Grand photographe et matos simple

Démarré par pourquoipas, Décembre 06, 2012, 20:55:03

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lorifix

Je viens de faire un tour sur le site officiel de Daido Moriyama. J'avoue que je ne le connaissais pas et ma foi il a une œuvre plutôt intéressante. Il est certain que l'on peut à juste titre ne pas l'apprécier mais après tout tous les goûts sont dans la nature.
Frenchman in Forchheim

Benaparis

#126
Citation de: Jc. le Décembre 10, 2012, 10:46:19
Si vous me permettez de jouer le Candide, je suis en partie d'accord avec Kochka. En partie seulement, ne vous jetez pas sur les armes à feu ;D.
Le fait qu'un photographe reconnu explique travailler avec un matériel simple (c'est le titre du fil) me rassure. Cela signifie pour moi qu'il n'existe pas de barrière insurmontable (l'argent) pour que j'arrive à faire pareil un jour, la solution -si elle existe- est en moi et pas dans un pouvoir (l'argent) que je ne détiendrai jamais.
C'est d'ailleurs le seul aspect du matériel qui ne m'indiffère pas, car pour les autres je n'ai que faire de savoir avec quoi est prise une photo. Seul le résultat compte pour moi. Demande t on à un écrivain s'il écrit avec un bic, un mac ou un crayon papier ?

Concernant la "démarche" je suis au regret de vous décevoir, je n'y attache pas une grande importance non plus. Basiquement et émotionnellement je peux dire si j'aime ou pas selon mes critères -qui ne sont hélas pas très évolués- et je peux quelques rares fois deviner ce qui a poussé le photographe à montrer une photo. Mais ce n'est vraiment pas le plus important pour moi quand je suis devant cette photo.
Je suis allé voir une expo de B. Plossu récemment, ben je n'ai pas aimé. Je n'ai aimé ni le (petit) format ni le "sujet" ni les "traitements" de l'image. Je me suis bien sur posé la question de sa "démarche" et j'avoue n'être arrivé à aucune conclusion -même provisoire- qui me satisfasse.
C'est grave ?
Par contre je me différencie de l'ami Kochka dans la mesure où je ne dénigre pas ceux qui y trouvent un summum artistique ou simplement comprennent, apprécient et partagent la démarche de l'Auteur.
Démarche ou pas il y a des photos et des styles qui me touchent et d'autres qui me semblent tout simplement venus d'une autre planète. Je ne les comprend pas, je ne les aime pas, je les hais même quelque fois. Mais je comprend que d'autres plus évolués que moi puissent y trouver leur content d'émotion et de plaisir.

Je comprends tout à fait ton propos, mais j'y ajoute toutefois 2 remarques :

1) Bien entendu personne ne te demanderas de comprendre/d'expliquer la démarche de l'auteur, quand ce point de l'importance de la démarche a été évoqué plus haut dans ce fil c'est simplement pour exprimer que les photos de Moriyama ou de photographes reconnus ont pour trait commun de ne pas être purement gratuite, elles sont la traduction d'une vision plus ou moins consciente mais parfaitement assumée, bref ce ne sont pas de produits fabriqués pour satisfaire telle ou telle cible, c'est que l'on appelle la sincérité de la démarche. Cela étant un esprit avisé ou retors (au choix) pourrait me rétorquer que la démarche de l'artiste peut consister justement à "fabriquer un produit"  ;D
Pour le reste, tu as l'a expliqué bien mieux que ce que j'ai essayé de faire dans mon précédent message, tu fonctionnes de prime abord avec ton émotionnel c'est ce qui compte, commencer par aborder une oeuvre par l'intellect donc avec un risque d'idées préconçues est à mon sens contre productif et certainement le meilleur moyen de passer à côté.

2) Par ailleurs, il ne s'agit pas de dire que ceux qui comprennent ou apprécient des œuvres qui ne te touchent pas ou t'énervent ou que sais je encore sont plus évolués, ils réagissent simplement différemment d'un point de vue émotionnel à la base. Après, mais comme dans n'importe quel domaine, l'expérience/l'apprentissage fait que l'on cerne mieux ce que l'on aime et permet un recul que l'on a pas au départ.
Instagram : benjaminddb

Jc.

Oui, "plus évolué" est un terme mal choisi car il sous-entend une notion de valeur que je ne voulais pas exprimer.

Ok pour le reste, je suis sur la même longueur d'ondes que toi. Je note simplement que là où je m'exprime un peu confusément tu as un discours plus "élaboré" qui m'arrange bien car tu dis (ainsi que d'autres ici) mieux que moi ce que je pense, et me pousse à aller plus loin dans ma réflexion.

Silbad

Dans mes premières interventions, j'évoquais la difficulté que j'avais de cerner cette objet particulier qu'est la photographie et je pense, effectivement, que c'est un médium dont la diversité des usages interroge. De celui qui aime prendre des photos sans les regarder à celui qui fait œuvre photographique sans prendre de photographies, il y a tout un monde d'usages, de pratiques, d'intérêts... On pourrait dire que c'est un médium qui a cette plasticité de pouvoir épouser le contour de la personnalité de chacun alors rien d'étonnant à ce qu'il puisse être l'objet de toutes sortes de tensions.

Il est facile d'accès ce qui n'est pas sans conséquence sur la manière de juger le travail de l'autre par le prisme de sa propre expérience. Il n'est pas rare de déconsidérer une photographie sous le prétexte que l'on peut faire mieux ou tout au moins aussi bien. Comme on peut être en admiration et plutôt que s'interroger sur ses significations, la considérer simplement que d'un point de vue technique dans l'optique de la faire soi-même, etc.

Elle entretient un rapport à la réalité assez particulier où elle peut-être tantôt considéré comme un appareil d'enregistrement fidèle de la réalité, tantôt comme étant capable au même titre que d'autres médiums artistiques d'être œuvre de l'esprit. On oscille entre les deux positions avec parfois des positions extrêmement tranchées, alors même que c'est sa plasticité qui fait son intérêt (me semble t'il).

Elle suscite des intérêts qui ne sont pas forcément de même nature, entre l'intérêt que l'on peut porter pour ses dimensions techniques ou celles plus expressives. Elle ne s'enferme pas dans un seul et unique usage. Elle a cette polyvalence qui forcément induit notre comportement face à une photographie. Et en la matière, il est stupide d'élaborer une hiérarchie puisque les centre d'intérêts ne peuvent se placer à un niveau de comparaison.

Et puis elle est un objet social, politique et économique non seulement parce qu'elle est un produit de notre société, d'une civilisation du progrès, qu'elle véhicule ses valeurs, mais aussi qu'elle participe à la hiérarchisation de la société ne serait-ce par la manière qu'on en fait un objet de distinction.

Bref, c'est en fait un objet complexe et riche de ses possibilités et faire en sorte que cette diversité puisse s'exprimer, se faire comprendre et se faire ressentir me semble essentiel. Face à une image, il n'y a pas forcément des mots à mettre mais des émotions à ressentir. Mais nous payons là, peut-être le poids excessif que nous avons donné à la raison, affaiblissons du même coup toute la dimension poétique de la vie, alors que leur complémentarité est essentiel.

Tout ce que je vous dis là, qui peut paraitre des plus banales, je le vis dans ce que je fais. J'ai fait le choix de travailler un univers photographique non figuratif qui d'emblée m'a confronté à toutes sortes de réactions. Entre la personne qui considère que ce que je fais "ce n'est pas de la photographie, mais de la peinture" déconsidérant ainsi la richesse des possibles d'un médium, de ceux qui admirent l'esthétique de l'image, mais considèrent que "vos photos feraient de très belles peintures", ne pouvant imaginer qu'une œuvre de l'esprit n'est pas déterminé par l'usage d'un médium etc. C'est ainsi et si je devais définir ce que c'est pour moi avoir une démarche, on ne peut pas dire qu'on n'est pas plus où moins affecté par ce genre de réaction, mais l'essentiel est ailleurs, dans l'obstination que l'on met à creuser notre objet. Soit même, on met parfois du temps à comprendre ce qui se met en place, alors il me semble évident que celui qui découvre est confronté à cette nécessité du temps qu'il faut pour comprendre, du moins essayer. Et cela j'ai pu l'observer, avec le temps les regards changent...

Bon désolé, je ne suis pas trop du genre à parler de ce que je fais, mais c'est vrai que nombre de sujets qui sont posés dans ce fils font partie de mes questionnements.

Canito

Merci pour ce témoignage, Silbad ; c'est très intéressant.

Merci aussi aux autres. Plusieurs sujets de réflexion très différents sont abordés dans les interventions publiées sur cette page. Il est difficile d'y réagir de façon ordonnée, mais c'est intéressant.

Pour répondre tout de même à Zouave, qui me pose directement une question : je ne suis ni désireux (j'ai déjà fort à faire avec moi-même et les êtres chers qui m'entourent) ni surtout qualifié pour aborder les réactions que j'abhorre sous l'angle psychologique. Le lieu me paraît en outre fort mal adapté - c'est peu de le dire.

Jc : le type de matériel utilisé par un photographe dont on apprécie le travail ou la démarche n'a en effet que peu d'intérêt autre que celui d'assouvir une éventuelle curiosité technophile, le cas échéant. Cela peut toutefois aussi être le moyen de nous aider à identifier un outil adapté à notre propre travail, si on ne l'a pas encore trouvé. Prenons l'exemple d'une personne qui aime faire de la photographie de rue, souhaite mener une quête photographique autour de ses errances, ses états d'âme dans la cîté, etc. et qui se sent mal à l'aise avec un matériel lourd et encombrant, ou trop compliqué, et/ou qui n'a pas les moyens de s'offrir tel ou tel appareil discret mais onéreux ; cette personne peut trouver un intérêt à voir Moriyama évoluer dans les rues de Tokyo seulement muni d'un compact.

C'est un peu la même chose s'agissant de la démarche. On peut tout à fait légitimement se désintéresser de celle des photographes dont on voit le travail, tout en appréciant de la connaître, non pas pour juger du résultat, mais pour nous donner des pistes dans le cadre de notre propre apprentissage.

Comme on le voit, il n'est pas forcément utile de connaître le matériel et la démarche d'un auteur pour apprécier ou non son oeuvre. En revanche, cela peut être utile dans le cadre de nos propres réflexions quant à notre propre travail, que ce soit sur le plan technique (matériel) ou sur le terrain plus profond de la préparation et de la réalisation d'une série personnelle. En aucun cas des règles, mais des pistes à explorer, qui peuvent aider à progresser et à se forger sa propre pratique et sa propre expression.

Les considérations sur le matériel, aujourd'hui, m'intéressent peu parce ce que j'ai trouvé l'outil qui me convient et qui convient à ce que je tente de faire. En revanche, même si j'ai les idées assez claires sur ce à quoi je souhaite aboutir et sur ce que peut m'apporter la pratique de la photographie, je demeure intéressé par la démarche des photographes dont j'ai apprécié telle ou telle série.

Zouave15

Voilà un ensemble de propos fort intéressants dont certains se suffisent en soi et d'autres posent question. On est certes sortis du strict sujet du fil, mais je trouve personnellement plus intéressant quand chacun peut développer son point de vue.

Dans certains propos ici une chose m'interpelle, c'est le sorte de consensus qui se dégage sur l'émotion, et sur son primat. J'ai déjà pas mal écrit sur le sujet et je ne vais pas remettre un lien vers des articles pour ne pas casser le fil de l'échange. Pour résumer, outre le fait que la prééminence de l'émotion concerne une seule forme d'art (l'autre n'étant pas forcément inaccessible, le « Ceci n'est pas une pipe » a interpellé tout le monde, et ne joue en aucun cas sur l'émotionnel), outre le fait qu'une émotion peut être intellectuelle (sans quoi, qu'est-ce qui nous motiverait à lire, écrire, réfléchir ?), toute émotion est un phénomène cérébral (ça, c'est pour l'aspect physiologique) et, de fait, quand on a travaillé sur le sujet, il est évident qu'une émotion, c'est du mental (ou contrôlé par lui si vouspréférez) et donc par conséquent pas violemment différent de nature que l'intellect.

Autre façon de voir les choses, si vous faites 100 % confiance à vos émotions amoureuses, vous risquez comme 90 % de vos concitoyens, de tomber souvent dans les mêmes scénarios écrits d'avance. Je ne parle pas ici d'amour, qui est peut-être et sûrement autre chose et pas acquis, je parle bien d'émotions amoureuses, qui peuvent se décrire tant en termes psychologiques qu'en termes neuroscientifiques.

Bref, l'invocation de l'émotion me semble dépourvue de sens. Il n'enlève pas la possibilité de goûts a priori, mais on revient donc à des goûts, et à des a priori.

Or, pour en rester sur les exemples de ce fil, aucune, et absolument aucune, de ces photos ne m'interpelle ou ne m'intéresse (bon, j'exagère un peu). Mais, si on me les montre, ou si je tombe dessus, que je lis un peu, que je me demande pourquoi d'autres s'y intéressent, et pourquoi celles-ci plutôt que d'autres qui a priori me semblent proches, alors j'apprends, je développe ma curiosité, je perfectionne mes perceptions (lesquelles ne sont pas spontanées mais pilotées, consciemment ou non, par le cerveau), je trouve un intérêt à des choses qui pour moi n'avaient pas de goût, etc.

C'est pour cela que j'aime bien vous lire ;D

Canito

Citation de: Zouave15 le Décembre 10, 2012, 12:53:05
Or, pour en rester sur les exemples de ce fil, aucune, et absolument aucune, de ces photos ne m'interpelle ou ne m'intéresse (bon, j'exagère un peu). Mais, si on me les montre, ou si je tombe dessus, que je lis un peu, que je me demande pourquoi d'autres s'y intéressent, et pourquoi celles-ci plutôt que d'autres qui a priori me semblent proches, alors j'apprends, je développe ma curiosité, je perfectionne mes perceptions (lesquelles ne sont pas spontanées mais pilotées, consciemment ou non, par le cerveau), je trouve un intérêt à des choses qui pour moi n'avaient pas de goût, etc.

Eh bien oui, c'est évident. C'est grâce à des efforts intellectuels soutenus que l'on accède à des sources d'épanouissement plus grandes et plus fortes. Pour dire les choses simplement, si dans notre enfance (ou plus tard - rien n'est jamais perdu) on ne faisait pas l'effort de lire des choses de plus en plus exigentes, on en resterait à Marcel Pagnol qui, certes, était un grand écrivain dont l'oeuvre a pu susciter en nous de belles émotions, mais avouons que c'est un peu dommage d'en rester là dans ce que la littérature peut nous apporter. Il serait erroné et dommage de croire qu'il en va différamment s'agissant de la photographie.

Et je le répète une nème fois : cela ne veut pas dire que l'on doit tout aimer et tout comprendre. On peut tout à fait légitimement et en connaissance de cause détester Soren Kierkegaard et Juergen Teller.  ;D

Zouave15

(Canito : bien d'accord avec toi)

Au sujet de la démarche et des commentaires, il peut être intéressant, si on n'aime pas quelque chose, de savoir pourquoi d'autres l'aiment, et si on l'aime, de découvrir qu'ils n'aiment pas forcément pour les mêmes motifs que nous.

En outre, je suis persuadé (peut-être à tort) qu'il y a toujours une démarche, même si elle n'est pas conscientisée. Ce fut d'ailleurs mon cas pendant longtemps, au point d'avoir été bloqué dans mes  recherches de galeries où, sans même avoir daigné regarder mes photos, on me demandait mes maîtres et, éventuellement, ma démarche. Je restais sec ;D

Or, dans mon esprit, une photo se suffisait à elle-même. Et je n'ai jamais vu l'intérêt de les commenter, sur les forums ou ailleurs. Mais d'évidence, en exposition, les gens sont au moins autant intéressés par ce qu'on peut leur dire que par le fait de regarder les photos. Bien entendu, ils font en trois temps : ils regardent, ils posent des questions et écoutent, puis regardent à nouveau.

Bref, j'ai finalement voulu décrire ma démarche, et ça m'a pris quelques années pour un résultat que beaucoup jugeront certainement piètre, mais ça m'a amené également à présenter mes photos autrement, à en éliminer 9 sur 10, à revoir leur classement en thèmes, etc. Je me suis également aperçu, pour avoir essayé de le faire, que je n'ai pas de quoi faire un livre d'auteur, alors que j'ai pléthore de photos à mon sens plus que présentables, qui semblent avoir une certaine unité ; malgré tout cela, donc, je ne trouve pas une cohérence d'ensemble suffisante pour faire un livre d'auteur de 300 pages. Un assemblage même bon (en admettant que mes photos le soient) de photos ne fait pas un livre, et donc on retrouve par ce biais la nécessité d'un propos.

Benaparis

Citation de: Canito le Décembre 10, 2012, 13:01:32
Eh bien oui, c'est évident. C'est grâce à des efforts intellectuels soutenus que l'on accède à des sources d'épanouissement plus grandes et plus fortes. Pour dire les choses simplement, si dans notre enfance (ou plus tard - rien n'est jamais perdu) on ne faisait pas l'effort de lire des choses de plus en plus exigentes, on en resterait à Marcel Pagnol qui, certes, était un grand écrivain dont l'oeuvre a pu susciter en nous de belles émotions, mais avouons que c'est un peu dommage d'en rester là dans ce que la littérature peut nous apporter. Il serait erroné et dommage de croire qu'il en va différamment s'agissant de la photographie.

Et je le répète une nème fois : cela ne veut pas dire que l'on doit tout aimer et tout comprendre. On peut tout à fait légitimement et en connaissance de cause détester Soren Kierkegaard et Juergen Teller.  ;D


Bon tu vas trop vite pour répondre  ;D Sinon je ne peux que partager évidemment.
Instagram : benjaminddb

Zouave15

Citation de: Silbad le Décembre 10, 2012, 11:56:49
Bon désolé, je ne suis pas trop du genre à parler de ce que je fais, mais c'est vrai que nombre de sujets qui sont posés dans ce fils font partie de mes questionnements.

Je trouve cela dommage car ce que tu écris est intéressant et prend d'autant plus de sens que tu parles de ce que tu fais. Le hiatus entre les commentaires et notre désir de photographe est en effet frappant, et préciser sa démarche est à mon sens un moyen, également, d'amener les gens à nous (comme tu dis, les regards changent).

Verso92

Citation de: Zouave15 le Décembre 10, 2012, 13:09:11
En outre, je suis persuadé (peut-être à tort) qu'il y a toujours une démarche, même si elle n'est pas conscientisée.

Proposition de sujet pour le bac de philo 2013 : "l'absence de démarche peut-elle être considérée comme une démarche ?"...  ;-)

Benaparis

#136
Citation de: Zouave15 le Décembre 10, 2012, 12:53:05

Dans certains propos ici une chose m'interpelle, c'est le sorte de consensus qui se dégage sur l'émotion, et sur son primat. J'ai déjà pas mal écrit sur le sujet et je ne vais pas remettre un lien vers des articles pour ne pas casser le fil de l'échange. Pour résumer, outre le fait que la prééminence de l'émotion concerne une seule forme d'art (l'autre n'étant pas forcément inaccessible, le « Ceci n'est pas une pipe » a interpellé tout le monde, et ne joue en aucun cas sur l'émotionnel), outre le fait qu'une émotion peut être intellectuelle (sans quoi, qu'est-ce qui nous motiverait à lire, écrire, réfléchir ?), toute émotion est un phénomène cérébral (ça, c'est pour l'aspect physiologique) et, de fait, quand on a travaillé sur le sujet, il est évident qu'une émotion, c'est du mental (ou contrôlé par lui si vouspréférez) et donc par conséquent pas violemment différent de nature que l'intellect.


Attention, évoquer le primat du rapport émotionnel n'écarte pas l'aspect intellectuel car bien entendu l'émotion est lié à des références individuelles plus ou moins conscientes. Y compris dans les formes les moins figuratives. Ta référence à Duchamp, selon la façon dont je la comprends, ne remet pas en cause le primat de l'émotion, bien au contraire, ce qu'il invite à faire c'est justement à se libérer de postulats (voire même de postures) pour appréhender de manière beaucoup plus libre ce que l'on nous propose en tant qu'art. Comme bien souvent tout est question de point de vue/perspective :)

Voilo.  :)
Instagram : benjaminddb

Zouave15

Citation de: Jc. le Décembre 10, 2012, 10:46:19
Le fait qu'un photographe reconnu explique travailler avec un matériel simple (c'est le titre du fil) me rassure.

Bien sûr. En même temps, je ressens (peut-être à tort) une certaine hypocrisie dans les discours car finalement, le matériel est quand même mis en avant. Et souvent, dans les extrêmes : sténopé ou chambre, compact ou lourd plein format. C'est-à-dire que, en fait, il y a un refus de la banalité. Quand je dis (mais il ne s'agit que de mon cas) que je fais des photos avec un appareil standard (un F90 hier, un D90 aujourd'hui) et des objectifs basiques (pas donnés, pour autant), c'est tout juste si on me croit. Et combien de fois un artiste ou un connaisseur ne m'a pas dit « avec les photos que tu fais, pourquoi tu ne travailles pas à la chambre ? ». Eh bien si tu réponds que tu n'en as rien à battre, que ce n'est pas le sujet, que tu n'en as pas besoin, que c'est trop lourd ou pas pratique, on te regarde d'un air méprisant et on passe son chemin.

Canito

Je ne crois pas, Zouave. La plupart des photographes-auteurs que je connais travaillent soit avec un 5D (ou équivalent), soit avec un M, soit avec un MF genre Rollei ou Blad. En gros : du classique de chez classique. Ils ont trouvé leur outil, et le reste ils s'en tamponent. Tout comme Moriyama s'en tampone. C'est souvent le fait de ceux qui tournent autour d'eux et non d'eux-mêmes que vient toute cette littérature sur le matériel.

Pour en revenir à la problématique de la démarche, ou dit plus justement du propos, il me paraît essentiel, sans que pour autant il soit évident à décrire. Depuis Robert Franck (donc pas depuis hier), c'est devenu une évidence, et honnêtement, nous pouvons nous en féliciter. Sauf à être le nouveau Kertesz, il n'est pas évident de proposer quelque chose d'intéressant en ne donnant à voir qu'une collection de photographies certes belles mais dépourvues de propos, de cohérence entre elles. Il y a bien entendu de nombreuses exceptions, mais force est de reconnaître que l'une des choses les plus intéressantes que nous offre la photographie, c'est de voir un regard original, intime et profond porté sur le monde.

Verso92

#139
Citation de: Benaparis le Décembre 10, 2012, 13:24:32
Attention, évoquer le primat du rapport émotionnel n'écarte pas l'aspect intellectuel car bien entendu l'émotion est lié à des références individuelles plus ou moins conscientes.

Sans compter que les deux sont liés et découlent souvent l'un de l'autre (la poule et l'œuf ?).
En règle générale (du moins, il me semble que je fonctionne comme ça), le premier contact est le plus souvent lié à l'émotionnel. Vient ensuite la curiosité d'en savoir plus (et l'intérêt de découvrir des choses voisines, susceptibles d'apporter un plaisir proche -en principe- d'un point de vue émotionnel).

Ensuite, bien sûr, la meilleure connaissance -l'intellect- permet d'apprécier avec une finesse accrue... la boucle est bouclée, en quelque sorte.
Voilà-voilou, c'est dit avec moins de talent que vous autres, mébon...  ;-)

Canito

Et c'est reparti pour un tour... On pouvait espérer être passé à autre chose, mais non, ça continue.

Citation de: kochka le Décembre 10, 2012, 13:41:43
A partir de ce point de départ, il existe quelques individus qui ont un mal fou a admettre :
- qu'il ne peut s'agir de jugement de valeur universel, ni le leur, ni celui du voisin, ni celui qui ressent exactement le contraire.
- que la reconnaissance d'un microcosme n'apporte pas plus de certitude de valeur absolue que la valeur marchande, elle même bien manipulée par les marchands du temple et les spéculateurs.

[...]

Dans ces conditions, ceux qui persistent à vouloir imposer leur jugement dans l'absolu et à traiter d'incultes ceux qui ne partagent pas leur avis, continueront à s'attirer immanquablement des railleries placées sur le même niveau.


Qui ? Où ? Quand on se permet de porter des accusations, la moindre des choses, c'est d'être précis et de les étayer.

Bon, sinon, une chose qui m'a beaucoup étonné en découvrant ce forum. On y trouve des milliers et des milliers de fils et de questions traitant d'aspects matériels (choix de boîtier, d'objectifs, de logiciels de post-traitement, de cartes-mémoire, etc.) et techniques (comment gérer la balance des blancs, remonter les ombres, régler l'auto-focus, contenir le bruit numérique, etc) - et c'est bien normal et surtout fort utile vu que j'ai l'impression que l'on trouve des réponses à toutes ces questions par des personnes qui ne sont pas avares de leur temps et de leurs conseils - mais très très très rarement des questions sur la façon de construire un projet, de battir une série, d'aborder un thème, etc. C'est étonnant parce que c'est cette dernière catégorie de questions qui sont, de très loin, les plus difficiles. Or il n'y a quasiment pas d'échanges à ce sujet.

Verso92

Citation de: Canito le Décembre 10, 2012, 13:49:25
Bon, sinon, une chose qui m'a beaucoup étonné en découvrant ce forum. On y trouve des milliers et des milliers de fils et de questions traitant d'aspects matériels (choix de boîtier, d'objectifs, de logiciels de post-traitement, de cartes-mémoire, etc.) et techniques (comment gérer la balance des blancs, remonter les ombres, régler l'auto-focus, contenir le bruit numérique, etc) - et c'est bien normal et surtout fort utile vu que j'ai l'impression que l'on trouve des réponses à toutes ces questions par des personnes qui ne sont pas avares de leur temps et de leurs conseils - mais très très très rarement des questions sur la façon de construire un projet, de battir une série, d'aborder un thème, etc. C'est étonnant parce que c'est cette dernière catégorie de questions qui sont, de très loin, les plus difficiles. Or il n'y a quasiment pas d'échanges à ce sujet.

Je ne comprends pas ce qui t'étonne : Chassimages est l'annexe virtuelle du magazine Chasseurs d'Images, dont tu connais le cœur de cible (l'amateur et le matériel, comment faire de meilleures photos, etc).

Jc.

Vous rebondissez sur le matériel (ce qui peut sembler logique sur un forum dédié au matériel) et on s'achemine vers un point important très justement abordé par Canito.

Le matériel j'en parle et j'y pense lorsque je le cherche ou lorsqu'il ne me satisfait pas complétement. Dés lors que j'ai ce qu'il me faut je ne m'en préoccupe plus. Qu'en dit Mr Moriyama dans la vidéo ? Qu'il aime bien le compact car les gens ne sont pas dérangés. Ça me suffit comme "démarche".

Or comme beaucoup ici j'ai trouvé et accumulé le matériel qu'il me faut dans mes diverses pratiques photographiques. Aucun de mes boitiers n'est parfait mais tous sont adaptés à des occasions différentes. Encore une fois ça me suffit.

Mais la démarche technique mise en exergue par Canito est loin d'être achevée. Si on a tous de quoi écrire ici, la syntaxe ou la grammaire étant abordées dans d'autres sections sur la prise de vue, la mise en forme et la réflexion sur le discours restent les parents pauvres de cet espace de discussion.
En effet les discussions sur les thèmes cités par Canito seraient un plus dans ce forum.

Silbad

IL me semble que lorsqu'on propose aux regards une vision qui nous est singulière, il faut en accepter le prix qui consiste à ce que les jugements que l'on va porter sur elle nous échappe. Et si on peut parler de démarche, combien certains jugements peuvent nous affecter, ils ne doivent pas commander notre volonté de l'affirmer, simplement, en toute modestie, sans autres intentions que cette nécessité, en nous, de nous exprimer avec les moyens qui nous semblent les plus appropriés. Mais une fois que l'on évoque une démarche, les choses ne sont pas aussi facilement lisible qu'on pourrait l'imaginer car se mêlent à la fois de l'improbable, de l'intuition, des doutes et du raisonnement qui s'élabore souvent à postériori, comme une manière de vouloir saisir de l'insaisissable.

Je lisais récemment un article qui parlait de l'errance photographique comme d'une méthode de la non méthode. je trouve qu'il y a quelque chose de juste dans cette expression. Autant je peux comprendre que dans un cadre professionnel, il est essentiel d'avoir une parfaite maitrise de son objet, autant d'un point de vue artistique on doit se laisser pénétrer par l'inattendu, par ce qui se révèle en dehors de toute attente. Comme dans toute démarche, y compris scientifique, l'erreur est essentiel car elle nous oblige à reconsidérer les choses.

Pour moi parler d'une démarche, c'est essayer de rendre le plus lisible possible un ensemble complexe d'éléments qui interagissent, mais qui au final, indépendamment des jugements que l'on peut porter, trouve sa cohérence dans ce qui se donne à regarder.

Canito

Citation de: Verso92 le Décembre 10, 2012, 14:40:19
Je ne comprends pas ce qui t'étonne : Chassimages est l'annexe virtuelle du magazine Chasseurs d'Images, dont tu connais le cœur de cible (l'amateur et le matériel, comment faire de meilleures photos, etc).

Il n'en demeure pas moins que ces sujets pourraient fort bien être abordés, comme le démontrent toutes les discussions annexes très diverses que l'on trouve sur ce forum (aspects juridiques, humour, conseils de voyage, etc.)

Citation de: Silbad le Décembre 10, 2012, 14:47:35
IL me semble que lorsqu'on propose aux regards une vision qui nous est singulière, il faut en accepter le prix qui consiste à ce que les jugements que l'on va porter sur elle nous échappe. Et si on peut parler de démarche, combien certains jugements peuvent nous affecter, ils ne doivent pas commander notre volonté de l'affirmer, simplement, en toute modestie, sans autres intentions que cette nécessité, en nous, de nous exprimer avec les moyens qui nous semblent les plus appropriés. Mais une fois que l'on évoque une démarche, les choses ne sont pas aussi facilement lisible qu'on pourrait l'imaginer car se mêlent à la fois de l'improbable, de l'intuition, des doutes et du raisonnement qui s'élabore souvent à postériori, comme une manière de vouloir saisir de l'insaisissable.

Je lisais récemment un article qui parlait de l'errance photographique comme d'une méthode de la non méthode. je trouve qu'il y a quelque chose de juste dans cette expression. Autant je peux comprendre que dans un cadre professionnel, il est essentiel d'avoir une parfaite maitrise de son objet, autant d'un point de vue artistique on doit se laisser pénétrer par l'inattendu, par ce qui se révèle en dehors de toute attente. Comme dans toute démarche, y compris scientifique, l'erreur est essentiel car elle nous oblige à reconsidérer les choses.

Pour moi parler d'une démarche, c'est essayer de rendre le plus lisible possible un ensemble complexe d'éléments qui interagissent, mais qui au final, indépendamment des jugements que l'on peut porter, trouve sa cohérence dans ce qui se donne à regarder.

Tout à fait d'accord. Cela me fait penser à Anders Petersen, selon qui une photographie doit soulever plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. J'aime cette idée. J'aime aussi l'idée qu'une série photographique ait sa propre vie, qu'elle évolue hors de son auteur, de ce qu'il a voulu faire ou dire et de la genèse de son oeuvre. Mais cela est très ambitieux : rien de plus difficile que de produire une image harmonieuse et lisible, tout en étant suffisamment complexe pour susciter un questionnement, ne pas sombrer dans l'évidence plate.

Je crois que l'on mélange tous ici deux significations du terme "démarche" appliqué à la photographie. Les deux sont intéressants.

Zouave15

Citation de: Canito le Décembre 10, 2012, 14:58:46
Je crois que l'on mélange tous ici deux significations du terme "démarche" appliqué à la photographie. Les deux sont intéressants.

De plus, il y a pour moi (je ne prétends pas donner autre chose que mon opinion du moment) deux choses fort différentes : la démarche, qui est un mouvement personnel par essence multiforme et qui ne peut pas passer entièrement par les mots, et le propos, qui, lui, est un choix avec une ligne éditoriale sur des points dont on estime qu'ils ont une cohérence.

La démarche est liée à son désir, sa volonté, son modèle du monde. Au moins une part ne peut être mise en mots, et c'est bien pour cela qu'on l'exprime autrement, que cela soit parce que les mots n'existent pas ou que leur usage ne convient pas (la poésie, qui les réinvente), ou parce qu'on ne les connaît pas ; d'ailleurs, le fait de se cultiver et de voyager permet de débanaliser sa démarche en la concentrant sur quelque chose de plus personnel.

Le propos est en général plutôt lié à un événement, série, livre, expo. Il raconte ou expose, voire explicite, mais dans sa version négative, il explique (donc justifie), il peut virer au discours ou au storytelling, à la fabrication de produit comme dit Benaparis.

Par exemple, si on quitte la photo pour l'écrit, dans un roman on met en scène ce qu'on ne peut ou veut expliquer, bien qu'il s'agisse de mots, et il arrive qu'on écrive parallèlement la version essai, donc explicitée, des mêmes idées ou envies.

C'est pourquoi je pense que l'expression directement par l'œuvre et son exposé par l'écrit (ou autre) sont complémentaires, et nourrissent l'une l'autre.

pourquoipas

Au fait, samedi prochain à la gallerie polka, il y a moyen d'avoir un cours d'une heure avec Daido M (2 personne + M Moriyama et un traducteur) pour 120 euro !
Flickr makalux

ninon

Citation de: kochka le Décembre 09, 2012, 19:23:22
Merci de ta réponse courtoise.
Je partage ta vision sur le fait que les gouts de chacun ne se placent pas sur une échelle de valeur universelle.
Ce n'est pas tellement l'adoration, ou le ton emphatique de certains qui se reconnaitront facilement, qui m'a fait réagir, mais leur certitude de bon goût universel et de mépris pour ceux qui pensent différemment qui m'a fait parodier leur ton en répondant de même. L'amusement de les titiller en adoptant leurs méthodes sans qu'ils ne s'en rendent compte et continuent à foncer aveuglément est plus fort que le fond dont de la question je me soucie comme d'une guigne.
N'y vois surtout pas une once de mépris pour des photographes, honnêtement heureux et fiers de leur boulot et de qu'ils produisent. Je ne le permettrai jamais, n'ayant à aucun moment la prétention de juger.
Par contre, lorsque je vois porter aux nues des photos que je perçois comme banales, tu me permettra de chatouiller celui qui considèrent que les ressentis différents du sien  sont des nuls sans goût (je schématise pour simplifier).
De plus, la préoccupation du créateur est mon dernier soucis, c'est peut-être dommage, mais c'est comme ça; je regarde uniquement le résultat. Qu'il ait voulu représente un rond et a produit un carré n'a aucune importance vue de l'extérieur. Ce qui compte est ce que lui et les autres penseront du carré.

Dans notre monde de marchands, la forme prend le pas sur le fond et le discours le plus abscons accompagne souvent les plus belles platitudes pour le plus grand bien du commerce. Sur ce point, pendant plus 15 ans, Drouot a été ma promenade apéritive chaque fois que j'avais besoin de faire une courte pose dans le boulot. Lorsque l'on est amené à voir, parfois de très près à quelle bande de requins et d'escrocs de l'art on a affaire à haut niveau, il ne reste plus beaucoup de place pour l'estime.
Encore une fois, n'y vois aucun mépris pour ceux qui tentent de faire leur trou, ou plus modestement, de vivre.
Simplement le marché de l'art est devenu un support de placement avec toutes les dérives de la spéculation et des artistes souvent artificiellement montés à grand coup de baratin. Ce qui ne retire rien aux valeurs qui seront à terme plus durables.
En une image, et vu de ma fenêtre, le marché actuel ressemble fort à celui des subprimes où l'on a tellement mélangé des créances pourries avec des valeurs solvables que le tout a fini par s'écrouler.

...L' eternel problème du "fond" et de la "forme" ne provient nullement de la marchandisation du monde culturel! les ayathollas de la "forme" se recrutent principalement chez des individus culturellement stériles, qui faute d' une quelconque profondeur, se retranchent derriere le cache- sexe de la technicité et de ce qui se fait et ne se fait pas!
...Les tenants du "fond", à travers la mosaïque culturelle qui est leur terreau, tentent des experiences, souvent non-conventionnelles, avec l' intime espoir de découvrir une "terra incognita" à faire fructifier...et ce en utilisant, parfois de manière "perverse" des techniques qui ne sont, en fin de compte, que des outils provisoirement utiles mais jamais pleinement satisfaisants!
...Il est amusant de remarquer, qu' à travers l' histoire de l' art, le "fond" est pérènne, alors que la "forme" est soumise aux modes et systématiquement battue en brèche par la vitalité de la novation!... ;)

Zouave15

Citation de: Jc. le Décembre 10, 2012, 14:45:48
la mise en forme et la réflexion sur le discours restent les parents pauvres de cet espace de discussion.
En effet les discussions sur les thèmes cités par Canito seraient un plus dans ce forum.

Citation de: Canito le Décembre 10, 2012, 13:49:25
des questions sur la façon de construire un projet, de battir une série, d'aborder un thème, etc. C'est étonnant parce que c'est cette dernière catégorie de questions qui sont, de très loin, les plus difficiles. Or il n'y a quasiment pas d'échanges à ce sujet.

Peut-être suffirait-il de demander une section ? Il y a des discussions qui partent un peu partout. Quand c'est au bar, ça vrille, et ailleurs, on perd les fils dans la masse.

On peut ajouter : editing, savoir regarder ses propres images, construire un commentaire, etc.

Zouave15

Citation de: ninon le Décembre 10, 2012, 16:32:52
à travers l' histoire de l' art, le "fond" est pérènne,

Ça m'intéresse que tu précises car j'avais plutôt l'impression que le fond suivait grosso modo l'histoire des idées ?