Scènes de vie animalières du Kenya

Démarré par robsou, Juin 25, 2024, 11:14:06

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JPM84

Moi aussi j'en ai dans mon D.D., et c'est tout mignon !
Effectivement la taille du guêpier nain (Little Bee-Eater, Merops Pusillus) est bien de 15 à 17cm, et pour un poids de 11 à 18 grammes..

robsou

Merci pour vos retours concernant la série sur les Guêpiers.

Je poursuis le voyage avec le Drongo brillant (Dicrurus adsimilis) observé dans la réserve de Samburu, et qui bien que moins photogénique que le Guêpier nain, se révèle remarquable par ses aptitudes cognitives et ses comportements. C'est un passereau au plumage noir lustré de reflets bleus, doté d'un iris rougeâtre. Bien qu'essentiellement insectivore, il est opportuniste, pouvant aussi consommer de petits poissons et faire preuve de cleptoparasitisme. Cet oiseau se distingue par la complexité de son système de communication vocale qui témoigne d'une intelligence sociale élaborée car l'une de ses particularités est sa capacité à imiter et moduler de nombreux cris d'autres oiseaux ou de mammifères à des fins stratégiques ou tactiques.

Des études ont révélé qu'il peut imiter des signaux d'alarme d'autres animaux (e.g., Cratérope bicolore, Républicains sociaux, Bubul, Grand-duc africain, Suricates) et les tromper de façon tactique en leur faisant croire qu'il y a un danger, ce qui conduit après que ces animaux aient fui à leur dérober de la nourriture ou de se nourrir d'insectes présents dans leur terrier (émissions de fausses alarmes à des fins de cleptoparasitisme). Il s'agirait donc de faux cris d'alarme. Selon Tom Flower, un biologiste du comportement affilié aux universités de Cambridge et de Cape Town, qui a publié quelques-uns de ses travaux dans la prestigieuse revue Science, ce petit oiseau est capable d'imiter les vocalises de plus de 51 cris différents lors de ses fausses alarmes dont 45 appartenant à d'autres espèces. Des enregistrements en play-back ont permis d'acquérir des résultats sur plus de 847 heures d'observations chez 64 Drongos lors de 688 tentatives de vol de nourriture de ces oiseaux chapardeurs. Des estimations ont révélé que sa capacité remarquable d'imitateur lui permet de dérober et couvrir jusqu'à 23% de son alimentation nécessaire. Concernant la capacité cognitive à l'œuvre, les scientifiques ne sont pas forcément d'accord, entre ceux, comme Flower, qui optent pour une capacite cognitive élaborée de type théorie de l'esprit (theory of mind) - une capacité typiquement humaine qui permet d'attribuer des états mentaux et de prendre la perspective d' autrui afin de prédire son comportement rendant possible la manipulation stratégique-, et d'autres comme la primatologue D. Cheney qui privilégie l'hypothèse d'une capacité cognitive de plus bas niveau mettant en jeu des apprentissages associatifs.

Pour illustrer ce comportement d'émission de fausse alarme, je joins une vidéo trouvée sur le net où un Drongo imite le cri d'alarme de suricates pour leur dérober leur nourriture (vidéo d'environ 3 min).

https://www.youtube.com/watch?v=l_w_3AbkuV0

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robsou


robsou

Le Tisserin roux (Ploceus rubiginosus), au dimorphisme sexuel bien marqué, avec chez le mâle en plumage nuptial, une couleur roux cannelle et une tête masquée de noir. C'est une espèce résidente, migratrice et nomade en fonction des conditions météorologiques. Le Tisserin roux s'associe facilement lors de la nidification à d'autres espèces comme les moineaux, les étourneaux, les serins, les alectos et autres tisserins. Comme la taille de son bec le suggère, c'est un oiseau préférentiellement granivore. Dans certaines régions du Kenya les graines des graminées sauvages telles que les Panicum représentent plus de 70 % de son régime alimentaire sur la période octobre-décembre. Les insectes, représentent moins de 10 % de son régime.

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robsou

La Cisticole à sonnette (Cisticola tinniens) est un cisticolidé de taille moyenne (12 à 15 cm) doté d'un plumage gris fortement strié de noir dans les parties supérieures, blanc chamois dans les parties inférieures, et une calotte et une queue brun roussâtre. On la trouve dans les habitats humides généralement près des rivières ou des barrages. Elle est généralement observée par paire, individuellement ou en petits groupes familiaux. Son régime est insectivore.

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Clic-Clac 51

Rien a redire...une superbe MàJ
Bravo Robert
Amicalement Denis ;)

Charly 84

Une belle suite, merci pour le partage et la découverte de nouvelle espéces

etsocal

Citation de: Charly 84 le Septembre 07, 2024, 13:05:30Une belle suite, merci pour le partage et la découverte de nouvelle espéces

+1  ;)
Michel

Ludo37

Toujours un grand plaisir de venir ici , bravo Robert .
Ludo

ChrisC06

Chris

prunelle


sportif

merci pour les renseignements
dans ces dernières, ta sélection a déjà été sévère et de bons choix, le drongo en vol un plus malgré que le choix d'autant de place devant l'oiseau me laisse un peu dubitatif, la dernière cisticole est remarquable 

Roland Ripoll

Très belle série sur ces oiseaux africains !
Etre simple pour être vrai

robsou

J'évite en général, sauf évidemment pour les portraits, des cadrages très serrés, en particulier pour les oiseaux en vol car outre le fait que cela aère la composition en incluant une trajectoire de vol, permet d'évoquer d'un point de vue symbolique la liberté de l'oiseau qui s'envole vers d'autres horizons et non pas l'enfermement dans une cage qu'évoquerait plutôt un cadrage serré.

Robert


merci pour les renseignements
dans ces dernières, ta sélection a déjà été sévère et de bons choix, le drongo en vol un plus malgré que le choix d'autant de place devant l'oiseau me laisse un peu dubitatif, la dernière cisticole est remarquable 
[/quote]

robsou

Merci à vous tous d'avoir pris le temps de laisser un commentaire. 

Retour aux mammifères avec une série sur les Hyènes tachetées (Crocuta crocuta), la plus grande des espèces de hyènes se distinguant des autres hyénidés par ses oreilles courtes et rondes, son pelage tacheté et la présence d'un clitoris hypertrophié chez les femelles (appelé aussi pseudo-pénis). C'est un mammifère souvent considéré comme peu attrayant et qui généralement intéresse moins les safaristes que les félidés, en dépit de son utilité écologique fondamentale d'éboueur et de son système d'organisation sociale et de ses comportements élaborés.
Différents travaux ont révélé que les Hyènes tachetées vivent dans des groupes sociaux complexes assez similaires à ceux de primates cercopithèques en ce qui concerne la structure sociale, et les interactions basées sur la compétition, la formation d'alliances et la coopération au sein des groupes. Elles forment des clans de type fission-fusion, de 6 à 90/ 100 membres, dirigés par des femelles. Ces clans matrilinéaires sont marqués par le phénomène de philopatrie (elles restent généralement au sein du groupe de naissance) et de dispersion des mâles après la puberté qui rejoignent un nouveau clan. Lorsque les mâles immigrés rejoignent un nouveau clan, ils sont subordonnés à tous les descendants des femelles de ce clan, à tous les mâles originaires de ce clan et aux mâles immigrants qui ont rejoint le clan avant eux. Une étude a montré que la position hiérarchique des mâles immigrés, intégrés au sein du clan, suivait le principe de la file d'attente déterminée par leur ordre d'arrivée (critère d'ancienneté). Concernant la reproduction, les mâles immigrants paraissent avoir un avantage sur les mâles autochtones, à savoir les femelles sont plus susceptibles de s'accoupler avec des mâles immigrants, ce qui contribue à diversifier le pool génétique. La dominance intersexe des femelles s'explique en partie par une taille légèrement plus grande et leur agressivité accrue comparativement aux mâles. Toutefois, des études ont montré que le soutien social est plus prédictif que le niveau d'agressivité pour expliquer la dominance d'une hyène dans une interaction individuelle et que les relations hiérarchiques entre les hyènes femelles d'un clan sont généralement stables pendant de nombreuses années.

La hiérarchie des hyènes tachetées est qualifiée de népotique; les fils et les filles des femelles dominantes héritent du rang social de leur mère, la position hiérarchique déterminant la priorité pour l'accès aux ressources alimentaires. On a montré que les filles de mères de rang élevé grandissent plus vite, survivent mieux et auront un  succès reproducteur supérieur à celui des filles de rang inférieur. Ce rang social privilégié de la progéniture d'une femelle dominante est aussi bien favorisé par l'exposition du fœtus à des niveaux d'androgènes plus élevés liés au statut maternel (rendant les jeunes plus  agressifs) qu'au soutien comportemental postnatal lors des interactions agonistiques. Par ailleurs, bien que les hyènes tachetées développent des relations durables avec leurs compagnons de clan, les membres du clan passent une grande partie de leur temps seuls ou en petits groupes. Ils se rassemblent, en revanche, pour coopérer lors des activités de chasse de grandes proies ou pour défendre leurs attaques contre d'autres hyènes et prédateurs.

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robsou


robsou

La communication interindividuelle des hyènes tachetées repose sur un riche répertoire de signaux visuels, acoustiques et olfactifs. Elles utilisent ces signaux pour distinguer les membres du clan des hyènes étrangères, pour reconnaître les autres membres de leurs unités sociales, pour identifier les relations de parenté et le statut hiérarchique (soumission), et pour évaluer les émotions et les intentions (invitation au jeu, salutation et affiliation, menace et agression) des émetteurs de signaux en fonction des contextes sociaux.   Par exemple, dans les interactions face à face entre deux hyènes, les expressions faciales et les postures visuelles de l'émetteur et du destinataire sont des signaux ritualisés qui informent sur les intentions des deux congénères et sur leur statut hiérarchique. Comme illustrations, trois images qui captent des postures et expressions faciales (queue entre les jambes, oreilles en arrière ou relevées, tête penchée et bouche ouverte) lors de rencontres entre deux congénères du clan. Ces signaux sociaux permettent de déterminer le statut hiérarchique (animal dominant vs subordonné) et que les échanges sont plutôt affiliatifs qu'agressifs.

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robsou


robsou

La durée de la gestation en moyenne est de 110 jours avec des portées de 2 à 4 jeunes.  Les petits naissent avec des poils doux, brun foncés, les yeux ouverts et pèsent en moyenne 1,5 kg. Au sein d'une même portée, des comportement agressifs ont été observés en particulier lorsque les frères et sœurs entrent compétition pour l'accès au lait maternel avec une agression néonatale pouvant être létale dans 25% des cas au cours des premier mois.  Les petits sont allaités par leur mère pendant 12 à 16 mois, mais peuvent commencer à absorber de la nourriture solide dès l'âge de trois mois. Dix jours après leur naissance, ils sont capables de se déplacer rapidement. Les jeunes hyènes commencent à perdre leur pelage noir vers l'âge de 2 à 3 mois pour acquérir le pelage tacheté et plus clair des adultes. Ils commencent à manifester des comportements de chasse à l'âge de huit mois et à participer pleinement aux chasses en groupe après leur première année. Les hyènes tachetées atteignent la maturité sexuelle à l'âge de trois ans. 
Je vous joins deux images où nous avons surpris une mère en train de transporter son jeune, probablement nouvellement né.

155 et 156

robsou

Lors des séries consacrées aux Lions, j'avais joint une image montrant que ces deux espèces étaient souvent en conflit même lorsqu'il n'y avait pas de compétition pour l'accès à la nourriture alimentaire, en particulier pour une proie récemment tuée. Une autre image qui montre un face à face entre une Hyène et une Lionne.

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Ludo37

Merci beaucoup pour le partage de ces belles images et les explications qui vont avec.
Amicalement.
Ludo

Clic-Clac 51

Encore une MàJ riche d'information et joliment illustrée
Bravo Robert et merci de partager
Amicalement Denis ;)

sportif

très belle série encore avec un plus pour la présence du petit, ce sont dans les animaux que j'ai vus le plus en reportage télé, cela doit être quelque chose de la avoir en face  8)
Sportif

Larchi

Ce fil est une merveille, autant par les images que par les textes passionnants qui les accompagnent.
Des infos précises, parfois méconnues et toujours enrichissantes.
Quel plaisir d'arpenter la savane avec un tel guide !
Je ne sais pas comment tu parviens à obtenir autant d'images réussies pour chaque espèce, c'est bluffant.
Difficile de faire un choix, et comme ce n'est pas obligatoire je relève juste quelques images qui m'ont imprimé la rétine.
Le face à face 27 entre lionne et buffle, avec cette tension palpable et les mouches autour du bovidé.
J'ai une admiration sans limite pour les lionnes et leurs techniques de chasse, leur abnégation...
La girafe 40, si difficile à photographier mais tellement emblématique des grandes plaines africaines. Cet animal est fascinant de beauté et de grâce.
Les grues 47, impeccable attitude !
Côté éléphant, plusieurs images. 50, 54, 56 et 61 ont retenu toute mon attention.
Le léopard, impérial sur la 71.
L'aigle martial 82, une image au graphisme idéal, super compo !
Je conclus avec le guépard 132, féroce dans toute sa grâce et sa fragilité.
Calaos, martins, et tant d'autres aussi à retenir...
C'est superbe, bravo Robert et merci pour tous ces partages de haut niveau.