Hasselblad X2DII... quid ?

Démarré par Verso92, Mars 24, 2026, 20:29:56

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(ce qui donne une autre signification à "au studio avec David" dans le message immédiatement précédent...  ;D  )

Benaparis

Citation de: AlexCraig le Hier à 17:08:23Perso, quand je shoot en intérieur, je ne fais que des ambiances sombres, avec des lumières continues colorées. Je ne surexpose jamais mes prises de vue, je sous-ex toujours, et remonte mon expo / ombres dans LR ensuite. Je le faisais avec mon A7IV, et encore plus avec le X2D2, qui a une capacité de débouchage incroyable. Pourquoi ? Parce qu'en lumière continue colorées, il y a des teintes qui ne passent pas avec un exposition "neutre" (surtout les rouges). La dynamique du blad est d'ailleurs factuellement bien au dessus du Sony.

L'optimisation de l'exposition à la prise de vue n'a jamais eu pour but de faire saturer un canal au risque de perdre des informations utiles (notamment le canal rouge dans votre exemple). Optimiser son exposition veut pas dire écrêter/saturer les valeurs et donc les perdre définitivement.

En revanche, le principe de quantification des données, auquel aucun APN n'échappe, fait que la grande majorité des nuances capturées se situe dans les hautes lumières. Si vous sous-exposez à la prise de vue pour remonter les ombres au développement, vous vous privez mathématiquement d'une immense richesse tonale.

Par ailleurs, une exposition "neutre" ne veut rien dire en soi. Tout dépend de la nature de la mesure (incidente ou réfléchie). Pour la lumière réfléchie (celle évaluée par la cellule de nos APN), le résultat dépend grandement du mode de mesure choisi (spot, pondérée centrale ou matricielle) et de la réflectance du sujet.

Quant au principe d'optimisation à +1,33 IL, il ne s'applique qu'en mesure de lumière incidente, à la condition expresse de l'effectuer dans la zone recevant l'éclairement maximal.


Citation de: AlexCraig le Hier à 17:08:23J'ai dernièrement fait des shoot de nuit à la plage, dans le noir total, je voyais à peine mon modèle (le Lidar du X2D2 oui). Photos nettes, débouchage des noirs impressionnants, très peu de bruit. Pareil, j'ai préféré sous-ex que monter en ISO, car dans ces conditions, je trouve le Blad meilleur en récupération post prod, qu'en gestion du bruit "dans le noir à haut iso".

Expérience personnelle bien sur, et je ne peux rien montrer comme exemple ici car c'est du Nu et donc très mal (et toc).

Votre autre exemple indique encore une confusion assez courante entre la cause du bruit numérique et son amplification.

À partir du moment où vous figez votre ouverture et votre temps de pose, la quantité physique de lumière atteignant le capteur est scellée, et par conséquent le rapport signal/bruit l'est également. Que vous restiez à la sensibilité de base en sous-exposant massivement, ou que vous montiez en ISO à l'acquisition, la quantité de photons enregistrée est strictement la même. Le bruit n'est pas créé par la montée en sensibilité, il est la conséquence directe du manque de lumière.
Par ailleurs, la plupart des capteurs actuels étant "invariants ISO" (et souvent équipés de circuits à double gain), l'idée que le logiciel "débouche mieux" que la montée en ISO native du boîtier est une illusion. Sur certains boîtiers dont les capteurs disposent de deux circuits d'amplification distincts (Dual Gain), c'est même carrément contre-productif.

Mais le point le plus pénalisant reste le principe de quantification des données évoqué précédemment. En sous-exposant volontairement pour tout tasser à gauche de l'histogramme, vous n'encodez votre image que sur une infime fraction des niveaux tonals disponibles. Même si le bruit récupéré au post-traitement vous semble acceptable, vous sacrifiez irrémédiablement la progressivité des transitions tonales et la richesse des micro-contrastes profonds. Faire le choix d'un capteur moyen format échantillonné sur 16 bits pour finalement n'exploiter qu'une poignée de bits dans les basses lumières est un non-sens du point de vue de l'optimisation du signal.

Évidemment, et là-dessus c'est du bon sens, si vous photographiez dans la pénombre ou en très basse lumière, on s'attend logiquement à avoir l'essentiel des valeurs calées à gauche. La particularité de ce genre de photographie est justement d'accepter la densité des ombres : vouloir trop les ouvrir au développement est un contresens esthétique qui détruit l'ambiance lumineuse initiale.

En illustration, voici un exemple au clair de lune en contre-jour avec des reflets spéculaires. Pour figer la scène avec mon 75 mm à pleine ouverture (f/2.5) et au 1/45e de seconde (soit l'équivalent de 0,5 IL à 100 ISO), le calage à 20 000 ISO s'imposait. Je n'aurais eu strictement aucun intérêt à sous-exposer à 5 000 ou 10 000 ISO pour tout remonter artificiellement ensuite, malgré les performances hors norme de mon capteur monochrome (même pas besoin de faire de la réduction logicielle de bruit ici). Quant à baisser la vitesse pour garder des ISO plus bas, cela m'aurait exposé au flou de mouvement du sujet, se reposer sur la stabilisation du boîtier étant inutile face à un élément vivant (si j'avais voulu un flou intentionnel en acceptant les conséquences, je l'aurais évidemment fait, mais ce n'était pas le but ici).

Pour conclure, l'incroyable dynamique de ces capteurs est un formidable filet de sécurité pour encaisser de forts contrastes, mais l'ériger en méthode d'acquisition par défaut revient à dégrader volontairement le potentiel de son fichier (et la nature du sujet photographié n'a évidemment aucune incidence sur ces principes physiques).
Instagram : benjaminddb

Photomaniak

En te lisant, deux choses me semblent interessantes... (entre autre !).

La première, c'est qu'on ne sur expose pas bien entendu par plaisir, si on le fait, c'est dans un but précis sinon on dégrade l'image... ce qui serait idiot.

A t on raison de la faire pour anticiper une variation d'expo, c'est la question... quand on se fait le cours fin du mois, je te montrerais mes photos de voiture a Romo, tu verras les conditions de lumière changeantes sur les capos...

La 2ème, c'est que le +1 1/3, les gens l'appliquent en général sur la mesure des tons moyens et donc risquent fort de cramer les HL. Comme tu le dits : si on l'applique sur le point le plus lumineux en lumière controlée (par exemple avec un flash au studio), ça fonctionne.

Sauf que, comme je l'ai évoqué la dernière fois, c'est une chose de faire une mesure avec la modèle statique, et après, tu oublies et fait toute la séance avec celle ci qui bouge décalant les HL souvent plus fort.

Ce qui a été optimisé pour un portrait statique se transforme souvent en sur ex après.

D'où les couleurs délavées dont parlait Docteur couleur. (En éditant une séance de photo chez Chauvignat).

La théorie c'est bien, le réel, c'est mieux. Perso, vu qu'on ne gagne casi rien concrètement a l'editing a rajouter 1 1/3, je vois pas l'interêt de prendre ce risque et être conservateur me semble sage. (Même en étant conservateur, on peut cramer selon comment elle bouge).

Pour ta photo au clair de lune, on est dans le cas d'une photo statique, l'expo normalement est simple.




Verso92

Citation de: Benaparis le Aujourd'hui à 08:26:57L'optimisation de l'exposition à la prise de vue n'a jamais eu pour but de faire saturer un canal au risque de perdre des informations utiles (notamment le canal rouge dans votre exemple). Optimiser son exposition veut pas dire écrêter/saturer les valeurs et donc les perdre définitivement.

En revanche, le principe de quantification des données, auquel aucun APN n'échappe, fait que la grande majorité des nuances capturées se situe dans les hautes lumières. Si vous sous-exposez à la prise de vue pour remonter les ombres au développement, vous vous privez mathématiquement d'une immense richesse tonale.

Par ailleurs, une exposition "neutre" ne veut rien dire en soi. Tout dépend de la nature de la mesure (incidente ou réfléchie). Pour la lumière réfléchie (celle évaluée par la cellule de nos APN), le résultat dépend grandement du mode de mesure choisi (spot, pondérée centrale ou matricielle) et de la réflectance du sujet.

Quant au principe d'optimisation à +1,33 IL, il ne s'applique qu'en mesure de lumière incidente, à la condition expresse de l'effectuer dans la zone recevant l'éclairement maximal.


Votre autre exemple indique encore une confusion assez courante entre la cause du bruit numérique et son amplification.

À partir du moment où vous figez votre ouverture et votre temps de pose, la quantité physique de lumière atteignant le capteur est scellée, et par conséquent le rapport signal/bruit l'est également. Que vous restiez à la sensibilité de base en sous-exposant massivement, ou que vous montiez en ISO à l'acquisition, la quantité de photons enregistrée est strictement la même. Le bruit n'est pas créé par la montée en sensibilité, il est la conséquence directe du manque de lumière.
Par ailleurs, la plupart des capteurs actuels étant "invariants ISO" (et souvent équipés de circuits à double gain), l'idée que le logiciel "débouche mieux" que la montée en ISO native du boîtier est une illusion. Sur certains boîtiers dont les capteurs disposent de deux circuits d'amplification distincts (Dual Gain), c'est même carrément contre-productif.

Mais le point le plus pénalisant reste le principe de quantification des données évoqué précédemment. En sous-exposant volontairement pour tout tasser à gauche de l'histogramme, vous n'encodez votre image que sur une infime fraction des niveaux tonals disponibles. Même si le bruit récupéré au post-traitement vous semble acceptable, vous sacrifiez irrémédiablement la progressivité des transitions tonales et la richesse des micro-contrastes profonds. Faire le choix d'un capteur moyen format échantillonné sur 16 bits pour finalement n'exploiter qu'une poignée de bits dans les basses lumières est un non-sens du point de vue de l'optimisation du signal.

Évidemment, et là-dessus c'est du bon sens, si vous photographiez dans la pénombre ou en très basse lumière, on s'attend logiquement à avoir l'essentiel des valeurs calées à gauche. La particularité de ce genre de photographie est justement d'accepter la densité des ombres : vouloir trop les ouvrir au développement est un contresens esthétique qui détruit l'ambiance lumineuse initiale.

En illustration, voici un exemple au clair de lune en contre-jour avec des reflets spéculaires. Pour figer la scène avec mon 75 mm à pleine ouverture (f/2.5) et au 1/45e de seconde (soit l'équivalent de 0,5 IL à 100 ISO), le calage à 20 000 ISO s'imposait. Je n'aurais eu strictement aucun intérêt à sous-exposer à 5 000 ou 10 000 ISO pour tout remonter artificiellement ensuite, malgré les performances hors norme de mon capteur monochrome (même pas besoin de faire de la réduction logicielle de bruit ici). Quant à baisser la vitesse pour garder des ISO plus bas, cela m'aurait exposé au flou de mouvement du sujet, se reposer sur la stabilisation du boîtier étant inutile face à un élément vivant (si j'avais voulu un flou intentionnel en acceptant les conséquences, je l'aurais évidemment fait, mais ce n'était pas le but ici).

Pour conclure, l'incroyable dynamique de ces capteurs est un formidable filet de sécurité pour encaisser de forts contrastes, mais l'ériger en méthode d'acquisition par défaut revient à dégrader volontairement le potentiel de son fichier (et la nature du sujet photographié n'a évidemment aucune incidence sur ces principes physiques).

Très bonne synthèse, Benjamin !

;-)

Verso92

#629
Citation de: Photomaniak le Aujourd'hui à 09:03:56La 2ème, c'est que le +1 1/3, les gens l'appliquent en général sur la mesure des tons moyens et donc risquent fort de cramer les HL. Comme tu le dits : si on l'applique sur le point le plus lumineux en lumière controlée (par exemple avec un flash au studio), ça fonctionne.

Attention : le +1,33 IL s'applique bien sûr par rapport aux tons moyens* (mais mesurés dans la zone la plus éclairée de l'image).


*si mesure réfléchie. En mesure incidente, il n'y a pas de tons moyens qui tiennent. Ou, du moins, à l'issue, les tons moyens se retrouveront bien à +1,33 IL...

Citation de: Benaparis le Aujourd'hui à 08:26:57Quant au principe d'optimisation à +1,33 IL, il ne s'applique qu'en mesure de lumière incidente, à la condition expresse de l'effectuer dans la zone recevant l'éclairement maximal.

Photomaniak

+ 1 1/3 sur le point le plus lumineux de la scène, pas sur les tons moyens.

Les tons moyens sur la zone la plus clair, c'est du charabia.