillait d'utiliser le rouge car trop cher...

Benaparis

#308
Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 19:34:17
Nulle part  ;) je participe un peu à votre discussion, je ne sais plus comment nous en sommes venus à parler de la photo humaniste et comment nous la percevions, j'ai tenté d'expliquer comment je la voyais, ce qui peut se résumer en quelques mots: le photographe regarde en tentant de voir, ses images ne sont pas faites mais reçues, il ne doit pas intervenir dans le monde qu'il photographie, seulement être un témoin.

Pauvre Doisneau!!! Il est retiré de la liste des photographes humanistes :) (c'est pour la déconne hein!!)

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 19:34:17Nous ne nous comprenons pas, c'est surement que je m'explique mal, voyons ainsi: le fait de choisir le moment opportun pour faire une photo n'est pas intervenir dans le monde, j'entends par intervenir une action délibérée qui va "arranger" matériellement une image pensée avant la prise de vue, demander à un ami de s'asseoir à une terrasse de café et prendre en photo la scène, un peu comme faisait parfois Doisneau, la photo pourra être très intéressante, mais ne sera pas un témoignage de comment était le monde, sinon comment il était selon la vision du photographe.

Le photographe dont je parle n'a pas de discours à faire passer, ou alors, l'unique, serait: voilà, c'était ainsi. Si tu mets en scène, même un tout petit élément, ce n'est plus "c'était ainsi", ça devient: "c'était ainsi selon mon imagination", et c'est autre chose.

J'ai parfaitement compris ton point de vue, Canito, Ninon et moi même essayons juste dire que l'objectivité en photo n'existe pas, pas plus d'ailleurs quand dans tous les métiers dit créatifs...c'est le regard qui compte...HCB ne fait rien d'autre que de nous montrer son point de vue c'est ça la démarche d'un auteur, cela n'a d'ailleurs pas besoin d'être appuyé par un discours très élaboré, comme l'a dit Ninon cela commence par le choix du sujet...etc...etc...on peut aller ainsi jusqu'à la manière dont l'image est exploitée.

Instagram : benjaminddb

Verso92

Citation de: Benaparis le Décembre 13, 2012, 19:56:25
J'ai parfaitement compris ton point de vue, Canito, Ninon et moi même essayons juste dire que l'objectivité en photo n'existe pas, pas plus d'ailleurs quand dans tous les métiers dit créatifs...c'est le regard qui compte...HCB ne fait rien d'autre que de nous montrer son point de vue c'est ça la démarche d'un auteur, cela n'a d'ailleurs pas besoin d'être appuyer par un discours très élaboré, comme l'a dit Ninon cela commence par le choix du sujet...etc...etc...on peut aller ainsi jusqu'à la manière dont l'image est exploitée.

Je le ressens de la même façon, et je n'adhère pas non plus à ce concept d'image reçue, pour les mêmes raisons que celles exprimées par Canito ou Ben, entre autre... bien sûr, on peut distinguer le fait d'intervenir ou pas dans la scène photographiée, mais c'est autre chose.

Benaparis

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 20:04:00
Si tu parles de point de vue au sens regard, cadrage, photographique, je ne peux être que d'accord  ;)

Je me disais aussi... :)
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Zouave15

Citation de: Verso92 le Décembre 13, 2012, 20:06:18
Je le ressens de la même façon, et je n'adhère pas non plus à ce concept d'image reçue, pour les mêmes raisons que celles exprimées par Canito ou Ben, entre autre... bien sûr, on peut distinguer le fait d'intervenir ou pas dans la scène photographiée, mais c'est autre chose.

Oui, parce qu'à ce compte tout paysage, et bien d'autres photos, sont des images reçues. Mais à travers cela on retrouve quelques règles (selon moi absurdes) de la photo nature qui devrait être « naturelle ».

Même pour la rue, c'est d'ailleurs plutôt du naturalisme que de l'humanisme.

Benaparis

#312
Citation de: Verso92 le Décembre 13, 2012, 20:06:18
je n'adhère pas non plus à ce concept d'image reçue, pour les mêmes raisons que celles exprimées par Canito ou Ben, entre autre... bien sûr, on peut distinguer le fait d'intervenir ou pas dans la scène photographiée, mais c'est autre chose.

Disons que ce n'est pas l'image au sens fini qui est reçu mais la scène dans toute ses composantes, le photographe se chargeant alors de construire l'image de cette scène. Mais je comprends toutefois, enfin je suppose, ce que voulais dire Rickyfirst, en ce sens où cette scène est cadeau de la vie, une magie de la vie, un hasard selon certains...le photographe peut alors saisir cette opportunité/chance qui s'offre à lui sachant que bien entendu il a l'instinct naturel/le talent pour rencontrer ces fameux moments.
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Benaparis

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 20:18:43
Là est mon propos que visiblement j'ai du mal à faire entendre  ;)

Non t'inquiètes c'est bien clair maintenant.  ;)
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Benaparis

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 20:18:43
La difficulté est dans la faculté à voir ces scènes qui existent pourtant, le principal talent, l'unique? de ces photographes, est de les voir.

Il faut d'abord en effet les voir mais aussi construire l'image autour, donc il y a le talent que l'on pourrait appeler le flaire (du chasseur) mais aussi le talent tout simplement de photographe pour donner la force d'évocation nécessaire à la scène ainsi photographié...je passe ensuite sur le talent des tireurs et autres interventions post prise de vue qui vont conduire à la lecture optimale de la scène photographiée.
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Benaparis

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Verso92

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 20:18:43
Pourtant la photo d' HCB que tu as posté et que tous deux aimons tant est un parfait exemple d'image reçue ou de préexistence à sa captation: le photographe n'a pas fait cette image, on peut supposer qu'il passait par là, qu'il a vu la scène, qu'il s'est senti inspiré et qu'il a déclenché.

Cette scène existait, était là, les gamins jouaient devant cet immeuble, le gros monsieur passait parmi eux, rien n'a été modifié par le photographe, rien n'a été fait, il a seulement ressenti que ce qui se passait devant ses yeux méritait un arrêt sur image, par les formes, le tout, peu importe, il était en dehors de la scène, n'y a pas pénétré, il l'a seulement enregistrée. Là est mon propos que visiblement j'ai du mal à faire entendre  ;)

La difficulté est dans la faculté à voir ces scènes qui existent pourtant, le principal talent, l'unique? de ces photographes, est de les voir.

Je comprends tout à fait ton point de vue, sois rassuré, mais je le trouve trop restrictif (100% d'accord avec ta dernière phrase, par contre).
Pour prendre un autre exemple (j'espère que vous ne m'en voudrez pas de faire dévier un peu le fil de la photo de rue/humaniste), il y a une photo de Depardon qui m'interpelle tout particulièrement. Elle doit dater de la période Errance, et représente un parking de supermarché (à Juvisy ?). Cette photo est l'archétype du sujet banal absolument pas photogénique, mais le photographe a su, sans utiliser de quelconques ficelles, en faire une très belle image (c'est du moins mon point de vue !).

Tout repose sur le point de vue adopté par le photographe, son cadrage. Cette photo me plait terriblement, mais je ne sais pas expliquer pourquoi... et ça m'énerve !  ;-)

Benaparis

Citation de: Verso92 le Décembre 13, 2012, 20:29:13
Pour prendre un autre exemple (j'espère que vous ne m'en voudrez pas de faire dévier un peu le fil de la photo de rue/humaniste), il y a une photo de Depardon qui m'interpelle tout particulièrement. Elle doit dater de la période Errances, et représente un parking de supermarché (à Juvisy ?). Cette photo est l'archétype du sujet banal absolument pas photogénique, mais le photographe a su, sans utiliser de quelconques ficelles, en faire une très belle image (c'est du moins mon point de vue !).

Tout repose sur le point de vue adopté par le photographe, son cadrage. Cette photo me plait terriblement, mais je ne sais pas expliquer pourquoi... et ça m'énerve !  ;-)

Oui mais la photo de Depardon relève du même principe lors d'une ballade, d'un repérage ou plus logiquement d'une de ses "errances" il tombe sur cette place de parking et y voit une harmonie (au sein du cadre qu'il envisage) qu'il va saisir, et ça tombe bien il n'est pas le seul à l'avoir apprécié...comme je le disais plus haut le photographe construit soit avec des éléments qu'il met en place lui même soit avec ce que le chemin de la vie lui apporte.
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Verso92

Citation de: Benaparis le Décembre 13, 2012, 20:33:37
Oui mais la photo de Depardon relève du même principe lors d'une ballade, d'un repérage ou plus logiquement d'une de ses "errances" il tombe sur cette place de parking et y voit une harmonie (au sein du cadre qu'il envisage) qu'il va saisir...comme je le disais plus haut le photographe construit soit avec des éléments qu'il met en place lui même soit avec ce le chemin de la vie lui apporte.

Oui.
Avec juste une grosse différence, le timing* : là où le photographe de paysage (au sens large) va avoir le temps (encore que, la lumière peut varier très vite...), le photographe de rue va devoir agir très vite et maitriser, autant que possible, les interactions entre les différents éléments de l'image qui vont changer très rapidement.

*j'ai pas osé employer instant décisif, trop connoté HCB...  ;-)

Benaparis

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 20:37:19
l'image sera au final merveilleuse car comme une sorte de resumé parfait de ce moment.

Je le note pour m'en souvenir...
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Benaparis

Citation de: Verso92 le Décembre 13, 2012, 20:39:44
Oui.
Avec juste une grosse différence, le timing* : là où le photographe de paysage (au sens large) va avoir le temps (encore que, la lumière peut varier très vite...), le photographe de rue va devoir agir très vite et maitriser, autant que possible, les interactions entre les différents éléments de l'image qui vont changer très rapidement.

*j'ai pas osé parler d'instant décisif, trop connoté HCB...  ;-)

Certes, certes, mais qu'importe... 1/1000e ou 2min ce n'est qu'un temps de réaction...ce qui compte c'est le résultat.

D'ailleurs puisque l'on évoque ce sujet, aujourd'hui je réalisais des portraits chez moi en lumière naturelle (j'habite dans un atelier) et à un moment donné (je guide extrêmement peu mes sujets) la personne se met naturellement dans une posture parfaite, à un endroit parfait (enfin de mon point de vue bien sûr) et il ma fallu peut être 1min. avant de mettre mon appareil à l'horizontal et avoir la photo que je voulais...bêtement au départ j'avais bloqué sur la verticalité de l'image...c'est un exemple mais hormis le cas de photos instantanés qu'il m'arrive de faire fréquemment je ne compte plus les moment où je vois quelque chose que j'ai absolument envie de photographier mais où je peux rester 10min voire plus à chercher pour finalement obtenir ce que je voulais.
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Benaparis

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 20:51:16
Si tu veux, pour expliquer un peu cette idée, j'ai toujours considéré qu'une photo humaniste, de rue, parfaite était celle qui contenait tout ce qu'elle était censée contenir, que son observation par tout un chacun, par toutes les générations, devait amener les observateurs à avoir un aperçu complet et parfait du moment du monde capté.

De mon point de vue cela va bien au delà d'un genre photographique précis.
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Verso92

Citation de: erickb le Décembre 13, 2012, 20:47:18
Cette photo est devenue ce qu'elle est aujourd'hui pour des quantités de raisons autres que la simple prise de vue, le moment,  et le talent de HCB, c'est un ensemble de choses qu'une société et une culture construisent en commun, ailleurs , autrement,  cette photo ou d'autres ne seraient même pas remarquées

Je ne suis pas du tout convaincu que le moment ni le cadrage soient si justes que ça, ni même un résumé,   et juste par rapport à quoi  ? 

J'avais justement parlé précédemment d'imperfections à propos de cette image... mais est-ce bien important ?
Une photo (surtout d'un instant fugitif) se doit-elle d'être "parfaite" ?

pourquoipas

#323
C'est vrai que pour le moment, la discussion n'est pas du tout parti dans ce sens là.

Une photo est une construction sociale, comme toute oeuvre d'art.
Une fois crée il y a tout un processus de création sociale et de reconnaissance.
Un marchand d'art qui sent le potentiel de l'oeuvre et qui la "markette", etc ... Ou un groupe social qui y reconnait quelquechose
Puis elle accède au rang de mythe.

Ca me rappele le film "Séraphine de Senlis" qui montre le rôle du marchand d'art qui soutien à bout de bras une artiste qui sans cela aurait sombré dans l'oubli.
Et on se demande : finalement a-t-elle accédé à la notoriété par ses qualités intrinsèques ? Ou n'est-ce pas le marchand d'art qui en a convaincu ses réseaux et qui finalement a créé pour elle un statut d'oeuvre d'art  ?
Flickr makalux

Verso92

Citation de: rickyfirst le Décembre 13, 2012, 21:10:04
Nous en parlions je crois, cette photo d' HCB pourrait avoir un juste déséquilibre, peut être du, vu l'angle, au fait que Cartier Bresson ait déclenché rapidement, le boitier à bout de bras? à la ceinture? je ne sais pas, mais même si appareil porté à l'oeil, le cadrage est particulier, une sorte de déséquilibre, mais paradoxalement, pour moi du moins, il est impactant.

Même si je ne saurais pas vraiment l'expliquer (c'est plus du domaine de l'émotion), le déséquilibre est un élément essentiel dans l'impact d'une œuvre, sans doute à cause de la surprise, de l'étonnement qu'il provoque.
Je ressens le même genre d'émotion quand j'écoute le quintette de Miles (celui du milieu des années 60) : sa musique fut à ce moment là une perpétuelle succession de déséquilibres, et le résultat est étonnant de beauté et de force... son best-seller de 1959 (Kind of Blue), qui flirte pourtant avec la perfection (et l'équilibre, justement), ne provoque pas chez moi la même émotion.